Advergaming : YouTube plutôt que Facebook ?

Avec 4 milliards de vidéos vues chaque jour soit une progression de 25% sur un an, Youtube affiche des chiffres vertigineux, malheureusement négligés pour le moment par les annonceurs.

Lors de l’orchestration d’un dispositif d’advergaming, choisir une plateforme d’hébergement se révèle être un choix stratégique, mais finalement rapidement établi. En effet, dans la majorité des cas les annonceurs s’orientent vers « le sur mesure » en créant des sites dédiés, voire des applications, lorsqu’il s’agit d’une communication mobile.

Allianz Judo MasterClass Advergaming : YouTube plutôt que Facebook ?

Malgré tout, Facebook se révèle être une solution de plus en plus appréciée des marques grâce à sa puissance de diffusion, à destination de ses 800 millions d’inscrits, soit autant de joueurs potentiels. L’autre grande force de Facebook réside dans son ADN de marque clairement porté par une dimension communautaire. En effet, l’intérêt premier de la firme de Palo Alto est de mettre en relation les gens et aujourd’hui de les faire jouer ensemble. Connue pour son partenariat avec Zynga le leader du Social Gaming, Facebook compte à son actif de célèbres casual games de marques, tels que « Dip Desperados » de Doritos, « Minimaps » de Mini, « Human Curling » de Bic ou encore « Iron Throne » pour la série Game of Throne. Difficiles à qualifier pour le moment, ces opérations servent avant tout à augmenter l’importance d’une communauté de fans afin d’amplifier la portée des actions suivantes et bien sur de recruter quelques clients.

Avec 4 milliards de vidéos vues chaque jour soit une progression de 25% sur un an, Youtube affiche des chiffres vertigineux, malheureusement négligés pour le moment par les annonceurs. Contrairement aux idées reçues, le service de partage de vidéos de Google ne se limite plus aujourd’hui à la simple diffusion de documents audio-visuels passifs. Outre son carrefour d’audience incroyable Youtube est selon moi plus crédible que Facebook pour inviter l’internaute à joueur, puisque ce dernier a tendance à rechercher de quoi se divertir sur ce la première alors que la seconde lui sert avant tout pour échanger avec ses amis et à entretenir ses relations . En plus de cela, une multitude de technologies permettent aujourd’hui à la plateforme vidéo d’immerger l’internaute dans un univers ludique.

Trois grandes étapes ont marqué cette évolution technologique de Youtube depuis sa création en 2005. Dans un premier temps, les précurseurs ont pu diffuser des films publicitaires, mais aussi proposer de l’interaction grâce à des annotations interactives permettant de personnaliser le scénario d’une vidéo en cliquant sur l’une des cases proposées. Le plus gros succès de ce genre est certainement « Choose a different ending » (lien) conçu par l’agence AMV BBDO pour la Police Londonienne. Multiprimé au film international de la créativité de Cannes, ce film interactif était destiné à sensibiliser les londoniens au problème de criminalité dans la capitale, dut en grande partie au port d’armes blanches. Par la suite, d’autres outils ont permis d’amplifier l’interaction et d’interagir avec différents éléments de la page comme ce fût le cas avec « A hunter shoots a Bear » de Tipp-Ex. Également primée, cette campagne est un « cas d’école » sur lequel je n’ai nullement besoin de revenir tant il a été salué à de maintes reprises. Plus récemment Desperados, mais aussi Kit Kat, Virgin Radio ont sorti des opérations interactives de ce genre où le joueur pouvait s’amuser en détruisant notamment la page, en cliquant par exemple sur la barre de lecture du player vidéo.

Depuis peu, Youtube offre au public de vrais gameplay avec la possibilité de joueur comme sur n’importe quelle plateforme à l’aide de son clavier et de sa souris. Les productions cinématographiques sont précurseurs en la matière comme dans de nombreux domaines d’ailleurs, à l’image du Transmedia. Parmi les succès, on retiendra les cas « World Invasion : Battle Los Angeles » et « L’agence tous risques ». Le premier immergeait le joueur dans un Shoot’em up tandis que le second permettait de piloter un véhicule dans une ville personnalisée à l’aide de l’API Google Street View. Google a également démontré l’intérêt de sa plateforme vidéo en communicant en son sein à l’occasion de la sortie de son Nexus S.

ALLIANZ INVESTIT LE TATAMI

Aujourd’hui, c’est autour d’Allianz de se lancer dans l’aventure. Dans le cadre de son engagement auprès du jeune judoka Loïc Pietri, mais aussi pour renforcer sa présence numérique et principalement sur les réseaux sociaux, son agence DDB a imaginé un jeu pédagogique accessible sur la chaîne Youtube d’Allianz France.

Une immersion plutôt réussie dans l’univers du judo, permettant d’apprendre l’art des principales prises, afin de conquérir les 7 fameuses ceintures. Pour réaliser les combinaisons et déclencher le combat, vous devrez appuyer sur la touche du clavier correspondante, au moment où le symbole ou la lettre se place sur le cercle lumineux. Un gameplay qui n’est pas sans rappeler celui des jeux de danses et autres Guitare Hero. Esthétiquement « Judo MasterClass » est une réussite tant par la qualité de son habillage de page que par la réalisation léchée des séquences de combat.

En bref, Allianz a la mérite d’avoir investi un secteur sur lequel on ne l’attendait pas et cela afin de valoriser son engagement de longue date avec le sport, qui est sans lien appartenant avec toutes ces technologies. Le jeu « MasterClass » est prenant ce qui en fait un dispositif d’autant plus intéressant pour une marque qui avait l’habitude jusqu’ici de communiquer sur des médias classiques dont le taux d’attention est quasi nul face à celui d’un advergame.

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