L’être humain est ainsi fait qu’il s’attache à des biens matériels, et le marketing est ainsi fait qu’il crée des biens qui répondent à cet attachement, ou qu’il crée des besoins, puis parvient à rendre l’humain dépendant de ces besoins.
Besoins qui n’existaient pas quelques temps auparavant.
Nous avons tous un objet, ou un type d’objet, auquel nous consacrons plus d’attention qu’au reste, et je ne parle pas ici uniquement des nouvelles technologies.

mba Cest à ses outils quon reconnait le bon geek


Selon son vécu, sa sensibilité, sa culture, untel sera fana de sa console de jeux, elle collectionnera les lampes design, un autre encore sera intarissable sur l’univers des montres de luxe.
Et puis il y a le cas particulier et quasi-pathologique (pathologeek ?) des geeks qui en général se passionnent à peu près tous pour les mêmes choses, à savoir, dans le désordre, leur smartphone, leur iPod (ou un autre baladeur, mais l’iPod est objet de désir), leur appareil-photo ou leur laptop (MacBook de préférence).
J’avoue faire partie de la première catégorie, celle des smartphonautes, vous le savez si vous lisez un peu ce blog, et je n’en tire aucune espèce de gloriole à la con, tant tout cela est parfois un peu futile.
C’est plus fort que moi : je reste de toute façon très porté sur les gadgets, et fasciné par tout ce qui a un rapport à la miniaturisation.

Mais contrairement à d’autres, je n’éprouve paradoxalement aucune espèce d’attachement "geek" ou sentimental aux ordinateurs, qu’ils soit fixes ou portables, et je conçois mal qu’il puisse en être autrement.
Pour moi un PC (comprendre le terme au sens large d’ordinateur personnel, incluant PC… et Mac) est un outil, rien de plus. Il se doit donc de répondre aux critères d’un outil : efficacité, ergonomie, productivité et rapport qualité/prix, mais en aucun cas à des critères d’esthétique ou de design, et encore moins de mode, qui sont bien le cadet de mes soucis dans ce cas particulier.
Bien sûr, si l’appareil en plus d’être efficace, présente un design réussi (la définition d’un Mac ?), je ne vais pas faire la fine bouche.
Idem pour les effets graphiques du système d’exploitation : les jolies fenêtres avec transparence et autres enjolivures animées de Windows Vista ou MacOS ne sont pour moi que des consommateurs inutiles de ressources, que je m’empresse de désactiver dès que je mets en service un nouveau PC, au point que toutes mes machines sont et restent sous Windows XP SP2, et que leur interface ressemble à un vieux Windows 95 moisi d’entre deux guerres (celles d’Irak, faut tout vous dire).
Pas sexy, mais efficace, même si après quelques mois d’usage de l’iPhone, je conçois qu’il soit plus agréable de travailler au quotidien sur une belle interface dotée d’effets Waow que sur un écran au désign soviétique (période Brejnev).
Je ne suis tellement pas attaché à mes machines que si je me les fais voler ou qu’un météorite s’écrase dessus demain (ou après-demain, tout peut arriver, rigolez pas), hormis l’aspect financier (mais il y a les assurances) et la perte des données (mais il y a les sauvegardes) ça me fera à peine lever un sourcil. Ce sont juste les emmerdes d’avoir à commander du nouveau matos et tout réinstaller qui me poseront un problème. Même chose pour mon portable, un excellent et puissant Toshiba, aussi excellent et puissant qu’il est moche et démodé.

Tout cela pour vous dire quoi au fait ?
Ah oui voilà : j’avais du mal à comprendre jusqu’à il y a peu l’attachement passionnel que certains éprouvent vis-à-vis de leur MacBook et des produits Apple en général, avant que je ne réalise – quitte à enfoncer une grosse porte grande ouverte – à quel point cette marque, contrairement aux autres constructeurs, sait susciter le désir pour des objets qui ne sont au départ que des outils de travail (si l’on met de côté l’aspect multimédia, présent sur tous les PC, et la qualité indéniable de l’OS).
J’ai réalisé à la lecture de différents blogs et forums, y compris ici dans les commentaires, que l’on pouvait désirer un ordinateur Apple comme on désire un iPod, ou d’autres une Aston-Martin (bien que pour moi ce serait plutôt Porsche, soit dit en passant si quelqu’un veut m’en offrir une), et pas seulement pour son système d’exploitation.
Du coup je comprends mieux aussi les attentes des fans qui sont en apnée à chaque annonce de nouveautés, et leur engouement presque extatique devant un nouveau MacBook Air, pour ne citer qu’un exemple récent.
Finalement nous ne sommes pas si différents : même si un PC ou un laptop, même le plus beau du monde, me laisse de marbre, vu ma passion presque puérile pour les appareils mobiles, j’arrive à comprendre aussi qu’on puisse se pignoler devant le dernier Mac.
Finalement, je suis étanche à tout cela en temps qu’utilisateur de Windows, mais qui sait si j’avais un Mac, je ferais peut-être pareil.
C’était le message de paix et d’amour du jour.