7 fausses bonnes idées qui ruinent un site internet

Petit rappel de certains fondamentaux en matiĂšre de webdesign et d’expĂ©rience utilisateur.

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Jonathan SitbonArticle rédigé par Jonathan Sitbon, Community Manager chez Wix.com et rédacteur du Blog français de Wix.
Cet article s’inscrit dans notre rubrique « Paroles de Pros » dans laquelle des acteurs rĂ©putĂ©s du numĂ©rique prennent la parole sur des sujets liĂ©s Ă  l’impact d’internet et des nouvelles technologies sur nos modes de vie.
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« L’enfer est pavĂ© de bonnes intentions ». Cet adage vaut aussi pour le Web. Au moment de crĂ©er votre site internet, votre cerveau entrera en Ă©bullition. Vous aurez envie de tout essayer, tout ajouter. Aujourd’hui, toutes les fonctionnalitĂ©s – mĂȘme les plus sophistiquĂ©es – sont accessibles au commun des mortels. Alors, pourquoi se priver ?

Tout simplement parce que certaines idĂ©es sont de fausses bonnes idĂ©es. GĂ©niales sur le papier, elles vont en pratique plomber l’expĂ©rience utilisateur (UX) de votre site. Comme ces pop-ups intempestifs, qui rĂ©volterontles plus stoĂŻques des internautes. Ou ces pages gavĂ©es comme des oies, dont le temps de chargement donnera envie Ă  vos visiteurs de se pendre au fil de leur souris.

Comment ĂȘtre sĂ»r de crĂ©er un site qui soit non seulement beau, mais aussi efficace dans la conversion de vos visiteurs (en clients, abonnĂ©s ou autres) ? Voici les 7 erreurs de dĂ©butant que vous devez impĂ©rativement Ă©viter !

1. Les mots-clefs Ă  outrance

À force d’entendre que les mots-clefs ouvrent les portes de Google, les webmasters ont tendance Ă  en glisser partout – quitte Ă  faire violence Ă  leurs textes. Ici comme ailleurs, le mieux est l’ennemi du bien. Les bots des moteurs de recherche arpentent la Toile Ă  longueur de journĂ©e. Une fois arrivĂ©s sur votre site, ils interrogent plusieurs Ă©lĂ©ments afin de savoir Ă  qui ils ont affaire. Les mots-clefs en font partie. Avec deux ou trois par page (outre ceux que vous mettez dans vos titres et balises), vous les renseignez amplement. Au-delĂ , ils pourraient penser que vous avez cherchĂ© Ă  les duper – et risqueraient de pĂ©naliser votre rĂ©fĂ©rencement au lieu de l’amĂ©liorer !

2. Les pages étirées sur la largeur

Certains web designers crĂ©ent des pages Ă©tirĂ©es sur la largeur, qu’il faut faire dĂ©filer de gauche Ă  droite. Cette habitude, peut-ĂȘtre hĂ©ritĂ©e d’une longue pratique des livres, est Ă  proscrire. En effet, le sens de l’Histoire – et de la lecture – penche clairement vers la verticalitĂ©. À ce titre, Internet marque un intĂ©ressant retour en arriĂšre, puisque le contenu s’y consomme de haut en bas, comme un parchemin que l’on dĂ©roule. En tĂ©moignent la forme des molettes ou les caresses digitales que vous prodiguez (amoureusement)Ă  votre smartphone.

Dans l’absolu, Ă©tirer vos pages n’est pas une mauvaise idĂ©e – Ă  condition que ce soit dans la longueur. Cette pratique porte mĂȘme un nom, le « long scrolling », et constitue l’une des grandes tendances du Web design 2016.

3. L’excùs de contenu

Vous ĂȘtes un vrai passionnĂ© – par le yoga, le marketing ou la reproduction des bonobos (on ne juge personne). Du coup, vous avez des tas de choses Ă  montrer ou Ă  raconter. Sur votre site, vous allez devoir modĂ©rer vos ardeurs. En effet, ces 15 derniĂšres annĂ©es, la capacitĂ© d’attention moyenne d’un ĂȘtre humain a chutĂ© de 33 % pour atteindre huit secondes seulement (selon une Ă©tude Microsoft). Pour info, c’est une seconde de moins qu’un poisson rouge – et vlan l’ego !

ConsĂ©quence : pour ĂȘtre lu et assimilĂ©, un message doit ĂȘtre court. Pas question de faire du Proust sur votre page d’accueil ou d’inviter du Bellay Ă  taper le sonnet dans votre galerie de produits. Les experts recommandent de se limiter Ă  150 mots par page – Ă  l’exception de vos articles de blog, bien sĂ»r. Au-delĂ , vos poissons rouges de lecteurs n’auront qu’une envie : changer de bocal.

4. La musique en lecture automatique

Qui aime la musique d’ascenseur ? Personne ? C’est bien ce qu’on pensait. Sur Internet, c’est la mĂȘme chose : les accompagnements sonores, lorsqu’ils sont imposĂ©s, sont particuliĂšrement irritants. Alors, Ă  moins d’exercer une activitĂ© qui le justifie (DJ, producteur, station de radio, etc.), ne faites pas tourner de chansons en lecture automatique sur votre site.

Comme dit plus haut, la capacitĂ© d’attention d’Homo sapiens s’est rĂ©duite comme peau de chagrin. DĂ©jĂ  qu’il est difficile de demander Ă  quelqu’un de lire un livre, alors imaginez : lire et Ă©couter de la musique en mĂȘme temps ? Si vous souhaitez que vos visiteurs soient pleinement concentrĂ©s sur votre message, coupez le son.

5. La profusion de pop-ups

Les pop-ups sont de petites fenĂȘtres qui surgissent lors de l’ouverture d’un site internet. Pudiques, certaines vous informent que le contenu que vous vous apprĂȘtez Ă  voir est « rĂ©servĂ© aux grands enfants de + 18 ans ». Plus agressives, d’autres vous vantent les mĂ©rites d’un quelconque partenaire commercial. Dans tous les cas, il est impossible d’y Ă©chapper Ă  moins d’avoir configurĂ© votre navigateur pour qu’il les filtre.

La tentation est grande d’utiliser, vous aussi, ces fenĂȘtres intruses. Il s’agit en effet d’une solution imparable pour faire sauter un message aux yeux de vos visiteurs. Mais comme tous les Ă©lĂ©ments non sollicitĂ©s, les pop-ups doivent ĂȘtre consommĂ©es avec modĂ©ration – sous peine de donner de l’urticaire Ă  vos hĂŽtes. Limitez-les aux annonces lĂ©gales (l’utilisation de cookies), incontournables (l’inscription Ă  votre newsletter) ou temporaires (des soldes Ă  ne pas manquer). Pour le reste, votre site fera amplement l’affaire.

6. Les Ă©tapes superflues

Plus une procĂ©dure est longue et dĂ©taillĂ©e, et plus ça fait sĂ©rieux ? Pas sur Internet. Si vous souhaitez que vos visiteurs aillent au bout de leur dĂ©marche (acheter, tĂ©lĂ©charger, s’inscrire, etc.), vous devez faire court. Commencez par simplifier votre arborescence. Par exemple, si vous avez un site e-Commerce, les internautes ne doivent pas avoir plus d’un clic Ă  faire pour arriver sur votre galerie de produits.

AllĂ©gez ensuite vos formulaires de leurs champs inutiles. En 2016, avez-vous vraiment besoin d’un numĂ©ro de fax pour valider une commande ? Glaner des informations sur vos clients est excellent pour votre marketing. Mais vous devez Ă©galement composer avec cette autre rĂ©alité : si vous mettez trop d’étapes dans une procĂ©dure, les utilisateurs n’auront pas envie d’arriver Ă  son terme.

7. Les outrages Ă  la police

Des milliers de polices d’écriture sont disponibles sur la Toile. Avec ou sans empattements, avec ou sans ligatures, classiques ou excentriques
 Vous en avez pour tous les goĂ»ts. Ici comme ailleurs, vous tenterez coĂ»te que coĂ»te de sortir du lot. ProblĂšme ? Les polices les plus originales sont souvent les moins lisibles. Limitez leur utilisation Ă  vos titres et votre logo. Pour le corps de vos textes, des polices plus conventionnelles sont de rigueur, comme Arial ou Helvetica.

Par souci d’harmonie visuelle, veillez Ă©galement Ă  ne pas mĂȘler plus de deux ou trois polices sur un mĂȘme site. Sinon, ce dernier donnera une impression de fouillis et d’amateurisme qui rebutera les internautes. Ou pour le dire comme Victor Hugo : « police partout, justice nulle part. »


5 commentaires

  1. Pour la 3 c’est vrai pour des sites commerciaux ou de promotion (produits entreprise) mais pas pour des sites Ă  contenus sur des sujets pointus auquel cas les gens y viennent justement pour le contenu.

  2. Pauline Leclercq communication Web on

    Merci pour cet article,
    Justement pour les 15% de lecteurs qui recherchent du contenu il y a les articles de blogs. Minimiser le contenu des pages principales c’est aussi optimiser son site pour la navigation sur les mobiles.

    J’aurais tendance Ă  ajouter: Ă©viter les effets Javascript Ă  outrance aussi. Quand c’est pas lu par le navigateur, c’est perdu et quand il y en a trop ca donne le tournis…

    • Eric

      Ah bon ? Lesquelles ? Il y a une popup de suggestion d’abonnement Ă  la newsletter (c’est un minimum et ça se ferme en un clic) et elle ne s’affiche qu’une fois, la premiĂšre fois oĂč vous venez sur le site.

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