Pour Presse-citron, chaque visiteur est unique… une fois par mois.
Les statistiques de fréquentation de sites web sont de plus en plus sujettes à débat (et à controverses), tant elles peuvent apparaître comme différentes, avec des écarts qui peuvent aller du simple au triple selon l’outil ou la technologie utilisés pour effectuer leur suivi.
Il y a en tout cas une chose sur laquelle tout le monde est à peu près d’accord, annonceurs, régies et éditeurs : il manque au web un véritable système de statistiques, unique, normalisé, qui puisse enfin servir de référentiel à tous les acteurs du marché.

A quand une sorte d’audimat du web ? On sait que Médiamétrie travaille dans ce sens avec son panel certifié, mais celui-ci n’est malheureusement pas à la portée du premier blog venu, en raison de son coût assez exorbitant pour un webmaster indépendant.

Des critères à géométrie variable…
Dans ce contexte, les critères qui permettent de mesurer l’audience d’un site web restent encore assez flous, et je suis persuadé que la plupart des propriétaires de sites non spécialistes du web (PME…) ne comprennent pas – ou ne consultent pas – la moitié des chiffres affichés par leur outil de statistiques.

A ce titre, la notion de visiteur unique reste un mystère pour beaucoup d’utilisateurs, même les plus chevronnés (il n’y a quà voir les discussions à ce sujet dans les forums spécialisés, et l’interprétation que chacun en fait), et fait l’objet de tentatives de définitions parfois différentes : un visiteur unique doit être comptabilisé sur quelle période ? Un jour ? Une semaine ? Un mois ? Et pourquoi l’une plutôt qu’un autre ? Et si le contenu de mon site change tous les jours, en fonction de quoi un visiteur qui se connecte chaque jour pour découvrir un nouveau contenu ne serait-il compté qu’une fois par mois ?

Statistiques quantitatives ou qualitatives ?
Un site qui attire une audience de 50000 visiteurs uniques par jour devrait normalement davantage intéresser les annonceurs (ou éventuels partenaires) qu’un site qui en attire 5000. Et devrait également dégager des revenus publicitaires plus importants. C’est bêtement mathématique.
Normalement.
Sauf que dans la réalité, il n’est pas certain que cela se passe exactement de cette façon : un annonceur accordera probablement plus de crédit à un site ayant une audience plus faible mais bien mieux qualifiée. A l’autre bout de l’échelle, que vaut le fameux site avec ses 50000 visiteurs uniques si ceux-ci zappent à peine arrivés (je caricature un peu) et n’ont aucun pouvoir d’achat ?

Et le nombre de pages vues ?
La notion de pages vues est elle-même de plus en plus contestée, car on sait qu’il existe de nombreuses méthodes pour "forcer" le feuilletage d’un site afin d’augmenter son ratio pages vues par visiteur, et ainsi espérer en tirer des affichages, et donc des revenus publicitaires complémentaires (ou au moins une petite satisfaction personnelle).
A ce sujet l’article de ce jour de Darren Rowse interpelle : et si la notion de page vue tombait définitivement en désuétude, au profit de la durée de visite, comme vient de le décider Nielsen/NetRatings  ?
Voilà une mesure qui commence à émerger et qui fait sens : à priori si un internaute reste logtemps sur une page c’est qu’il y trouve un certain intérêt, non ?
Sauf que là non plus ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît : le pauvre internaute peut aussi rester longtemps sur une page (ou un site) parce-qu’il n’arrive pas à trouver l’information qu’il recherche. Attention aux dérives : la mesure d’audience par la durée comporte étagalement ses propres limites.

En fait, pourquoi ne pas imaginer un système à points, pondéré selon l’importance de certains critères à définir :

  • x points pour le nombre de visiteurs uniques
  • x points pour le nombre de pages vues (par le même visiteur ?)
  • x points pour la durée passée sur une page (ou sur le site)
  • x points pour le nombre de backlinks
  • x points pour le nombre de commentaires par billet (pour un blog)

Le tout additionné et mixé selon un algorithme qui donnerait une "valeur statistique" au site.
Une chose est sûre : avec la tendance à la professionalisation des blogs, l’augmentation constante de l’audience du web en général, et l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché de la publicité online, le net ne pourra pas faire l’économie d’un outil de mesure d’audience fiable, normalisé, certifié et reconnu, et facile d’accès techniquement et financièrement.

Alors, vous et vos statistiques ? Grande histoire d’amour ou indifférence polie ?