Le cours de l’action Apple n’en finit plus de chuter, alors que la firme californienne n’a jamais vendu autant d’iPhone et d’iPad. Pourquoi ce déclin de l’empire Apple ? Et si Apple ne faisait plus rêver ?

Certains interprètent cela comme le début de la fin. D’autres parlent seulement de trou d’air. Toujours est-il qu’Apple semble être entré dans une période de turbulences qui ressemblent à un effet retard consécutif à la disparition de Steve Jobs, il y a de cela un peu plus d’un an.

Alors que la firme californienne avait fait la une des gazettes financières il y a tout juste un an quand elle était passée devant le pétrolier Exxon en termes de capitalisation boursière, devenant furtivement l’entreprise la mieux cotée au monde, avec 415 milliards de dollars. Puis Apple devint en août 2012 la première capitalisation boursière de l’histoire, avec un magot de 621 milliards de dollars.

Mais ça c’était avant.

L’action Apple, qui culminait à 700,71 dollars le 21 septembre 2012, a pris une bonne claque depuis, puisqu’elle est retombée à un plus bas de 439,88 dollars (327,10 euros) lors de sa dernière cotation cotation du 25 janvier, ce qui place sa valorisation à 413 milliards de dollars, juste derrière Exxon, valorisée 417 milliards à la même date.

cours action apple Apple nest plus lentreprise la plus chère du monde

Une sanction qui peut paraître quelque peu injuste quand on connait les résultats du dernier trimestre d’Apple, au cours duquel de nouveaux records commerciaux ont été établis : 47,8 millions d’iPhone vendus sur cette période, alors que la firme de Cupertino n’en n’avait vendu « que » 37 millions sur la même période de l’exercice précédent, ce qui représente une croissance des ventes de 29%. Même croissance pour l’iPad (22,9 millions d’unités écoulées contre 15,4 millions l’année précédente).

En fait, la frilosité des analystes et des financiers vis-à-vis d’Apple ne s’explique pas seulement, voire pas du tout par ses résultats, qui demeurent exceptionnels, même si l’on constate une stagnation du bénéfice (13.1 milliards en 2012, contre 13,06 milliards en 2011). Non, ce qui semble inquiéter davantage les observateurs serait plutôt de l’ordre de l’intangible : la capacité d’Apple à se renouveler, se réinventer, et surtout les probabilités que le géant californien sorte une innovation qui crée le même électrochoc que l’iPhone ou l’iPad. Bref, on doute de la capacité d’Apple à changer nos vies comme la marque a pu le faire dans la décennie écoulée.

Des résultats en hausse mais une capacité à faire rêver en berne

Il parait en effet assez improbable qu’à l’avenir un smartphone ou une tablette produise un jour le même effet que les appareils inventés par Apple, et aujourd’hui les yeux sont plutôt rivés sur la concurrence, et notamment Samsung, avec sa puissance de feu marketing (à défaut d’innovation), voire, à l’autre bout de l’échelle des sociétés plus modestes et plus agiles, parmi lesquelles pourraient se trouver l’Apple de demain. Ces dernières ne manquent certainement pas du côté de la Silicon Valley.

Ou alors, il faudrait qu’Apple sorte un peu de ses marchés de prédilection (l’informatique et le numérique) pour s’aventurer sur d’autres secteurs ou tout reste à faire, en appliquant sa méthode habituelle, qui lui a si souvent réussi : prendre un marché naissant mal adressé par des produits mal conçus, et en faire un marché de masse en le réinventant avec un produit « parfait ». Reste à définir ce marché : la télévision ? Les montres ? Les drones ? l’impression 3D ? Autre ?

Reste à savoir aussi si Tim Cook sera l’homme de la situation, ou si le « nouveau Steve Jobs » se trouve vraiment… chez Apple.

(image : Boursorama)