Depuis l’émergence du web 2.0, à laquelle correspond à peu près le lancement de la version actuelle de Presse-citron, je n’ai cessé de tester de nouveaux services, à raison probablement de 1 à 2 chaque jour en moyenne, soit sur les deux années écoulées probablement entre 500 et 700 tests.


Avec dans 99% des cas la nécessité de s’inscrire, et par conséquent d’indiquer un pseudonyme, un mot de passe et surtout une adresse email.
Etant plutôt d’un naturel confiant en la nature humaine (je sais, j’ai tort), j’indique toujours la même adresse email, qui n’est ni une adresse poubelle, ni une adresse bidon, ni une adresse jetable, mais tout simplement mon adresse principale.
D’aucun m’ont souvent mis en garde contre cette pratique jugée kamikaze, me promettant une apocalypse de spams et autres junk mails dans les jours suivant mes diverses inscriptions.
Menaces auxquelles j’ai jusque-là été assez insensible, partant du principe que derrière la grande majorité des applications web 2.0 que je teste, il n’y a pas forcément que des requins assoiffés de données personnelles à revendre ou des spammeurs professionnels, mais des gens comme vous et moi, qui ont à coeur de mener à bien un projet de start-up, et qui vont essayer de valoriser celui-ci autrement qu’en commercialisant des listings d’emails "qualifiés".
Partant de ma propre expérience également : il ne m’est jamais venu à l’idée une seconde de valoriser[1] les près de 10000 adresses email dont je dispose entre Presse-citron et Fuzz, ni même seulement de les consulter dans mes bases de données, et je suppose qu’il en est de même pour vous.

Sans vouloir en tirer de conclusions trop hâtives, il semblerait pour le moment que la confiance ne soit parfois pas si mauvaise conseillère que l’on veuille bien le dire : j’ai donc largement diffusé mon adresse email "publique" depuis ces derniers mois, et je n’ai pas constaté d’augmentation du nombre de spams que je reçois qui pourait coïncider avec la diffusion de cette dernière (j’en reçois finalement assez peu, entre 5 et 10% du nombre total de mails reçus).

Bien sûr, le pire est peut-être à venir, par exemple quand certaines start-ups aux abois constateront que le meilleur moyen de limiter la casse avant une probable cessation d’activité consistera entre autres à vendre les quelques dizaines de milliers d’adresses email qu’elle ont en stock à des sociétés de marketing (certains services ayant eu les honneurs d’une une sur Techcrunch US ou Digg ont certainement recueilli plusieurs dizaines, voire centaines d’adresses email en quelques semaines).

Mais le pire n’est jamais sûr, non plus, même en matière de gestion de son identité numérique.
Reste la question des pseudos que nous utilisons, qui permettent – souvent malgré nous – de nous suivre à la trace sur le web.
Plus que son adresse email, c’est peut-être sur la gestion de ses identifiants que l’on doit observer la plus grande vigilance…

[1]Quand je parle de valoriser, je n’ai absolument aucune idée de la valeur que peuvent représenter de tels listings, si tant est qu’ils en aient une.