Dans le genre on tire sur l’ambulance, on pourrait difficilement faire mieux : Facebook pourrait bloquer l’accès à la page du journal satirique sur son réseau social.

Dans le genre tirons sur l’ambulance, on pourrait difficilement faire mieux. Alors que Charlie Hebdo se débat pour continuer à assurer sa publication suite à l’incendie des ses locaux et que certains de ses collaborateurs font face à des menaces de mort, Reporter Sans Frontières nous apprend que Facebook pourrait bloquer l’accès à la page du journal satirique sur son réseau social.

charliehebdo Charlie Hebdo : Facebook serait prêt à bloquer la page de lhebdomadaire satirique

Selon RSF, dont je viens de recevoir le communiqué, « (Facebook) a déjà supprimé les droits d’administration du compte aux membres de la rédaction du journal. »

Ce qui signifie comme vous le savez tous que les gars de Charlie ne peuvent plus mettre à jour leur page, ajouter ou supprimer du contenu, et, pire si cela est avéré, plus modérer le contenu poussé sur leur page et leur mur par des contributeurs externes, avec les conséquences que l’on imagine concernant les excès en tous genres que suscite ce genre de polémique.

En fait, bloquer l’accès à l’administration d’une page Facebook (ou de tout site ou lieu d’expression sur la toile) est presque pire que fermer tout simplement la page en question, qui est toujours accessible au moment où j’écris ceci.

Les raisons invoquées (un peu hypocritement par Facebook) ? L’administrateur de la page Facebook de l’hebdomadaire français les a reçues par un message :

“Le contenu que vous avez publié sur Facebook a été supprimé en raison d’une infraction à la Déclaration des droits et responsabilités publiée sur Facebook. Les publications avec des contenus graphiques, sexuellement explicites ou avec des corps trop dénudés sont interdites sur Facebook. Ce message est un avertissement. Une autre infraction de votre part pourrait entraîner la résiliation de votre compte.”

Même si l’on peut comprendre que Facebook se protège des excès et applique de façon froide et pragmatique ses règles de publication, le geste parait quelque peu brutal, et l’on aurait été en droit d’espérer un peu plus de compréhension (à défaut de compassion) dans ce contexte particulier.

Sinon, Charlie a ouvert un blog pour continuer à vivre. Qui a dit que les blogs étaient morts ? Voici une illustration du fait que non seulement ils sont vivants, mais peuvent même s’avérer être d’utilité publique, et rester un ultime espace d’expression quand les autres sont détruits ou menacés, ou tenus par un réseau social où règne la loi implacable du politiquement correct.

(source et communiqué)