Google n’aime pas les liens sponsorisés, qui selon lui détériorent la qualité et la pertinence de ses résultats de recherche, et accessoirement, font de la concurrence « déloyale » à son fonds de commerce. Pour combattre cette pratique, Google met à disposition des internautes un formulaire qui permet de dénoncer les sites qui sont soupçonnés de vendre encore des liens. Si la « fraude » est avérée, les sanctions peuvent aller d’une pénalité sur le pagerank du site incriminé à sa radiation des résultats de recherche de Google.

googleadsenseblog Articles sponsorisés : le rappel à lordre de Google

Problème : comme très souvent dans le domaine commercial et concurrentiel, les dénonciateurs les plus zélés ne sont généralement pas les simples consommateurs (en l’occurrence ici les internautes), qui n’ont généralement que faire de savoir si un lien figurant dans la sidebar ou le footer d’un site est monnayé ou pas, mais les concurrents, ou plus prosaïquement des personnes qui pratiquent la délation auprès de Google par simple malveillance. Efficace, probablement, mais très discutable également, aussi discutable que la pratique censée être dénoncée.

Qu’à cela ne tienne, Google n’entend pas en rester à une simple chasse aux liens sponsorisés « bruts » puisque, dans un billet publié vendredi dernier sur le blog officiel d’Adsense, ce sont maintenant les billets sponsorisés qui sont visés, non pas dans leur nature même, mais sur le fait qu’ils contiennent souvent des liens pointant vers le site de l’annonceur ou du commanditaire. Et comme il s’agit de billets sponsorisés, Google en déduit – peut-être un peu hâtivement – que les liens qu’ils contiennent le sont également. Et invite donc les internautes à une autre grande delation party.

Tout ceci est parfaitement cohérent et compréhensible si l’on se place du point de vue de Google, mais c’est peut-être aller un peu vite en besogne, et ce pour plusieurs raisons : tout d’abord, Google invite les auteurs de billets sponsorisés à accompagner tous leurs liens du fameux attribut « rel=nofollow », or c’est le même Google qui, par la voix de soin gourou du référencement Matt Cutts, expliquait il y a quelques mois que ledit attribut n’avait plus de valeur, ou en tout cas plus la même valeur, ce que beaucoup ont interprêté comme s’il n’était plus pris en compte. Car en réalité, comme souvent avec Google, personne ne sait exactement ce qu’il en est. D’autre part, les liens contenus dans un article sponsorisé, s’il s’agit d’un vrai rédactionnel avec du contenu éditorial pertinent ayant nécessité un vrai travail, ne contiennent pas forcément cette balise car ils ne pointent pas tous vers l’annonceur. C’est le cas dans cet article par exemple (mais il y en a d’autres), où vous comprendrez vite que le lien contenu dans le dernier paragraphe ne risque pas d’être un lien sponsorisé :-) Si je suis les recommandations de Google, devrai-je mettre aussi un « rel=nofollow » à ce lien ?

Enfin, si un billet sponsorisé est mentionné clairement comme tel, comme c’est le cas sur Presse-citron, il n’y a pas de tromperie du lecteur, qui par conséquent saura identifier les liens pertinents pour lui, ce que les robots des moteurs de recherche ont encore, il est vrai, un peu de mal à faire.

Ce que Google n’indique pas en revanche c’est si cet avertissement vaut pour les articles sponsorisés après le 9 octobre ou si c’est rétroactif. Connaissant le web et la persistence de ses contenus, et la façon dont ils remontent dans les résultats de recherches, je pencherais pour la deuxième hypothèse. Un peu de taff en perspective pour mettre ses liens à jour et s’éviter ainsi les foudres de Google…