5 bonnes raisons de ne pas monter sa start-up

Arnaud Massonnie de fifty-five nous prĂ©sente les 5 erreurs du startupper… 5 bonnes raisons de NE PAS se lancer dans l’entrepreneuriat.

A l’occasion du Festival de la French Tech, la France entière a les yeux rivés sur ses start-ups, et les parcours d’entrepreneurs qui ont comme moi plusieurs start-ups à leur actif – ou à leur passif- intriguent, interpellent, ou même séduisent. L’aventure de la start-up attire en effet de plus en plus d’étudiants, salariés en reconversion, ou en poste… mais parfois pour de mauvaises raisons. En voici 5.

1. Avoir une idée de business, plutôt qu’une idée de génie.

« J’ai trouvé comment faire de l’argent » n’est pas la bonne justification pour monter sa boîte. « J’ai trouvé une idée absolument géniale », si. Premièrement, parce que si vous pouvez faire de l’argent sans une idée exceptionnelle, d’autres sont certainement déjà sur le coup. Deuxièmement, parce que monter sa start-up, c’est chaque jour défendre son idée auprès d’une nouvelle personne : son conjoint, ses parents, son banquier, ses investisseurs, ses futurs associés, son premier employé… Enfin, parce qu’il faut qu’une idée soit vraiment géniale quand on s’apprête à se lancer pour elle, à vivre avec elle, à dormir avec elle… ou pas.

2. Avoir une idée bonne pour les autres, mais pas pour soi.

Les belles histoires de start-up commencent toutes par « il était une fois, j’ai eu besoin… » . Quand Joe Gebbia et Brian Chesky ont posé un matelas gonflable dans leur salon, ils ont été les premiers utilisateurs de ce qui allait devenir AirBnB. Rien de tel qu’une situation vécue pour éprouver la validité d’une idée, rien de mieux qu’un « si ça existait je serais le premier à l’utiliser » pour maintenir le cap dans les moments de doute, rien de plus fiable que sa propre expérience pour dessiner les fonctionnalités de son concept. En bref, quand on monte sa start-up, on doit vouloir en être le premier client. Au moins, il y a un marché.

3. Se lancer quand (ou parce que) on est fauché

Monter une start-up sans argent devant soi, c’est prendre le risque de faire les mauvais choix : le choix de se lancer précipitamment, sans être prêt, le choix de reporter certains investissements, le choix d’abandonner, ou de prendre un job « à côté » pour pouvoir continuer… Bref, pour assouvir sa faim de réussite, mieux vaut ne pas avoir faim tout court.

5bonnes raisons

4. Avoir un plan B

Une des erreurs les plus répandues chez les jeunes start-uppers est de s’assurer une porte de sortie en cas d’échec. Mais si vous n’êtes pas assez confiant dans votre projet, qui le sera pour vous? Et comment résister à la tentation d’abandonner quand une solution alternative vous tend les bras ? Bref, le plan B ne vous protège pas de l’échec, il vous y précipite.

5. Des personnes sont disponibles autour de vous pour constituer une équipe

Vous avez résisté à l’envie de monter votre boîte avec votre meilleur ami ? C’est bien. Attention, autre piège en vue ! Le premier réflexe du start-upper va consister à chercher qui, dans son réseau professionnel ou semi-professionnel, est actuellement disponible pour se lancer à ses côtés. Or, la disponibilité n’est ni une compétence, ni un talent. Allez chercher les personnes dont vous êtes certain de la valeur, là où elles se trouvent. Et moins elles seront disponibles, plus elles devront sous-peser les risques à prendre, et donc leur motivation à franchir le Rubicon. Se lancer dans l’entrepreneuriat sera alors pour eux une décision rationnelle et engagée : et pour vous, un très bon filtre de recrutement !


10 commentaires

  1. Bonjour, assez d’accord avec vous, mais pas avec le point 1 : je connais plusieurs personnes qui ont montĂ© leur boite juste pour lĂ©galiser l’argent qu’ils gagnaient. Ils avaient une idĂ©e de business qui faisait de l’argent, et non une idĂ©e gĂ©niale. Et pourtant ça a marchĂ© 😉

  2. Bon point que de noter « l’accessibilitĂ© » des start-uper. Quand certains prĂ©sentent leur concept, ils ont l’air tellement Ă  fond, la tĂȘte dans le guidon : leur discours n’est plus accessible du grand public, ils vont « trop loin », ils en oublie le client final. Il faut rester Ă  l’Ă©coute et savoir s’ouvrir Ă  d’autres idĂ©es ou Ă©couter les critiques… que bien souvent les gens n’arrivent pas formuler car on ne met pas de bĂątons dans les roues aux entrepreneurs aujourd’hui…

  3. Bonjour Arnaud,
    On s’est rencontrĂ© il y a 4 ans parce que je croyais avoir une idĂ©e gĂ©niale. Tu m’avais Ă©coutĂ© patiemment dans ton bureau sous les combles et m’avais prodiguĂ© les mĂȘmes bons conseils que je retrouve aujourd’hui dans ta tribune. Depuis je suis parti sur autre chose, qui marche…. Merci d’avoir pris le temps.

  4. Donc il ne faut pas ĂȘtre fauchĂ©, mais pas non plus avoir de plan B… donc il faut ĂȘtre hĂ©ritier??

  5. Sympa, tu lis le premier conseil : « Avoir une idĂ©e de genie, pas de business ». Puis tu vas sur le site http://www.fifty-five.com/ et tu rend compte que non ce n’est pas une idĂ©e de gĂ©nie mais bien un idĂ©e de business (et comme vous dites « d’autres sont certainement déjà sur le coup. « , oui) .

  6. Merci Lorgan, Lucie B, MH, Camille, City et David pour vos commentaires !
    @MH, en effet une idĂ©e de business peut suffire ! Mais pour la porter, mieux vaut qu’elle nous porte Ă©galement, qu’elle nous enthousiasme !
    @City, tu as raison, c’est le lot de tout concept qui se veut un minimum innovant (aprĂšs c’est subjectif, je te l’accorde) ; s’il rencontre un marchĂ©, il y’a forcĂ©ment de la concurrence
    @Camille : bien vu 😉 disons qu’on est plus focus avec un minimum de coussin financier, aprĂšs avoir coupĂ© les branches d’autres opportunitĂ©s possibles (jobs ouverts Ă  la concurrence, CV activĂ© chez les sites emploi ou les chasseurs de tĂȘte, etc.)
    @Lorgan : ravi de ces nouvelles !

  7. On peut ajouter un point sur le recrutement : savoir bien s’entourer est important, mais savoir Ă©couter et dĂ©lĂ©guer est primordial.
    Dans une startup, ne pas tenir compte de l’avis de vos employĂ©s est une erreur critique ; et le fait de ne pas rĂ©ussir Ă  convaincre vos propres salariĂ©s de la validitĂ© de votre modĂšle devrait vous inquiĂ©ter, pas vous encourager Ă  penser que vous ĂȘtes un visionnaire incompris (oui c’est du vĂ©cu !)

  8. Bonjour !

    Je dĂ©couvre tout juste presse citron, je suis par consĂ©quent en train de rattraper mon retard sur les articles publiĂ©s 😉

    Ce billet est trĂšs juste, surtout le dernier point. Bien qu’ĂȘtre sans activitĂ© n’est pas forcĂ©ment synonyme de manque de compĂ©tence !

    En revanche je souhaite rebondir sur le fait d’ĂȘtre son premier client. En effet, cela dĂ©pend complĂštement de son idĂ©e. Imaginons que demain vous crĂ©iez une entreprise dont les clients seront des professionnels de l’industrie. Vous, en tant que particulier (futur entrepreneur certes, mais particulier), ne pourriez pas ĂȘtre votre premier client 😉

    Au passage j’en profite pour encourager l’initiative French tech et notamment celle de Malestroit !!

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