Donc l’utilisation d’un magnĂ©toscope est de nouveau interdite en France
Par Eric, 14 novembre 2008 à 09:02 :: Vidéo
Après M6 et TF1, c’est donc France TĂ©lĂ©visions qui a obtenu, via le Tribunal de Grande Instance de Paris, l’interdiction de l’enregistrement et de la rediffusion de ses programmes par Wizzgo.
Énième Ă©pisode du combat d’arrière garde que livrent les mĂ©dias (ou supports) traditionnels au web, cette dĂ©cision de justice montre encore une fois la peur panique qui s’empare des Ă©diteurs de contenu quand il s’agit de diffuser ceux-ci sur internet, et leur maladresse chronique Ă dĂ©finir une position claire, et Ă comprendre vraiment les usages et les technologies inhĂ©rentes.

Car Wizzgo n’est pas un service de streaming qui piraterait les chaĂ®nes de TV, mais un magnĂ©toscope numĂ©rique en ligne qui offre toutes les fonctions d’un enregistreur classique, plus d’autres, Ă cela près que son interface est pilotĂ©e Ă partir du web (et d’un logiciel Ă installer) et non pas d’une tĂ©lĂ©commande physique.
Autrement dit, Wizzgo s’inscrit dans le cadre de la copie privĂ©e, au mĂŞme titre que votre disque dur, ou de n’importe-quel enregistreur numĂ©rique, que ce soit le disque dur d’une Freebox encore un baladeur de type Archos.
Le procès fait Ă Wizzgo est d’autant plus incongru que de nombreux autres services permettent dĂ©jĂ d’enregistrer la TNT : j’utilise pour ma part frĂ©quemment ADSL TV, qui me permet entre autres de transformer mon netbook en tĂ©lĂ©viseur portable avec en prime les programmes Ă la carte.
La possibilitĂ© de revoir des Ă©missions de TV n’est d’ailleurs pas nouvelle : depuis plusieurs annĂ©es, des portails pour mobiles, mais aussi des logiciels, offrent la possibilitĂ© de revoir en direct ou en dĂ©calĂ© les JT de TF1, M6 et de nombreux programmes Ă©trangers sur un smartphone Windows Mobile, et j’en ai longtemps Ă©tĂ© un fervent utilisateur.
En fait, au-delĂ de la querelle juridique, je crois que le principal reproche qu’il est fait Ă Wizzgo, mĂŞme s’il n’est pas exprimĂ© en ces termes, est d’ĂŞtre… un service web, avec toutes les possibilitĂ©s d’ouverture, de personnalisation et les fonctions de communautĂ© que seul internet permet. Et l’idĂ©e que des rĂ©seaux sociaux puissent s’agrĂ©ger autour de leur contenu, sans contrĂ´le (et peut-ĂŞtre avec des possibilitĂ©s de monĂ©tisation qui leur Ă©chapperaient), effraie quelque-peu les chaĂ®nes de TV, qui de surcroĂ®t, après des annĂ©es d’atermoiements, viennent enfin - sans trop s’en vanter - de mettre en place leur service de catch up TV (programmes Ă la demande ou de rattrapage). D’oĂą soupçons de concurrence dĂ©loyale, ou “parasitisme”.
Autrement dit : si Wizzgo avait Ă©tĂ© un simple logiciel (comme ADSL TV, donc) ou un… simple disque dur (!), pas sĂ»r que la startup ait rencontrĂ© toutes ces difficultĂ©s.
Dernier argument plaidant en la dĂ©faveur de Wizzgo : la simplicitĂ©. Tout ce que propose Wizzgo peut ĂŞtre fait avec d’autres logiciels et services, de l’enregistrement au transfert sur un baladeur, mais c’est forcĂ©ment plus compliquĂ©, et donc rĂ©dhibitoire pour le commun des mortels. Avec Wizzgo, passĂ© une première phase de mise au point, c’est simple.
Et les Ă©diteurs ont horreur la simplicitĂ©. C’est vrai quoi, manquerait plus que madame Michu puisse regarder son programme prĂ©fĂ©rĂ© sur son baladeur, en diffĂ©rĂ©, et sans les pubs. Le tout d’un seul clic. L’horreur.

