Airbnb déclaré illégal à New York !

Nul n’est prophĂšte en son pays. Une dĂ©cision de justice en application de la loi locale vient de rendre illĂ©gale la location d’un appartement via Airbnb Ă  New York. Mais pour combien de temps ? DĂ©but d’une nouvelle bataille judiciaire ?

Article rĂ©digĂ© par Antoine Msika. Actuellement en poste chez Pearltrees, Antoine suit de prĂšs l’actualitĂ© des startups francophones et du web.

La justice New-Yorkaise vient de condamner un hĂŽte d’Airbnb Ă  une amende de 2 400$. Ce jugement a Ă©tĂ© rendu en application d’une loi New-Yorkaise de 2011 qui vise Ă  interdire les hĂŽtels illĂ©gaux, et qui interdit pour cela aux particuliers de louer leur logement pour une durĂ©e de moins de 29 jours. La ville de New York prĂ©cise qu’un appartement « ne peut ĂȘtre utilisĂ© que comme rĂ©sidence privĂ©e et ne peut pas ĂȘtre louĂ© Ă  des voyageurs de passages,  comme un hĂŽtel ou un motel ».

Pour rappel, Airbnb est un service crĂ©Ă© en 2008 qui propose de mettre en relation des particuliers pour une location d’appartements de quelques jours. Le modĂšle est un vĂ©ritable succĂšs : Airbnb a notamment annoncĂ© avoir doublĂ© le nombre d’annonces en 2012, passant de 120 000 Ă  300 000 annonces dans le monde entier. Airbnb, est d’ailleurs souvent citĂ© parmi les grands succĂšs de ce que l’on appelle l’économie collaborative.

C’est donc le principe mĂȘme du service qui est visĂ© par ce jugement et la sociĂ©tĂ© a Ă©videmment critiquĂ© le jugement rendu : « Cette dĂ©cision est contraire Ă  l’esprit de la loi (
) Il est temps de mettre Ă  jour la loi et protĂ©ger les hĂŽtes qui louent leur logement de façon occasionnelle. 87% des hĂŽtes Airbnb Ă  New York proposent simplement le logement dans lequel ils vivent. Ce sont des New Yorkais moyens, qui essayent de joindre les deux bouts, pas des hĂŽtels illĂ©gaux ».

Nul doute donc que nous verrons Airbnb muscler ses relations avec les gouvernements dans les mois Ă  venir, pour tenter d’amender ces lois qui mettent en pĂ©ril son modĂšle.

(Source)


18 commentaires

  1. Qui a bien pu porter plainte ? Cela ne m’Ă©tonnerait pas que le lobby des hĂŽteliers soit derriĂšre tout cela.
    D’ici peu on va nous expliquer que le covoiturage est contraire Ă  la loi qui dit qu’un taxi doit avoir une licence.
    Je propose aussi que les bibliothĂšques municipales soient interdites, elles font de la concurrence aux libraires…

  2. Je crois qu’en France c’est aussi trĂšs limite d’utiliser AirBnB rĂ©guliĂšrement. Les Ă©tats ont encore leur mot Ă  dire et il semble que compte tenu des difficultĂ©s que certaines parties de la population ont a trouvĂ© un logement que ce ne sont pas forcĂ©ment des mesures qui vont dans le mauvais sens

    • Eric

      @Gabriel : je ne vois pas trĂšs bien le rapport entre la crise du logement et le fait que des particuliers puissent mettre leur appart ponctuellement en location ?

  3. Ils devraient surtout mettre en place des quotas. Comme sur ebay etc. cela peut permettre d’avoir un second salaire non dĂ©clarĂ©.

    Il faut donc prĂ©voir des catĂ©gories d’utilisateurs en fonction des revenus et ainsi ceux qui gagnent une certaine somme deviennent pro.

  4. Merci pour cet article! Je ne comprends pas en quoi Airbnb doit ĂȘtre dĂ©clarĂ© illĂ©gal! C’est simplement un service de locations de particuliers Ă  particuliers, aussi utile que le covoiturage, ou des cours. Je suis du mĂȘme avis que Thierry il doit y avoir un concurrent derriĂšre!

  5. @Eric : Gabriel fait peut-ĂȘtre rĂ©fĂ©rence Ă  certaines boites qui rachĂštent des appartements Ă  New-York pour les louer ensuite Ă  prix fort sur Airbnb. Les locations de courte durĂ©e rapportent plus, mais il faut assurer un certain taux de remplissage. Airbnb crĂ©e le marchĂ© qui rend cela possible.

    Pour autant je me place clairement du cĂŽtĂ© d’Airbnb. Ce sont les abus fait avec cette plateforme qui sont Ă  combattre. Pas la plateforme elle mĂȘme qui rend un rĂ©el service.

  6. Il est normal que ce site soit dĂ©clarĂ© illĂ©gal. J’ai en effet profitĂ© d’AirBnB Ă  NYC, et ce n’Ă©tait clairement pas un appartement louĂ© en l’absence de son habitant, mais un appartement transformĂ© en hĂŽtel illĂ©gal.
    Tout ceci est clairement hypocrite, et je comprends les mairie qui dĂ©fendent l’existence d’une vraie vie de quartier face Ă  une transformation en habitations touristiques.
    Le 2Ăšme problĂšme est le suivant : les locataires touristiques n’en ont rien Ă  faire du voisinage, rentrent Ă  pas d’heure, peuvent faire du bruit toute la nuit puisque la semaine suivante ils ne seront plus lĂ . J’attends de la mairie de Paris la mĂȘme fermetĂ©.
    Au niveau de mon immeuble, nous avons prévu une modification du rÚglement intérieur pour spécifiquement interdire ce type de location.

  7. Si toutes les grandes villes s’y mettent, c’est toute une Ă©conomie naissance qui va ĂȘtre dĂ©truite. NYC est la premiĂšre ville d’aribnb, la seconde est… Paris. A suivre.

  8. Ba oui c’est plutot normal, aujourd’hui un gite doit payer des impots et taxes importantes comme toutes sociĂ©tĂ©s, sous quel pretexte un particulier pourrait s’affranchir de cela ?
    Thierry tu parles du covoiturage, mais le co voiturage est gratuit dans 50% des cas, et quand c’est payant c’est de l’ordre de l’euro symbolique. Nous ne sommes pas dans le mĂȘme cas de figure.
    Sur ce principe, moi particulier qu’est-ce qui m’empecherait d’acheter une maison a 100.000 la revendre 150.000 et toucher 50.000 de benef ? alors qu’une SCI ou autre, doit lui reverser prĂšs de 60% de ces 50.000 ?
    C’est le principe mĂȘme du statut de professionnel et du particulier. Si tu fais du marchandage, il est logique que tu sois au mĂȘme niveau qu’un professionnel, que tu loues un bien ou cent.

    Vous travaillez tous dans des entreprises, si demain un concurrent viens vendre 60% moins cher un produit, juste parce que c’est un particulier, vous seriez comment ? Ceci casserait le marchĂ©, et ferait un paquet de banqueroutes et un paquet de chomeurs. La chance, c’est que sur BNB les prix sont assez Ă©levĂ©s au final pour des particuliers, si bien que cela ne peut pas casser le marchĂ©, les loueurs se font de belles marges en gĂ©nĂ©ral.

  9. La plupart des commentateurs de ce billet prennent le problĂšme par le mauvais bout (comme trĂšs souvent, d’ailleurs…)

    Ce n’est pas l’absence de taxation en cas de location AirBnB qu’il faut condamner, mais bien la taxation abusive en cas de location classique.

  10. @JiaJo Un particulier Ă  tout Ă  fait le droit de bĂ©nĂ©ficier de revenus Ă  titre exceptionnel. Il doit Ă©galement les dĂ©clarer et donc payer des impots dessus. Une boite qui utiliserait Airbnb devrait Ă©galement payer les impots liĂ©s Ă  son activitĂ©. Le rĂ©el problĂšme, n’est pas ici un problĂšme de taxation.

    Pour les hĂŽtels, c’est un problĂšme de concurrence, ils dĂ©fendent leur monopole… Vive Airbnb. Se pose la question de l’impact sur les prix du logement Ă  long terme. Mon avis est plus contrastĂ© sur ce point. Pour le covoiturage il existe un vrai business et c’est une rĂ©elle concurrence pour les taxis, mais la aussi, c’est les usagers qui en profitent… Et c’est tant mieux.

  11. Merci Fred, vraiment, qu’aurions-nous fait sans toi ! Merci de nous remettre sur le droit chemin.

  12. @ Klo. You’re welcome ! MĂȘme si je sais que la tĂąche est quasi insurmontable, je ne manquerai jamais de contribuer Ă  pointer les ravages de la fiscalitĂ© dont les gens comme toi s’accommodent avec bonheur sans mĂȘme se rendre compte qu’elle leur pourrit la vie.

  13. @ Chris NYC. En effet, Paris ne devrait pas tarder Ă  emboiter le pas Ă  NY.

    D’ailleurs, la France est officiellement verte de rage. FiĂšre d’ĂȘtre championne du monde des lois handicapantes pour son Ă©conomie, elle ne comprend pas comment elle a pu se faire doubler au poteau. Qui plus est par les Etats-Unis ! Quelle humiliation !

  14. Je loue des chambres d’hĂŽtes et je les ait mises sur AirBnB, ce site est Ă  mi chemin entre le couch-surfing ( gratuit ) et un OTA classique. Pas de problĂšmes lĂ©gal a priori pour AirBnB en France … Ă  condition de dĂ©clarer les revenus engrangĂ©s en BIC ( location meublĂ© ). Mais comme je doute que les « hĂŽtes » le fassent, c’est clairement un moyen de faire du black ni plus ni moins.

  15. Je suis hĂŽte sur Airbnb depuis plus d’un an et c’est un nouveau mode d’hĂ©bergement collaborative car souvent les hotes habitent Ă©galement la maison ou l’appartement.
    Les revenus doivent ĂȘtre dĂ©clarĂ©s en location de meublĂ©s non commerciaux et nous bĂ©nĂ©ficions d’un abattement de 50% sur les revenus perçus. Et ne pas le dĂ©clarer est assez dangereux car Airbnb fait des virements pour chaque location, donc trĂšs facilement identifiable par le fisc.

  16. C’est franchement abusĂ© que la ville de New York condamne comme ça Airbnb. C’est pourtant un site vraiment gĂ©nial qui permet de faire des rencontres et des Ă©conomies: joli cocktail. Je pense que la consommation collaborative c’est le futur, et au lieu de condamner Airbnb comme le fait New-York, on devrait plutĂŽt essayer de renforcer la sĂ©curitĂ©, car tous ces Ă©changes se font sur le net sans qu’on puisse savoir Ă  l’avance sur qui on va tomber, grande inconnue! A ce sujet je vous conseille d’aller voir le site Fidbacks (http://www.fidbacks.com) qui permet de se crĂ©er un profil de confiance afin de dĂ©montrer sa probitĂ© sur le net, plus qu’utile!

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