Conclusion d’un auteur de fausses infos : « Les gens sont clairement plus bêtes »

Ses articles sont des satires que les gens ont commencé à considérer comme de vraies infos lors de la campagne présidentielle aux Etats-Unis.

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Selon de nombreux chercheurs et journalistes aux Etats-Unis, les fausses infos ont joué un rôle important dans l’élection de Donald Trump. Et les gens se sont mis à accuser Facebook, le numéro un des réseaux sociaux, d’être la plateforme qui a permis cela, via sa mécanique virale, ses algorithmes basés sur l’engagement et ses bulles de filtrage.

Néanmoins, les révélations faites par Paul Horner, considéré comme « l’imprésario de l’empire des fake news sur Facebook », suggèrent que les gens sont aussi en partie à blâmer.

Cet américain de 38 ans gère une dizaine de sites web et gagne au moins 10 000 dollars par mois grâce aux publicités AdSense de Google.

Pour lui, les contenus qu’il publie sont des blagues, des satires, comparables aux articles du Gorafi en France. Et il est dans ce business depuis assez longtemps.

Mais lors de la campagne présidentielle aux Etats-Unis, on aurait commencé à considérer ces blagues comme de vraies infos, notamment chez les partisans de Donald Trump : « Mes sites étaient tout le temps repris par les partisans de Trump. Ils ne vérifiaient rien. Ils postaient tout, croyaient tout. »

Aujourd’hui, Paul Horner pense que si Trump est à la Maison Blanche, c’est à cause de lui, même si son but était l’inverse et qu’il ressent de la haine envers le nouveau président élu.

Les partisans de Trump ont pris ses parodies au sérieux

Si l’on peut reprocher à Facebook ne n’avoir pas suffisamment réagi pour limiter la désinformation sur son réseau social, Paul Horner a une autre théorie : « Honnêtement, les gens sont clairement plus bêtes ». Par exemple, une parodie de Paul Horner, selon laquelle un manifestant anti-Trump a avoué avoir été payé 3 500 dollars, a été partagée par le patron de la campagne de Donald Trump.

Horner pensait que le camp du républicain allait vérifier l’info, puis se sentir mal à l’aise. « C’est toujours comme ça que ça a fonctionné, explique-t-il. Quelqu’un publie quelque chose que j’ai écrit, ils découvrent que c’est faux, et ils sont pris pour des idiots. Mais les partisans de Donald Trump, ils font avec ! Ils ne vérifient rien. Maintenant, il est à la Maison Blanche. En regardant en arrière, au lieu de nuire à sa campagne, je pense que je l’ai aidé ».

Des jeunes macédoniens qui voulaient juste du trafic et de l’argent

Bien entendu, les parodies de Paul Horner ne sont pas les seules armes de désinformation massive qui aidé Trump à accéder à la Maison Blanche.

Le 4 novembre, BuzzFeed a publié une enquête révélant l’existence de plus de 100 sites web pro-Trump, tous opérés par des gens qui se trouvaient de l’autre côté de l’Atlantique, dans la petite ville de Veles, en Macédoine. Ces sites, comme USConservativeToday.com, DonaldTrumpNews.co, ou USADailyPolitics.com, sont gérés par des jeunes macédoniens qui ne se préoccupent pas du sort de l’Amérique, mais qui sont motivés par l’argent.

Ils ont découvert qu’avec des infos pro-Trump, fausses, mais sensationnelles, on peut générer beaucoup de trafic. BuzzFeed affirme que l’un des articles de ce type les plus viraux a fait 480 000 partages, commentaires et réactions en une semaine, comparé à une vraie révélation du New York Times sur Trump qui n’en n’a fait que 175 000 en un mois. Certains de ces jeunes, qui ont flairé le filon assez tôt, début 2016, pouvaient gagner 3 000 dollars en un jour, grâce à un buzz sur Facebook. Ils ne le font pas par conviction politique, mais pour gagner des revenus publicitaires.

Ce problème ne concerne pas que les Etats-Unis

Le problème des fausses informations sur Facebook s’est révélé après l’élection présidentielle aux USA. Mais si vous pensez que ce problème ne concerne que les Etats-Unis, vous vous trompez. Sur le web francophone, on voit également fleurir des sites conspirationistes ou mensongers qui font de plus en plus d’engagement sur Facebook. En 2015, l’Express a d’ailleurs tenté de dresser un annuaire des sites « d’infaux ». Des noms de domaine que vous voyez peut-être souvent défiler sur votre fil d’actualité y figurent, comme nouvelordremondial.cc, lagauchematuer.fr et beaucoup d’autres.

(Sources :  1 / 2 )

 


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