Drones, robots et langage corporel : le futur de l’automobile selon Mercedes-Benz

Le constructeur allemand Mercedes-Benz animait cette semaine une conférence-atelier à Berlin dans le cadre des ses « Future Talks » sur l’avenir de la robotique dans l’automobile.

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En matière de véhicules autonomes, il n’y a pas que Google. On sait que d’autres marques mènent leurs propres développements, comme Nissan, dont nous avons récemment évoqué les projets dans ce domaine. Le constructeur allemand Mercedes-Benz ne pouvait évidemment pas être de reste, et nous conviait cette semaine à une conférence-atelier à Berlin dans le cadre des ses « Future Talks » sur l’avenir de la robotique dans l’automobile.

La voiture autonome, au-delà de la technique…

Tout au long de la journée des experts de la robotique et des linguistes se sont succédés pour présenter leur vision sur la façon dont les gens pourront communiquer avec les véhicules autonomes à l’avenir. Parmi eux, Alexander Mankowsky, futurologue chez Daimler AG, le professeur Kohler, Directeur de la Recherche et Développement Durable Groupe et chef de la direction de l’environnement de Daimler AG, ou encore Martina Mara, qui mène des recherches sur la psychologie des relations homme-robot à l’Ars Electronica Futurelab de Vienne en Autriche. Selon eux, à un horizon pas très lointain qu’ils estiment à 2020, le trafic automobile dans la ville du futur sera largement dominé par les voitures autonomes. Au-delà des aspects techniques et juridiques, le constructeur suit de très près les questions sociales dans ce contexte, considérant la communication entre les gens et l’intelligence des machines comme un aspect fondamental.

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Le format de cette mini-conférence à laquelle étaient invitée une petite poignée de journalistes automobiles, lifestyle et high-tech est déjà intéressant en soi : pas de grand’messe sur l’avenir du futur, mais une discussion ouverte – certes sur des sujets parfois un peu conceptuels et encore relativement abstraits – entre ls intervenants et les participants, ponctuée de quelques démonstrations, sont une pendant laquelle j’ai pu piloter un drone par de simples gestes, et même « jouer au tennis » avec grâce à un capteur de type kinect.

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Un format qui démontre que faire rouler des voitures de façon autonome est une chose, mais communiquer avec elles en est un autre. C’était le thème central de ce workshop : comment allons-nous interagir avec ces voitures « intelligentes » ? Avec la voix ? Les mains ? Autre chose ?

Le fait que les voitures sont en mesure d’effectuer des tâches de façon de plus en plus autonomes, ce qui signifie qu’elles deviennent progressivement des robots mobiles, est désormais incontestable. Ces évolutions ne vont pas seulement changer la relation de l’automobiliste avec sa voiture : elles auront évidemment un impact sur les conditions de circulation. C’est une question centrale pour Mercedes-Benz, qui dépasse largement les « simples » problématiques techniques lors de l’élaboration voitures autonomes.

Comment allons-nous communiquer avec des voitures autonomes à l’avenir ? Une voiture autonome peut-elle saluer un piéton sur la route ? Est la voiture me parle ou parle à la personne à côté de moi ? Et qu’est-ce que « parler » signifie, dans ce contexte? Aurons-nous à apprendre la grammaire « robot », ou le robot doit la voiture capable de nous comprendre ? Et comment cette langue peut être développée ? Doit-elle être intuitive ou élaborée ?

Selon le professeur Kohler, « Le trafic de l’avenir sera de plus en plus interactif – et je ne parle pas seulement de la mise en réseau des véhicules. Nous considérons qu’il est de notre tâche élémentaire de mettre les voitures autonomes sur la route qui ne soient pas seulement des réalisations technologiques, mais aussi une partie intégrante de la circulation. Voici les aspects sociaux sont au moins aussi importants que les capteurs dans la voiture ».

Les discussions approfondies entre tous les participants à la Mercedes-Benz Future Talk « Robotique » ont révélé qu’il ya encore beaucoup de questions sans réponse dans le domaine de l’interaction homme-machine. Il est devenu clair que les robots sont bien plus que des humanoïdes avec une apparence humaine comme dans les films de science-fiction, même si un droid comme le robot Asimo de Honda pourrait tendre à faire penser le contraire. Soit dit en passant, un robot qui mesure 1,30 m, soit une taille d’enfant, pour une raison très simple, et pas du tout technique : ne pas paraitre menaçant pour l’être humain !

Un nouveau vocabulaire

Un point de vue également confirmé par Alexander Mankowsky : « Nous voyons la voiture qui se conduit – le robot autonome – intégrée dans le tableau d’ensemble de la mobilité du futur, avec l’homme qui joue le rôle principal dans notre vision de l’avenir. La tâche est de développer un système coopératif dans lequel une ou plusieurs langues de communication sont essentielles pour permettre une interaction entre l’homme et l’intelligence artificielle dans l’environnement urbain dense ». Selon Mankowsky, il y aura peut-être même un dictionnaire de langue du robot dans l’avenir.

Le Dr. Ellen Fricke a présenté un point de vue linguistique dans la discussion. Le chercheur spécialisé dans la gestuelle de l’Université technique de Chemnitz et co-fondateur du Centre de Gestuelle de Berlin pense que « si l’on considère les gestes comme option pour communiquer avec succès avec des voitures autonomes, il est bien sûr important d’examiner quels gestes humains dans une utilisation quotidienne sont particulièrement appropriés en tant que point de départ pour cette autre question tout aussi essentielle est la suivante:. Non seulement une encyclopédie de gestes de robot est nécessaire, mais comme la première étape, une base de données numérique complète de gestes humains d’une utilisation quotidienne Ce peut être un point initial pour une construction de gestes adressée aux robots autonomes. »

Cliquez sur les images ci-dessous pour lancer la visionneuse.

Ouch, il va falloir ressortir vos manuels scolaires les amis : en plus du code de l’a route il va bientôt falloir apprendre à parler à notre bagnole. Quand je vois que je n’ai jamais réussi à faire fonctionner correctement les commandes vocales de la mienne, je me dis qu’on a encore un peu de boulot.

Des drones pour apprendre les bons gestes

Au quotidien, la communication avec les véhicules autonomes est encore un nouveau territoire. Mercedes-Benz s’est donc asssocié à Ars Electronica Futurelab pour créer un terrain d’expérimentation capable de tester différentes formes d’interaction entre les humains et les robots cinétiques en utilisant des prototypes. Dans ce cadre, trois « drones » quadricoptères interactifs répondent à nos ordres : nous avons pu les arrêter, les orienter dans une certaine direction et même les faire atterrir sur leur base en utilisant la commande gestuelle. Une première idée de ce que pourrait être la façon de transmettre des « ordres » à sa voiture, comme lui dire d’aller se garer toute seule en lui montrant du doigt une place de stationnement…

La voiture autonome n’est donc pas qu’une prouesse technologique : au-delà des questions évidentes de sécurité et de confiance que celle-ci va poser, se greffent d’autres problématiques sociales et de communication. Il se pourrait bien que l’automobile soit au tournant d’une évolution qui sera plus importante que toutes celles que nous avons connues au cours des dernières décennies. Une évolution au cœur de laquelle le nouveau moteur sera… le langage.

4 commentaires

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  2. Je pense que j’aurais du mal à faire confiance en une voiture complètement autonome. Si le système plante ou quoi que ce soit la voiture peut ne plus répondre ou pire faire complètement l’inverse de ce qu’on lui demande. Je pense que j’aurais bien besoin des années qui nous séparent de 2020 pour me faire « mentalement » à cette technologie !

  3. Non ce n’est pas le film qui est en avance sur son temps. C’est juste que notre pensée est créatrice ! Et oui nous des créations extra-ordinaire ! Alors évitez de penser et souhaiter n’importe quoi !
    Salut amis terriens !

Et si vous mettiez votre grain de sel ?