[Interview] Brocante Lab, la startup élégante qui veut dépoussiérer la brocante

Lancer un site de brocante en ligne et en faire un acteur référent du secteur : c’est le pari risqué de Brocante Lab, une jeune startup française créée en 2014. Pari qu’elle est pourtant déjà en passe de réussir.

Lauréate du Prix La Tribune Jeune Entrepreneur 2015, Brocante Lab a généré un chiffre d’affaire de plus d’un million d’euros pour son premier exercice. Avec une croissance à deux chiffres chaque mois et dotée d’une équipe de 18 personnes, la startup bouscule déjà les codes d’un marché pourtant réputé difficile.

La brocante n’est pas un marché comme un autre, et pour cause : tout chineur du dimanche connait les difficultés de l’exercice ! Entre les brocantes de quartier « calibrées bobos » qui vous vendent une chaise haute pour enfant au même prix qu’un dessin original de Picasso, les puces de Saint-Ouen, véritable paradis du chineur-collectionneur… assujetti à l’ISF, et le parcours du combattant du chineur passionné se levant à 6h du matin, armé de sa lampe torche pour balayer les objets au « cul du camion » porte de Vanves, difficile d’y trouver son compte.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que le commerce en ligne ait pris une place importante ces dernières années. Mais, hélas, si vous espérez trouver un objet intéressant sur les plateformes généralistes, prévoyez de poser une journée de RTT, tant il vous faudra faire défiler les centaines de pages d’objets affreux, souvent dans un état douteux, et qu’il vous faudra venir chercher à Bordeaux alors que vous habitez … à Lille. Là encore, un acheteur lambda, non possédé par le démon de la chine finit souvent par renoncer.

Charlotte Cadé, 28 ans, cofondatrice de Brocante Lab, est partie d’un constat simple : passionnée de décoration, elle parcourt les sites de tendance comme Pinterest, les magazines, les blogs et recherche les objets qu’elle convoite. Son plaisir ? Trouver la pièce rare, le coup de cœur, l’objet porteur d’histoire, celui qui donne à son intérieur un style unique … à un prix raisonnable. Bref, la quête de tout chineur ! Mais elle constate la difficulté d’y parvenir tant sur les sites généralistes que sur la myriade de petits sites spécialisés ne disposant ni d’un grand choix, ni de solutions e-commerce adaptées.

L’interview de Charlotte Cadé

Son idée ? Créer un site de tendance, une galerie d’inspiration qui soit en même temps une marketplace offrant une grande sélection de pièces décoratives ou de collection vendues par des marchands partenaires ou des particuliers, mais soigneusement sélectionnées au préalable et présentées avec le plus grand soin. Cerise sur le gâteau : l’acheminement de l’objet (véritable « bête noire » de tout acheteur sur les sites généralistes) est totalement géré par le site si le client le souhaite. En bref : le plaisir de chiner avec une solution « clé en main ».

La qualité du site tient à trois facteurs : la qualité de la sélection, la qualité de la présentation (photos, fiches, historique, etc.) et la qualité du service client/e-commerce. Preuve du succès de la recette : de nombreux décorateurs et architectes se fournissent déjà chez Brocante Lab pour proposer à leurs clients le mobilier et les objets adaptés à leur projet.

brocante-lab-interview

Pourtant, si le succès se profile, les obstacles ne manquent pas. Il a déjà fallu recentrer l’activité sur le BtoC, mieux adapté à l’exigence de qualité des produits, puis étoffer l’équipe. Puis, il faudra à l’avenir que l’entreprise sache garder le même niveau de qualité des objets tout en étoffant l’offre, ce qui implique de convaincre et de référencer davantage de marchants. Par ailleurs, il faudra résister à la concurrence qui s’organise et qui propose parfois des services innovants comme Puces-privées.com, qui déploie une véritable gamme de services pour les marchands professionnels ou encore certaines études de commissaires-priseurs qui s’initient (enfin) au e-commerce.

Néanmoins, le succès fulgurant de Brocante Lab, qui a déjà réussi à se façonner une véritable identité au sein du secteur, montre que d’une part la proposition est bonne et que d’autre part, elle est formulée avec talent. L’équipe de Charlotte et de Maxime a d’ores et déjà contribué à redynamiser le secteur de la brocante en dépoussiérant ses vieilles habitudes.


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5 commentaires

  1. Les prix sont quand même plus proches des prix « bobo » que du raisonnable… pas étonnant avec des prix pareils de faire 1M€ de chiffre d’affaire.

  2. Les objets sont plutôt chers par rapport au prix pratiqués sur internet. Les annonces pas assez détaillées. Comme les messages passent par BrocanteLab pour vérification avant d’être transmis au vendeur, les réponses sont lentes. Le transporteur proposé par BrocanteLab est pratique mais trop cher. Les vendeurs sont souvent peu scrupuleux (j’ai fait trois achats sur ce site, je me suis fait avoir les 3 fois !…).

    Le seul point positif est le sav très performant : facile à joindre par mail ou téléphone, courtois, sympa et très réactif.

    Il y a beaucoup de chose à améliorer. Déçu de l’expérience, je ne la retenterai pas pour le moment.

  3. Le libellé « startup » est un peu surfait s’agissant d’un site où l’on vous renvoie le mot de passe en clair après inscription.

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