Comment flinguer le cours de bourse d’une entreprise avec seulement 11 followers sur Twitter

Une entreprise cotée au NASDAQ a vu son cours de bourse chuter de 25% en quelques minutes suite à un faux tweet publié à partir d’un faux compte totalisant seulement 11 followers.

Qui a dit que l’influence était surtout une question de taille ? Pas Twitter en tout cas, chez qui l’influence n’est pas forcément en relation avec l’audience.

Dernier exemple en date, du genre qui fait froid dans le dos : le cours de bourse d’une entreprise a dégringolé de 25% en quelques minutes suite à un message posté sur Twitter.

Le tweet en question annonçait une information erronée, non fondée et très probablement malveillante, disant en substance que la société Audience, cotée au NASDAQ, faisait l’objet d’une enquête du département de la justice pour des motifs de fraude. Résultat : le cours de bourse d’Audience se prend un gros gadin et chute instantanément de 12 à 8,87 dollars. Ouch.

mudd1waters Comment flinguer le cours de bourse dune entreprise avec seulement 11 followers sur Twitter

Mais l’histoire ne serait pas aussi invraisemblable si elle ne précisait pas ce petit détail croustillant : le faux tweet en question a été publié à partir d’un compte totalisant… 11 followers. Il s’agissait en fait d’un faux compte plagiant celui de la société de bourse Muddy Waters, connue pour repérer et dénoncer justement les fraudes.

Dans un laps de temps de deux minutes, 300.000 actions Audience ont changé de mains, soit la moitié du volume quotidien habituel sur ce titre. Fort heureusement pour la compagnie, le canular a été découvert et identifié rapidement, et le cours de l’action a rebondi vers son niveau initial presque aussi vite qu’il avait chuté.

Les boursiers, un peu naïfs ?

Au final, dans cette histoire incroyable, on ne sait pas qui est le plus à blâmer : de prime abord un tel hoax ne plaide pas en faveur de la crédibilité de Twitter. Mais qu’en est-il du sérieux de certains boursiers, qui cèdent à l’affolement sans d’abord avoir le réflexe de base face à une information publiée sur Twitter, qui consiste à vérifier la validité du compte qui diffuse cette info en regardant en premier son nombre de followers, et en s’assurant qu’il s’agit bien du vrai compte ?

(source)

57 commentaires

  1. Ca peut etre un mec qui a voulu acheter a pas cher une action. Le mec a que 8 tweets qui ne concerne que cette valeur. Autant dire, que soit c’est une attaque en règle d’un concurrent pas malin, car les fausses rumeurs sont souvent cassé quelques heures après et les actions reprennent leur valeur intiale. Soit ce qui est plus probable, une personne qui vient de se faire 25% de marge sur une action achetée au plus bas, car les gens sont suffisament blaireaux pour croire un compte qui a 8 tweets et 11 followers. Mais bon, un bon hashtag et voila, la rumeur est lancée, quelqu’un d’assez serieux la reprend, et au tour d’un mec encore plus serieux, et au final un journal très serieux repend la rumeur…

  2. Je ne comprends pas la phrase « ne plaide pas pour la crédibilité de Twitter ». Pourquoi Twitter devrait il être mis en cause pour le contenu posté par ses utilisateurs ?

    On peut tuer qq à coup de marteau, doit on blamer le marteau ?

    Quand aux traders, je ne sais même pas nous n’avons pas encore mis tout ce système, qui n’a plus de sens, hors service.

  3. Qu’un post venant d’un compte n’ayant que 11 tweets à son actif déclenche un tel mouvement nous éclaire aussi sur les capacités d’alerte et de veille de certains… Et des moyens humains nécessaires derrière les écrans pour analyser les flux…

  4. Impressionnant, l’original aurait mieux fait de customiser un peu plus son twitter. Que ca soit pour l’emploi ou pour la bourse twitter est dangereux ;)

  5. Une manipulation aussi simple faite par un fraudeur qui a pu gagner énormément d’argend de manière anonyme montre à quel point le système boursier et absurde…

  6. Je pense qu’il n’y a pas eu qu’un tweet dans l’histoire, un mec a du en profiter pour spéculer en citant ce tweet comme source..

  7. Eric

    @Nicolas Chevallier : très bonne remarque, mais quand même, au moins vérifier le compte Twitter, ça prend 2 minutes, là c’était gros quand même

  8. qualite_street on

    Bonjour et merci pour cette trouvaille. ça fait peur en effet même si je rejoins Lucie et Webconsulting, je doute que seul ce tweet explique tout. La fausse info a peut-être été diffusée et relayée via différents forums et sites boursiers par la suite.

  9. Les 25% de chute et le volume ne sont probablement pas dûs au seul fait du tweet, mais au déclenchement d’ordres à seuil de déclenchement (qui permettent de vendre automatiquement une action si elle passe en dessous d’un certain seuil).

    Dit autrement, le tweet a été l’élément déclencheur, mais pas la raison de l’ensemble du phénomène et l’ampleur du volume ou de la baisse temporaire n’est pas corrélée avec l’ampleur de la diffusion de l’information en elle-même.

    Typiquement, si une action est réputée peu volatile, et avec peu de fluidité, un seul acte de vente d’un gars ‘paniqué’ peu faire plonger temporairement le prix de l’action qui provoquera à son tour une avalanche de déclenchement des ordres automatiques qui auront détecté un mouvement inhabituel à la baisse.

    Ces cas ne sont pas si rares ; c’est d’ailleurs un des gros inconvénients de l’utilisation des ordres à seuil (typiquement à cause d’un cours d’ouverture qui diverge de celui de fermeture alors que le cours revient à la normale au bout de quelques secondes).

    Que l’origine soit un gugus qui a posté n’importe quoi sur twitter ou ailleurs ne change rien à l’affaire (ou plutôt à la ‘non affaire’).

  10. le gars a spéculé à la baisse + son canular à bien marché = il s’en est mis plein les poches..! x-)

  11. Je ne comprends pas comment ça a pu arriver quand même. Puis bon, celui qui a vu ça et a transmis l’info n’est pas très très malin, ce n’est pas comme si toutes les infos étaient vérifiées.. Ca reste du Twitter quand même!

  12. Je pense qu’il y en a qui on du se goinfrer dans cette affaire, des achats à bas prix, des reventes au prix normal, une belle plus valus en quelques heures ;)

  13. Ou comment s’enrichir en quelques minutes en achetant des actions après les avoir fait dégringolé avec seulement 11 comptes!
    En tout cas chapeau bas l’artiste (même si c’est un peu limite) ^^

  14. C’est toujours la même histoire : la crédibilité de la source. Après, là, c’est clairement et facilement identifiable comme canular.
    Il n’empêche que plus c’est gros, plus cela fait chuter de haut ?!

  15. Pour ce qui est de Twitter, ils ne sont qu’un outil qui peut entrainer des dérives. Quant aux spéculateurs, oui certains vendent par prudence et se renseignent après (parfois avec des ventes automatiques sur seuils, les « stops »), d’autres peuvent aussi shorter l’action et la racheter plus bas, surtout si ce sont eux qui ont déclenché le canular ;)
    Les autorités devraient tout simplement annuler tous les ordres passés pendant ce laps de temps, ça avait été fait suite au flask krach de Mai 2010 (le Dow Jones avait dévissé de 1000 points en quelques minutes…)
    Enfin ça reste un bel exemple de ce qu’on peut arriver à faire parfois sur le net avec peu de moyens et un peu d’astuce, même si à la fin ça ne casse pas une patte de canard

  16. Franchement, c’est du grand n’importe quoi. Comme quoi, Twitter peut avoir un impact considérable et clairement malvenu dans certains cas. Espérons qu’on tire une leçon de ce bad buzz.

  17. A l’époque du premier film « Wall Street », les rumeurs circulaient entre initiés.

    Aujourdhui la manipulation de Gordon Gecko est accessible avec quelques tweets !

  18. C’est plutôt gros de la part d’un compte avec seulement 11 followers mais il y a bien des faux comptes avec des centaines de (faux) followers et (faux) tweets. L’histoire aurait pu être écrite autrement que la vérification n’aurait pas suffi pour déceler l’arnaque.
    J’imagine qu’il y a bon nombre de tweets comme ça chaque jour avec peu de boursicoteurs qui se font avoir.

  19. Il fut un temps, pas si lointain finalement, où on se faisait la guerre avec de grandes épées, lourdes et larges, on a inventé la cote de maille. Alors on a rendu les épées plus fines arriver à ses fins, tuer le type d’en face… Puis on est passé à l’armure etc…

    Les armes d’aujourd’hui sont le temps et la connaissance. Et les types pas trop bêtes jouent avec ces armes, non pour tuer le type d’en face mais pour s’en mettre plein les poches tant que les règles peuvent être relativement contournées… et quand elles existent… La bourse se gère à grand coups d’algorithmes aujourd’hui. Les serveurs boursiers de la planète se sont déjà échangés des millions de données depuis le début de votre lecture de ce commentaire, sans aucune validation humaine.

    Au lieu de faire la une ce type d’info sur la pirouette du petit malin aux 11 followers devrait générer des processus de contrôle renforcés… Bref l’armure évoquée plus tôt avant le nouveau pas technologique !

  20. Pingback: Une entreprise perd 25% de sa valeur boursière suite à un faux tweet | Banking_Belgium | Scoop.it

  21. J’ai du mal à croire que seulement 11 followers soit suffisant pour générer de tels mouvements boursiers, ou alors c’étaient pas n’importent qui ces followers.
    C’est pas bien rassurant pour l’avenir de l’économie basée sur la bourse.

  22. C’est impressionnant : ça montre qu’avec peu de moyens, il est facile de faire baisser une action temporairement pour en profiter…

    Par contre, attention au retour de bâton judiciaire après une telle opération…

  23. Non mais on se demande vraiment comment on peut se fier à une information comme celle ci sans un minimum recouper les informations!

    On est en droit de se demander si le marché est vraiment efficient car si les investisseurs prennent des positions longues ou courtes sur des titres avec ce genre d’infos, on va tout droit au mur!

  24. Cette histoire fait froid dans le dos et prouvent encore que les financiers vivent dans un autre monde mais pourtant leurs faits et gestes peuvent mettre à la rue beaucoup de monde.

  25. C’est assez affolant de voir que les réseaux sociaux prennent une telle ampleur sur le comportement de l’individu, malheureusement comment faire sans ces fameux réseaux ? Bon le compte de 11 followers laisse directement planer le doute mais en période de crise… on est bcp plus vite vulnérable.

  26. Une histoire incroyable ! Comme quoi, ce qui compte sur les réseaux sociaux, ce n’est pas le nombre de followers…

  27. C’est incroyable quand on imagine l’argent qu’a pu faire le faussaire en pariant sur la baisse de cette action, ça va donner des idées à certains!

  28. Ce qui serait intéressant aussi c’est de déterminer l’auteur du faux compte twitter et vérifier si il y un cas de délit d’initié de sa part( ou plutôt de manipulation à son avantage). Un Gap de 25% en quelques secondes … c’est devenir riche en quelques minutes( utilisant des options )

  29. C’est quand même assez énorme comme histoire, surtout qu’en bourse on nous apprend justement à relativiser et de jouer sur le long terme!!

  30. Les boursiers ont un comportement d’adolescents, on le remarque systématiquement à partir du moment ou il y a un effet d’annonce, ils réagissent au quart de tour sans jamais vérifier leur source, alors cela ne m’étonne pas le moins du monde.

    Je ne ferez jamais confiance à la bourse pour investir, ou alors je ferez le même coup que cela plusieurs fois en investissent au creux de la vague et la jackpot !

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  32. Ils sont la pour faire de l’argent et rien d’autres. Ce qui peut se passer apres, ca ne les interesse pas.
    Le milieu est trop fort pour pouvoir luter contre eux

  33. Disons au bout du compte ces outils sociaux sont très influents, l’influence négative peut aussi faire des effets désastreux facilement auprès des clients d’une entreprise ..

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  35. Le problème, à la bourse ou ailleurs, c’est que la notion de fiabilité des informations est de plus en plus floue. Comment distinguer une vraie déclaration d’un fake ? L’heure et de plus en plus à la vérification des sources, (la bonne vieille méthode à papa en somme), qui fait perdre 5 minutes, mais permet de conserver un minimum de crédibilité.

  36. Pingback: Un faux tweet plombe le cours de bourse d’une entreprise : le web et la folie des rumeurs | Are you talking techno ?

  37. C’est vraiment dingue ce truc, il faut vraiment faire gaffe aux faux compte twitter qui peuvent détruire une réputation assez rapidement… Je ne pensais pas qu’un tweet pouvais avoir autant d’impact sur le cours de la bourse

  38. Le split des actions d’Apple s’est aussi « vendue » sur Twitter… quelques heures après, le cours de l’action montait de 1.25%… Le lanceur de rumeur a vendue ses actions! C’est quand même un peu gros… non?

  39. Les gens sont débiles à ce point-là ??!! Il faut quand même pas prendre au sérieux tous ce qu’ont disent sur internet

  40. Étonnant qu’un compte si peu influent ai eu autant d’influence. Effectivement ça sent l’initié à plein nez, mais c’est plus courant qu’on ne le crois sur les marchés financiers. Beaucoup de fraude mais très peu sont sanctionné. C’est triste des gens on surement perdu beaucoup de plumes…

  41. Il faut surtout ne pas suivre n’importe qui ou n’importe qu’elles informations sorties de nulle part…

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