On a eu chaud.
On a cru pendant un moment que ce serait Le silence de Lorna, encore un film palpitant et glamour des frères Dardenne (si j’en crois le synopsis) qui allait recevoir la Palme d’Or.
Et puis non, finalement le jury, tout à sa passion pour les sujets sociaux et le cinéma citoyen (entre deux louches de caviar), a trouvé pire : il a attribué la palme à un documentaire une fiction sur l’école publique en milieu difficile. And the winner is Entre les murs.
Forcément difficile, sinon c’est pas drôle, sinon il n’y a pas d’art.
Il y a des choses comme ça qui sonnent comme des symboles d’un monde en marche : comme il faudra se faire à l’idée que le pétrole ne sera plus jamais bon marché, il faudra se faire à l’idée que le glamour et le grand cinéma avec un scénario, une histoire, une photo, des vrais acteurs (vous savez, celui que les gens vont voir dans les salles) n’ont définitivement plus leur place à Cannes.
Il faudra se faire à l’idée que le Festival est devenu une sympathique manifestation d’art et d’essai snob et dégoulinante de bons sentiments… sociaux.
Ahem. (baîllements)
Comme si après avoir étalé leur richesse, leurs joyaux et leurs Ferrari de façon totalement ostentatoire et indécente à la face du monde, et après avoir passé des nuits à faire des fêtes dont le budget doit atteindre celui du Burkina Faso (et encore je ne compte pas la coke), les milliardaires de la Croisette voulaient se donner bonne conscience en décernant une palme citoyenne dont on aura du mal à me convaincre de la réelle sincérité.
Je n’ai pas vu Entre les murs. Peut-être que ce film est un très bon film. Ou pas. Peut-être qu’il méritait un prix.
Mais la Palme d’Or, franchement, c’est une blague ?
Voilà en tout cas qui va bien aider à plaider la cause de l’exception culturelle française.
Pendant ce temps Clint Eastwood continue à faire du cinéma, lui. Du vrai.
Le Festival de Cannes ? Palme d’Or à la démagogie.