Attention : profiter du droit à l’oubli n’est pas forcément une bonne idée

Avant de remplir le formulaire de Google, il est important de réfléchir à l’effet Streisand.

Loupe Google Pixabay

Il y a quelques mois, la Cour de Justice de l’Union Européenne avait rendu l’arrêt qui a permis aux internautes de profiter de ce droit à l’oubli dont on parle tant. Afin de se plier aux nouvelles règles, Google (suivi par Bing) a publié un formulaire qui permet à un citoyen de l’UE de demander le retrait d’un lien « non pertinent, obsolète ou inapproprié ». Mais avant de remplir ce formulaire, il y a certaines choses que vous devez savoir.

Tout d’abord, Google reçoit les demandes. On dit bien « reçoit » car il est tout à fait possible que la vôtre soit refusée. Dans ce cas, le lien (qui vous ne plaît pas) continuera à être indexé par Google. Il est de la responsabilité de la firme de Mountain View de prendre la décision.

Mais dans le cas où Google (ou un autre moteur de recherche) estime que la demande est légitime et que l’utilité de l’information n’est pas trop importante, le lien sera effectivement déréférencé. Cela signifie que si vous recherchez cette page sur Google (et uniquement Google en Europe), vous ne le retrouverez plus.

En revanche, vous devez comprendre que le lien ne disparaît que sur Google. La page sera toujours accessible depuis son URL et depuis d’autres moteurs de recherche. De plus, il vous sera très difficile (voir impossible) de faire retirer d’un site un article sur vous dont l’information est tout à fait légitime.

Vous devez également savoir que si vous faites une demande et que le lien que vous avez envoyé est déréférencé, Google va gentiment signaler le webmaster du site concerné du déréférencement de l’un de ses liens au nom du droit à l’oubli.

Une fois qu’il a reçu ce message, il peut tout à fait publier un article évoquant cet incident. Après tout, voir l’un de ses liens se faire déréférencer sur Google est loin de faire plaisir.

De nombreux médias européens l’ont fait et l’effet Streisand* est très souvent garanti, surtout que la controverse autour de ce droit à l’oubli est encore fraîche.

Par exemple, en 2006, le site britannique Oxford Mail avait publié un article sur la condamnation d’un archéologue qui a tenté de voler des articles dans une boutique à Oxford. Il y a quelques semaines, une personne a demandé le déréférencement du lien de l’article sur Google et a obtenu gain de cause. Mais lorsque le site Oxford Mail a reçu le message de Google, celui-ci a publié un article évoquant cet incident.

Initialement, en 2006, l’article en question n’avait généré que 28 vues. Mais une fois que le site Oxford Mail a publié son article intitulé « Google retire le premier papier de Oxford Mail à propos de la condamnation de … », le récit qui devait normalement être « oublié » aurait généré plus de 13.000 vues tandis que l’article qui a rapporté l’incident a généré plus de 10.000 vues. Donc, c’est finalement l’effet inverse qui a été produit par la demande envoyée à Google.

*Définition de l’effet Streisand selon Wikipédia : « …phénomène médiatique au cours duquel la volonté d’empêcher la divulgation d’informations que l’on aimerait garder cachées — qu’il s’agisse de simples rumeurs ou de faits vérifiés — déclenche le résultat inverse. »

(Source)


5 commentaires

  1. Intéressant, mais ne connaissant pas « l’effet Streisand » j’ai dû effectuer une recherche pour savoir de quoi il retournait. Il aurait été judicieux de définir ce terme directement dans l’article.

    • Setra

      ta remarque est très pertinente. On va ajouter une définition en fin d’article pour éclairer le lecteur 🙂

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