J’ai annoncé il y a un an que je devenais blogueur à plein temps, ou blogueur professionnel si vous préférez (même si je ne suis pas fan de cette terminologie, qui reste à définir, ce que je ferai dans un prochain billet).

Ce qui signifie en substance que Presse-citron, et dans une moindre mesure, mes autres sites, occupent la majeure partie de mon temps de travail (et de cerveau disponible) et sont censés représenter également – directement ou indirectement – la majeure partie de mes revenus. C’est effectivement le cas depuis maintenant quelques mois.

bilan Combien coûte un blog comme Presse citron ?

Avant de revenir sur ces notions dans de prochains billets, je vous propose que nous nous penchions un peu sur les coûts de fonctionnement générés par un blog comme Presse-citron. La légende veut qu’un blog ne coûte rien, ce qui – à part les éventuels frais de développement liés au design et la mise en place – est certainement vrai dans la plupart des cas.

Ce n’est en revanche plus vrai dès qu’un blog, comme n’importe-quel autre site web, commence à atteindre une certaine audience : arrivent alors les frais de serveur dédié, incontournables à partir d’un certain seuil de fréquentation, et les éventuels frais liés aux petits travaux de maintenance du blog, à fortiori si l’auteur n’a aucune compétence technique d’infogérance, voire même de HTML.

Cela étant, le ratio coûts/espérance de gains reste très largement favorable, et c’est aussi ce qui contribue à la magie du web, où chacun a encore (et espérons que cela dure…) sa chance.

S’agissant de Presse-citron, mais je pense que ceci peut aussi s’appliquer à d’autres blogs « professionnels » comme Al-Kanz, NowhereElse ou encore le Journal du Geek, les coûts de fonctionnement suivent une courbe presque parallèle à celles de la fréquentation, de la notoriété et du chiffre d’affaire.

Mais quels sont ces fameux coûts ? Pas la peine de chercher bien loin : ce sont les mêmes que ceux qu’ont à assumer n’importe-quelle entreprise, et pas seulement ceux liés uniquement au web (serveur) comme on pourrait le penser. Ainsi, si vous envisagez de vivre de votre blog, ou de activité web en rentabilisant vos sites, et en supposant que vous fassiez les choses dans les règles, en créant une société ou en vous installant avec le statut d’auto-entrepreneur, bref en déclarant votre activté officillement, vous n’échapperez pas à certaines dépenses incompressibles comme :

  • loyer
  • téléphone
  • abonnement internet
  • serveur/hébergement des sites
  • matériel
  • assurances
  • frais postaux
  • transports, missions, réceptions
  • autres…

Le dernier bilan de ma société, et le premier à faire analyser les revenus et coûts d’une activité presque exclusivement liée au blog (il me restait encore quelques autres affaires à solder), est éloquent : bloguer « pro » coûte de l’argent.

Sans dévoiler un soporifique bilan analytique, voici les principaux postes de dépenses de Presse-citron, leur pourcentage par rapport au total, et, si nécessaire, les explications en regard de certaines d’entre elles.

  • Energie, eau : 0,60%
  • Achats fournitures entretien, petits équipements : 2,17%
    (ex : aspirateur, armoire, produits d’entretien…)
  • Achats matériel de bureau, informatique : 2,18%
  • Locations immobilières incluant les charges (locaux professionnels) : 3,17%
    (même si j’ai quitté fin 2008 les locaux professionnels que je louais et que je travaille maintenant à domicile, ma société a pour obligation de me verser un loyer)
  • Locations mobilières (serveur hébergement internet) : 2,33
  • Assurances multirisques : 0,23%
    (obligatoire, couvre les locaux professionnels, mais également, sur option, les risques physiques et juridiques liés à votre activité, pour vous mais surtout envers les tiers)
  • honoraires comptables : 2,59%
    (si vous constituez une société de type SARL ou EURL, vous serez pratiquement obligé de confier cotre comptabilité à un cabinet d’expertise comptable, même si rien ne vous y oblige juridiquement)
  • Voyages et déplacements, missions, réceptions : 4,41%
    (et oui, être blogueur pro engendre d’importants frais de déplacement et de mission, surtout quand on réside en province et que 99% des opérations intéressantes auxquelles vous souhaitez participer se passent à Paris ou à l’étranger. A 150 euros en moyenne l’aller-retour Lyon-Paris en TGV, auxquels vous ajoutez les frais de restauration et d’hébergement quand ceux-ci ne sont pas pris en charge par l’invitant, ça va très vite).
  • Indemnités kilométriques : 0,88%
    (voir remarque précédente. Poste non significatif pour moi car j’en ai déclaré très peu, ayant préféré opter rapidement pour l’option voiture de société en location longue durée).
  • Téléphone, abonnement internet et frais postaux : 2,02%

Dans le cas de Presse-citron, toutes ces dépenses additionnées représentent près de 25% du Chiffre d’Affaires net, soit plusieurs milliers d’euros par an, et je peux vous dire que je suis plutôt économe et très regardant sur les frais.

Ce bilan ne tient pas compte des coûts liés à la vie du blog, qui ne sont pas annualisés mais qui reviennent avec une fréquence bi-annuelle comme par exemple :

  • le design : la refonte graphique de presse-citron est sous-traitée à un graphiste professionnel
  • l’intégration et la maintenance : le passage de Dotclear à WordPress a été lui aussi confié à un spécialiste
  • l’infogérance : entretien de serveur, migration, toutes ces tâches techniques auxquelles je n’entends rien et que je me refuse à faire, sont également assurées par un prestataire externe

L’ensemble de ces prestations représente environ 3000 euros tous les deux ans, soit une charge supplémentaire de 1500 euros qui serait à ajouter à chaque bilan.

Maintenant, il faudrait comparer ce bilan avec celui d’une entreprise de même taille sur une activité de services différente afin de voir si le poste de charges est équivalent. Je ne le pense pas, car vivre de ses sites web reste malgré tout cela une activité peu coûteuse.

Dans un prochain billet je tenterai de définir ce qu’est exactement un « blog professionnel ». Et que ceci ne vous décourage pas de vous lancer dans l’aventure si vous avez décidé d’essayer de vivre de votre site web !