bad [Blog Action Day] Les paradoxes énervants de lécologie à la petite semaine

Autant vous l’avouer tout de suite : bien que très sensible aux problèmes que pose la préservation de notre chère planète, je n’ai jamais été un militant passionné de la cause environnementale telle qu’on nous la sert, et de son discours souvent moralisateur, quand il n’est pas tout simplement déconnecté de la réalité.
Enfin, pas plus ni moins que 99% de mes concitoyens (le 1% restant étant probablement constitué de membres actifs des Verts ou de Greenpeace, c’est à dire pas grand monde en réalité[1]).


Et pourtant je m’aperçois que sans porter l’écologie en bandoulière pour me donner bonne conscience, je suis finalement, par habitude (ou par éducation), aussi respectueux de l’environnement que beaucoup de mes concitoyens, même si nous avons tous probablement encore beaucoup de progrès à faire.
Pourquoi ? Quelques exemples, qui cadrent assez bien dans les petites habitudes que chacun devrait mettre en pratique facilement :

  • j’utilise très rarement ma voiture. Ce n’est pas un exploit, je travaille à 10 minutes à pied de mon domicile. Mais quand je travaillais plus loin, j’essayais dans la mesure du possible d’utiliser mon vélo ou de prendre le métro, ce qui me demandait un gros effort vu ma détestation des transports en commun (et encore, à Lyon nous n’avons pas trop à nous plaindre).
  • dès que je suis bloqué quelque part en voiture plus de quelques minutes, j’ai un réflexe systématique de couper le moteur (en-dessous de deux minutes ça ne sert à rien car il parait que le redémarrage consomme plus de carburant que si on avait laissé tourner le moteur). Imaginez seulement que tout le monde fasse cela. Un truc bête comme chou qui ferait économiser des tonnes de pétrole et de Co2 (et rendrait aussi les rues plus silencieuses). Rien ne m’exaspère davantage que des moteurs de bagnoles qui tournent alors que celles-ci sont bloquées de longs moments dans un bouchon. Y compris celles de mes amis bobos-écolos.
  • même si je n’aime pas trop la chaleur, je ne mets jamais la clim avant midi, que ce soit au bureau ou en voiture. Bien sûr je pourrais ne pas la mettre du tout, mais je laisse ça à ceux qui aiment transpirer pendant qu’ils bossent. Moi j’aime pas.
  • j’éteins systématiquement une pièce dans laquelle je ne suis pas. C’est pour moi un réflexe atavique aussi évident que respirer. Même au resto, je cherche l’interrupteur quand je sors des chiottes. A mettre au crédit de l’éducation. Ca paraît basique de chez con, mais regardez autour de vous, ça ne l’est pas tant que ça. Je ne comprends pas que tout le monde ne fasse pas pareil.
  • je mets le chauffage le plus tard possible, sans pour autant vivre comme un sibérien. Dans des locaux ou des appartements bien isolés, l’hiver clément de l’année dernière a permis de n’allumer les radiateurs pour la première fois que courant décembre, là où d’autres l’avaient déjà fait en octobre, par simple réflexe consumériste (au premier frisson, toc, chauffage, alors que souvent un simple sweat ferait l’affaire).
  • je n’ai jamais jeté un papier par terre, éducation là aussi. Aussi loin que mes souvenirs remontent, la vue de déchets jetés négligemment dans un chemin de campagne ou au bord d’une route m’a toujours exaspéré.
  • accessoirement, je ne fume pas
  • etc…

Bien sûr, ces petites habitudes de vie ne font pas un grand écologiste. Et j’espère bien qu’elles constituent un minimum pour chacun d’entre nous, mais je n’en suis pas si sûr, car il me semble que ces précautions de bon sens sont le fait d’une génération qui a été finalement davantage sensibilisée aux problèmes environnementaux. Je suis affligé de constater par exemple que malgré les beaux discours de façade, certains ados plutôt individualistes et nourris au lait de la Starac et autres shows ou la frime le dispute au fric se foutent de la protection de l’environnement comme de l’an mille car elle va à l’encontre de leurs habitudes de confort (le cas le plus courant : plusieurs pièces de l’appartement éclairées, la TV, l’ordinateur et la chaîne Hifi en marche, alors que le garçon ou la fille étudie dans sa chambre à l’autre bout de l’appartement…).

Maintenant, reconnaissons également qu’observer une attitude écologiquement correcte n’est pas toujours chose facile, et que nous sommes parfois dans des domaines ou le paradoxal le dispute à l’absurde.
Quelques exemples quotidiens agaçants sinon risibles me viennent à l’esprit :

  • le tri sélectif, qui nécessiterait d’avoir pratiquement une pièce dédiée à cela si l’on voulait en appliquer les règles à la lettre. Vous avez la place de caser trois poubelles chez vous ? Pas moi. Vous avez le temps de dévisser chaque bouchon et chaque couvercle de chaque bouteille ? De sectionner et séparer le cercle de métal du goulot ? De nettoyer chaque récipient avant de le benner ? (c’te blague, ne dites pas oui, je ne vous croirai pas). De jeter vos déchets recyclables sans emballage dans la bonne poubelle, puis de sortir la bonne poubelle le bon jour (malheur si vous ratez le passage du ramasseur de poubelles vertes, quand il passe…) ? Pas moi. Je fais de mon mieux mais je ne vous cache pas qu’il y a du déchet… dans mes déchets. Le pot de Nutella est un bon exemple du truc impossible avec son verre, son opercule de métal collé et son couvercle en plastique. C’est un métier de recycler le pot de Nutella, et du coup j’avoue honteusement qu’il part parfois direct avec les déchets alimentaires parce-qu’il est 23h, que le container de verre est plein et que merde je paie assez de taxes en tous genres pour ne pas encore me taper le boulot des autres…
  • les déchetteries publiques, bien sûr ouvertes généralement de 8h30 à 17H00 et pas le dimanche, soit pile pendant vos heures de travail, et généralement situées à l’extérieur de la ville dans des lieux inaccessibles (comment font les gens qui n’ont pas de voiture pour jeter leur vieux canapé ? Mystère. Ou ils ne font pas, et c’est pour ça qu’on retrouve le vieux canapé à l’entrée du local des poubelles, quand ce n’est pas sur le trottoir devant chez soi…)
  • je fais du foot dans un petit championnat Loisirs associatif et je fais ce constat affigeant : la plupart du temps, les douches dans les vestiaires des équipements sportifs municipaux (stades) sont trop chaudes. A s’en brûler. Quel gaspillage. Si vous faites du sport vous avez certainement remarqué cela. Une aberration pourtant facilement corrigeable, non ?
  • peut-être le plus cocasse des paradoxes : le local de l’association écologiste à proximité de chez moi, qui les soirs de réunion est plus enfumé que le bistrot d’à côté un soir de match (apparemment l’écologiste est fumeur, faudra qu’on m’explique ce paradoxe que j’ai du mal à saisir).
  • les pistes cyclables, rares et parfois impraticables (le record du monde revenant certainement à la municipalité de Lyon qui avait réussi à en planter une au beau milieu d’un pont à 6 voies de circulation enjambant le Rhône. L’utiliser relevait du suicide pur et simple, je crois qu’elle a disparu rapidement. Un grand coup de chapeau aux technocrates qui avaient accouché d’un tel chef d’oeuvre…)
  • la Freebox (et les autres) qui ne dispose ni d’interrupteur ni de mise en veille. Pourtant je me passerais bien des ondes Wifi qui vrillent mon cerveau pendant que je dors, et ce serait autant d’électricité économisée. Mais non, peux pas la couper, la Freebox. La Freebox c’est 24/24 7/7.

L’écologie, terre de paradoxes…
Bon tout cela ne doit pas nous empêcher d’adopter dans la mesure du possible les meilleurs comportements, mais avant les grands discours et les protocoles à la con que personne n’applique, je crois que c’est d’abord du côté de nos petites habitudes au quotidien que la marge de progression est la plus importante.
Et vous alors, écolo du dimanche ou vrai écocitoyen ?

[1]vu le score des candidats écologistes lors des dernières élections, il est évident que l’environnement n’est plus la propriété de quelques partis minoritaires (et trop politisés pour être crédibles), et c’est plutôt une bonne nouvelle.