Mancx, un site spécialisé dans les questions-réponses ciblées entre professionnels, a récemment publié une étude sur les américains et leur rapport à internet. Résultat : un gros déficit de confiance.

C’est le vieux truc du verre à moitié plein ou à moitié vide : ne pas faire confiance à internet (ce qui en soi ne veut pas dire grand chose) peut un signe de bonne santé mentale et de grande vigilance. Mais cela peut aussi signifier que la méfiance légitime confine à une paranoïa qui pourrait conduire à une sorte d’autisme numérique.

Mancx, un site spécialisé dans les questions-réponses ciblées entre professionnels, a récemment publié une étude sur les américains et leur rapport à internet. Vous me direz, les américains, encore et toujours, on s’en fout un peu. Pas vraiment. D’une part aucun institut spécialisé ne conduit le même genre d’étude en France, et d’autre part les comportements sont certainement très comparables de part et d’autre de l’Atlantique. Donc ce qui est vrai pour les US est souvent vrai pour nous aussi, à quelques petites variantes près.

De cette étude il ressort que le bilan que dresse l’Amérique de l’Internet n’est pas très reluisant. L’étude, menée par Harris Interactive en juin 2012 pour Mancx fait ressortir de façon assez crue ce que nous pouvons connaître de certains travers d’internet, à cela près qu’ici ils sont tous réunis dans le même lot de réponses.

Alors, en vrac, les personnes interrogées ont indiqué dans leurs principaux griefs :

  • trop de publicité – 59%
  • informations périmées – 56% (bon, c’est un peu inhérent à la nature du web qui garde tout, suffit de savoir faire le tri)

Ajoutez à cela d’autres défauts comme le fait que l’information est considérée par 45% des personnes interrogées comme de l’auto-promotion, le risque d’attraper un virus (63%), de perdre de l’argent (51%) ou d’altérer sa crédibilité (36%). Plus étonnant, mais finalement en relation directe avec la montée des réseaux sociaux, le risque de se faire virer de son job (14%) ou la crainte d’une rupture amoureuse (9%), viennent clore le palmarès noir du web selon les américains.

confiance internet 98% des américains ne font pas pleinement confiance à internet

Un peu en marge de ce sujet, mais quand même en relation, ces craintes me font penser à un épisode de la série Esprits Criminels sur lequel je suis tombé un peu par hasard un soir de cette semaine, où le taré du jour se servait des « réseaux sociaux » pour trouver des jeunes filles à assassiner. Tous les clichés sur le web, les réseaux sociaux – repères de pervers ou de branleurs – y sont passés un par un dans un exercice pédagogique d’inventaire d’un ridicule réactionnaire achevé. Avec en point d’orgue la remarque très crédible du baba cool  de service : « moi je n’ai même pas d’adresse email », réplique – très crédible pour un agent du FBI âgé d’à peine 25 ans – présentée comme le symbole de la pureté absolue de la police, constituée uniquement de gars droits et loin des turpitudes de ces internets de malades mentaux. Peut-être que les gens qui ont répondu à ce sondage avaient juste vu l’épisode en question avant, en fait. Va savoir.

(source)

 

 

 98% des américains ne font pas pleinement confiance à internet
Fondateur et rédacteur en chef de Presse-citron, Éric est blogueur, éditeur de contenus numériques. Par ailleurs il conseille et accompagne occasionnellement quelques entreprises dans leur développement sur internet.