5 réflexions à propos de l’iPad mini

L’iPad mini a donc été annoncé officiellement hier soir 23 octobre lors d’une keynote Apple au cours de laquelle de nombreuses autres nouveautés ont été présentées. Voici 5 réflexions sur la nouvelle tablette d’Apple.

L’iPad mini a donc été annoncé officiellement hier soir 23 octobre lors d’une keynote Apple au cours de laquelle de nombreuses autres nouveautés ont été présentées.

En préambule, un petit rappel des principales caractéristiques de l’iPad mini, qui sont celles de l’iPad 2, en plus petit :

  • Tablette à écran tactile multipoints de 7,9 pouces
  • Résolution de 1 024 x 768 pixels à 163 pixels par pouce (ppp)
  • Hauteur : 200 mm
  • Largeur : 134,7 mm
  • Épaisseur : 7,2 mm
  • Poids : 308 g (à noter que la Nexus 7 de Google-Asus pèse 340 g et parait déjà incroyablement légère en main)
  • Processeur A5 bicœu
  • Connecteur Lightnin
  • Prise mini-jack 3,5 mm pour casque stéréo
  • Haut-parleur intégré
  • Microphone
  • Gyroscope à trois axes
  • Accéléromètre
  • Capteur de luminosité ambiante
  • Wi-Fi
  • Boussole numérique

L’iPad mini sera disponible à partir du 2 novembre en version WiFi et fin novembre en version « cellulaire » 3/4G. A noter que les versions 4G ne seront pas compatibles avec le réseau 4G français, cocorico.

Cette annonce – très attendue, et depuis longtemps – appelle quelques remarques, nées au fil des rumeurs qui alimenté la chronique au cours des derniers mois.

ipad mini

1. L’iPad mini est le premier vrai produit de l’après Steve Jobs.

Je sais déjà que certains d’entre vous s’inscriront en faux contre cette affirmation, arguant du fait que le cycle de création d’un produit est d’au moins deux ans alors que Jobs a passé la main (et le reste) il y a seulement un an. Mais les faits sont têtus et implacables : en octobre 2010, six mois après la sortie du premier iPad, Steve Jobs avait déclaré publiquement qu’un iPad 7 pouces n’avait absolument aucun sens. Tout visionnaire qu’il fut, le gourou s’était pour une fois trompé, et le pragmatisme de l’équipe qui lui succède a pris le pas sur les incantations : le marché des tablettes, complètement dominé, voire étouffé par Apple et l’iPad sur le 10 pouces, se développe sur un segment inattendu, sur lequel Cupertino était absent : les mini-tablettes de 7 pouces (format en faveur duquel je plaide depuis le début). Si Apple ne voulait pas se faire cannibaliser par le bas, il était temps de réagir. C’est fait. Maintenant que Jobs n’est plus, ses successeurs ont eu les coudées franches et ont pu contredire l’oracle du Chef. C’est donc bien le premier produit de l’ère post-Job, ou en tout cas un produit qui ne serait probablement jamais sorti sous son règne. Vous me rétorquerez que l’iPad mini fait 7,9 et que Jobs parlait de 7 pouces, et que par conséquent il avait raison. Qu’est-ce que vous êtes de mauvais foi parfois :-)

2. L’iPad mini  est cher. Trop cher ?

339 euros, ou 329 dollars aux USA, pour le modèle d’entrée de gamme, à savoir un 16Go WiFi sans connectivité 3G/4G donc, c’est en effet cher. Surtout si l’on compare ce prix à celui de son actuel concurrent direct, la tablette Google Nexus 7, qui coûte 249 euros dans la même configuration, dont il faut en plus déduire 25 euros de bons d’achat à valoir sur le Play Store Google pour télécharger films, applications, livres et jeux. Cela étant, ce n’est pas si cher pour un produit Apple. Tout d’abord la différence de finition par rapport à la Nexus 7 est, selon les premières prises en main, frappante. La coque en alu brossé de la tablette d’Apple a fait ses preuves, et se situe une gamme au-dessus de la concurrence qui arbore un dos en plastique moulé anti-dérapant, pratique mais moins flatteur. Le style et le design contre la fonctionnalité. D’autre part, l’écran de 7,9 pouces offre une surface de 35% supérieure à celui du Nexus, pour un encombrement extérieur pratiquement identique, et un poids largement inférieur (308 g contre 340 g pour la Nexus 7). Enfin, un autre argument plaide en faveur de l’iPad et peut justifier un tarif plus élevé : les 275.000 applications disponibles, spécifiquement développées et pensées pour l’iPad. Un gros point fort quand on sait que nombre d’apps disponibles sur Android ne sont que des adaptations parfois très hasardeuses des versions pour smartphones, et encore, quand elle sont compatibles. J’en sais quelque-chose puisque j’utilise ma Nexus 7 quotidiennement depuis maintenant 2 mois et que si elle a remplacé à 95% mon iPad, il ne se passe pas un jour sans que je ne peste contre une app mal conçue, buggée ou juste inutilisable, ce qui n’arrive JAMAIS sur iOS. Et je ne parle pas des apps qui n’existent toujours pas pour ce format (Jellybean 7 pouces), et pas des moindres (MyTF1 et généralement toutes les apps médias, ou Flipboard, toujours aux abonnés absents sur 10 pouces).

Bien sûr, comme tous les observateurs et utilisateurs, j’aurais espéré un premier prix d’iPad mini à 249, ou au pire 299 euros. Mais l’on peut aussi comprendre la stratégie d’Apple : à performances égales, les produits premium DOIVENT se vendre plus cher, et surtout se prémunir contre le fait que si l’iPad Mini cannibalise le « grand » iPad (ce qui à mon avis risque fort de se produire), cela ne doit pas se faire au détriment des marges.

Et puis où est-il écrit qu’un produit plus petit – s’il répond à une forte demande – doit être moins cher que son homologue de plus grande taille, si tout est égal par ailleurs (composants, design, fonctionnalités) et qu’il apporte un vrai plus en matière d’utilisabilité ? Ne dit-on pas que la miniaturisation coûte cher ?

3. L’iPad mini est compatible avec les applications de l’iPad 10 pouces

C’était la grande question, que je posais hier et dont je m’étonnais que personne ne l’ait évoquée. La keynote d’hier a apporté la réponse dans un chapitre qui lui était spécifiquement consacré, preuve de l’importance qu’Apple accorde à celle-ci, y compris sur son site. L’iPad mini supporte nativement l’intégralité des applications iPad, du fait de sa résolution d’écran identique à celle de l’iPad 2, à savoir 768×1024 pixels. Il ne sera donc pas question pour les développeurs de prévoir des mises à jour comme ce fut le cas par exemple pour l’iPhone 5, et nous aurons droit à nos apps préférées dans le format que nous connaissons déjà : un Flipboard ou un GarageBand tourneront en version iPad, et non pas iPhone, sur l’iPad mini. Une très bonne nouvelle et une petite pierre en passant dans le jardin d’Android, aux allées parfois pas très bien tracées.

4. L’iPad mini ne risque-t-il pas de tuer l’iPad 10 pouces ?

C’est un risque, probablement calculé et assumé par Apple. Et je pense à cet égard que le choix du format 7,9 pouces n’est pas totalement innocent. Si Apple avait sorti une 7 pouces, la comparaison, et donc la concurrence frontale avec les autres tablettes 7 pouces du marché aurait été inévitable, et peut-être sanglante pour la Pomme. En adoptant ce format « entre-deux », Apple se prémunit contre les comparaisons et évite de passer pour un suiveur. D’autre part cela lui permet justement de vendre sa tablette plus chère et d’éviter ainsi d’être attiré dans une spirale du low-cost dans lequel semblent vouloir s’engager quelques concurrents (low-cost ne signifie pas cheap, hein). Mais effectivement, ce choix de format comporte également un risque : celui de cannibaliser de façon importante l’iPad 9,7 pouces, qui parait du coup bien pataud et encombrant. Il sera intéressant de voir les comportements d’achat et la segmentation entre les deux modèles d’ici quelques mois, mais je parierais fort sur une montée en charge rapide du mini, et des ventes représentant 50% du total dans l’année à venir. L’iPad 9,7, qui conserve pour lui quelques avantages comme l’écran Retina et un processeur plus puissant, pourrait demeurer le premier choix pour les professionnels, et le mini la star auprès du grand public… A voir.

5. Apple se compare pour la première fois publiquement à un concurrent… : Android.

Sauf erreur, la keynote d’hier soir a dévoilé une pratique inédite et étonnante chez Apple, en tout cas depuis l’ère iPhone/iPad : la confrontation directe avec la concurrence. Phil Schiller, Vice-Président Marketing d’Apple, a en effet déroulé une longue démonstration comparative entre la Nexus 7 et l’iPad mini, et tout y est passé, photos grand format à l’appui : finition, matériaux, et surtout taille de l’écran (mais pas la résolution, comme par hasard). Peut-être finalement le meilleur hommage que l’on puisse rendre à l’excellente tablette de Google et une publicité inespérée, qui montre qu’Android reste bien la bête noire de Cupertino, même dans l’après Steve Jobs.

En conclusion, après ces éléments factuels et (relativement) objectifs, je vous donne mon avis personnel : ceux me suivent ici savent que j’ai toujours plébiscité le format 7 pouces et que j’ai toujours pensé – même quand on me soutenait le contraire mordicus avec des arguments qui ne m’ont jamais fait changer d’avis -  qu’Apple sortirait un jour un iPad mini, car il n’aurait pas le choix. Aussi – après vous avoir dit tout le bien que je pense de ma Nexus 7 -  je ne vous surprendrai pas en vous affirmant que l’iPad mini est pour moi une vraie bonne nouvelle, et que je vais m’empresser de vendre mon iPad 2 pour en passer commande dès le 26 octobre. La cannibalisation a commencé, et j’en suis un des premiers acteurs. Pour moi l’iPad 9,7 pouces est mort hier soir, et je ne crois pas que j’y reviendrai un jour.

Invité
24 octobre 2012

Euh Flipboard existe bien sur mon Désire Z donc androïd. Je n ai pas vérifié sur tablette Androïd.
Mais Flipboard sur IPad est deja un bonheur

Invité
Michaël
24 octobre 2012

Ce n’est pas de la mauvaise foi que de dire que 8 pouces et 7 pouces c’est assez différent, surtout que les ratios ne sont pas les mêmes. Ceux qui se sentent (probablement à juste titre) à l’étroit sur une Nexus 7 se sentira comme un poisson dans l’océan sur un iPad mini. Mais ils ne pourront pas glisser ce dernier dans une poche intérieure de veste.
Steve Jobs était contre le format 7 pouces, mais le 8 pouces d’Apple n’a rien à voir avec le 7 pouces de Google ou Samsung. Il suffit pour le comprendre, de passer 10 secondes sur cette image : .

Et vous oubliez, dans tous les cas, que Jobs était passé maître (depuis le tout début de sa carrière), dans le retournement de veste. Il n’arrêtait pas de dire blanc un jour et noir le lendemain. Ce n’est pas un désaveu, on a appris dans le procès contre Samsung que Jobs, à la fin de sa vie, était devenue tout à fait réceptif sur ce format, poussé chez Apple par Eddy Cue.

Pour revenir au format, l’iPad 9,7 pouces est une tablette 9 pouces ou 10 pouces, alors ? C’est une 10 pouces, autant que l’iPad mini est une tablette de 8 pouces, avec un ratio 4/3, en plus de cela.

Invité
JY
24 octobre 2012

L’Ipad Mini 2 aura donc un écran Retina…

Invité
Michaël
24 octobre 2012

@JY : oui, ils gagnent du temps, comme d’habitude. :-)

Invité
Xavier
24 octobre 2012

Je suis bien tenté. Mais que donne cet écran. Est-ce assez grand? Ne faut-il pas le rapprocher des yeux pour avoir une lecture confortable?

Et donc

Invité
24 octobre 2012

Ce que je pense surtout c’est que jamais Steve Jobs n’aurait comparé un produit Apple à Google.

Il y aura toujours des gens pour payer plus cher pour faire la même chose, ou quasiment. Flipboard n’est pas le bon exemple puisqu’il fonctionne parfaitement sur Nexus 7 mais je comprend pour myTF1 ou FranceTV. Google fait des efforts pour sensibiliser les développeurs au format tablette mais ça n’est pas encore gagné. Ça viendra et pour moi la différence de tarif justifie de patienter un peu en trouvant des contournements. D’autant qu’avec l’arrivée de la Nexus 7 32Go, les tarifs risquent de baisser un peu. Chacun ses goûts, je ne juge pas.

Invité
Breizhim
24 octobre 2012

Excuses-moi, Eric, mais il va falloir expliquer un peu mieux cette réflexion dans le point 2 au sujet du prix … c’est quoi cette dissertation philosophique cherchant à crédibiliser les tarifs d’Apple ?!

- « Ce n’est pas si cher pour un produit Apple » : quelle objectivité… moi je trouve que c’est cher, car je le compare de manière réaliste à la concurrence. Il ne faut pas oublier qu’acheter un produit Apple est lié à un engagement à l’univers Apple où tout est propriétaire, notamment les accessoires estampillé Apple (bluetooth Apple, USB Apple, iTunes, etc), la où la concurrence utilise des standards.

- « Le style et le design contre la fonctionnalité. » : un peu maladroite comme phrase. Ca revient à dire que l’iPad mini est beau mais non fonctionnel. De plus, je pense que quand on parle d’un produit hi-tech, on s’intéresse d’abord à ses fonctionnalités, puis à son design.

- « Enfin, un autre argument plaide en faveur de l’iPad et peut justifier un tarif plus élevé : les 275.000 applications disponibles » : ça, c’est un argument de vente. En quoi le prix d’un matériel se base sur un catalogue d’applications ? Il faut redescendre sur terre …

- « [...] et pas des moindres (MyTF1 [...]  » : MyTF1 …… les goûts et les couleurs hein.

- « à performances égales, les produits premium DOIVENT se vendre plus cher » : Premium ?! « Doivent » se vendre plus cher ?!!! On peut aimer une marque comme Apple, je comprends très bien, ils font de beaux produits grand publique. Mais le fanatisme n’a jamais fait de bien. De quel pouvoir t’es-tu investi pour qualifier l’iPad mini de produit « Premium » parmi ses concurrents « à performances égales » ?

- « Et puis où est-il écrit qu’un produit plus petit – s’il répond à une forte demande – doit être moins cher que son homologue de plus grande taille » : je répondrais à cette phrase vide de sens « Où est-il écrit qu’un produit à performances égales avec ses concurrents puisse se vendre beaucoup plus cher ? ».

On peut être « fan-boy » de la marque Apple, mais pas en rédigeant un article sur un site d’information orienté technologies. Il faut mettre en marche le sens critique et ne pas devenir justicier de la pomme.

Invité
FDK
24 octobre 2012

Le positionnement marketing d’Apple trouve des comparaisons dans le monde automobile : le segment premium (Audi, BMW, Mercedes…) est plus cher que le segment moyenne gamme (Renault, Ford, Peugeot…). Cela trouve sa signification dans une image plus haut de gamme, une meilleur finition et qualité de construction, un design plus abouti. Pas toujours plus d’équipements, ou alors il faut payer – et cher – les options. Tout cela rappelle fortement le positionnement d’Apple sur son marché.
Donc oui, comparer l’iPad mini au marché Android comme le fait Phil Schiller est pour moi une erreur (on ne verrait pas Audi se comparer à Renault).
Concernant Steve jobs, sans préjuger de ce qu’il ferait s’il était toujours aux manettes d’Apple (et sur cette terre), on l’a vu par le passé jurer qu’il ne sortirait jamais tel ou tel produit, pour finalement le mettre sur le marché quelques temps plus tard.

Invité
Valentin
24 octobre 2012

J’ai une question sur le point 2 et plus particulièrement le dernier paragraphe : comment peut-on vendre un iPod Touch au même prix ? (concerne aussi le point 4)
Concernant le point 3 il n’est pas évident que toutes les applications parfaitement adaptés soient parfaitement utilisables taille d’écran plus petite = boutons plus petit (surtout à résolution identique).
Cet iPad mini est à mon avis une balle que se tire Apple dans le pied : tout d’abord il est cher, ensuite en comparant avec d’autre produits Apple, il fait le prix d’un iPod Touch (qui n’est autre qu’un iPhone sans l’appli téléphone ;) ), il est n’est pas rétina alors que tous les appareil Apple deviennent rétina… Il bénéficie d’une ancienne version de processeur… Bref il n’est pas un pas en avant mais un boulet qui va rogner les ventes d’iPod Touch et d’iPad… Apple n’avait pas besoin de ce format 8″ et Apple vient de crédibiliser les tablettes de ce format (surtout en faisant un pseudo comparatif avec la Nexus 7 qui fera bondir les détenteurs de cette tablette)

 
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