Drones, startups, French Tech et rosette : quand Lyon fait sa tournée américaine

Quel est le rapport entre Boston, New York, Montréal et Lyon ? Les gratte-ciels ? La bonne chère ? Les parcs urbains où l’on peut courir, ramer, se bécoter (sur les bancs publics) ou méditer ? Certes, certes, un peu. Mais pas que.

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L’autre point commun, c’est cette appétence pour tout ce qui touche au numérique et à ce que l’on appelle communément la high-tech. Et dans ce domaine, notre bonne ville de Lyon est plutôt du genre hyperactive, avec un écosystème foisonnant, plein de joyeuses startups qui déchirent, de nombreux atouts à faire valoir, et s’emploie à le faire savoir, y compris à l’extérieur de nos frontières.

Un roadshow nord-américain de Montréal à Washington

C’était justement l’un des objets du déplacement la semaine dernière d’une délégation du Grand Lyon sur la côte est des USA. Un roadshow qui a conduit cette petite task-force emmenée par le Sénateur-Maire de Lyon Gérard Collomb de Montréal à New York en passant par Boston.

L’idée ? Bien sûr, accroitre la notoriété de la ville auprès de différents publics cibles à l’étranger, dans le cadre d’une démarche entreprise de longue date avec l’Aderly et OnlyLyon. Avec, in fine, l’objectif d’attirer des entreprises, des scientifiques et des étudiants étrangers et d’inciter tout ce beau monde à s’installer, se développer, grandir et prospérer à Lyon. Et donc de nouer des partenariats. Mais aussi, et peut-être surtout, un voyage en forme d’étude comparative (j’aurais bien dit benchmark mais ça ferait un anglicisme de plus) sur les écosystèmes numériques dans les grandes métropoles nord-américaines, et sur la façon dont les organisations locales poussent et favorisent l’innovation.

Il s’agissait aussi pour la délégation lyonnaise de promouvoir Lyon auprès des entreprises américaines, en mettant notamment en exergue la position géographique de la ville « au centre de l’Europe » (un argument un peu bateau cependant, et même discutable car si on veut un peu chipoter, Lyon n’est pas vraiment au centre de l’Europe, et de toute façon j’entends ce slogan pratiquement partout où je vais dans l’Union, de Barcelone à Berlin). Mieux vaut mettre en avant les différents classements qui montrent que Lyon est une ville dans laquelle il fait bon vivre et travailler, et où il y a des universités de qualité et de grandes écoles telles que l’ENS, l’INSA, l’EM ou Centrale.

La première étape a conduit la petite équipe à Montréal, où le maire de la ville, Denis Coderre, a renouvelé son intérêt pour l’approche marketing du Grand Lyon et de la marque OnlyLyon. Je ne suis pas expert en marketing territorial et je n’ai pas observé ce qui se fait dans d’autres villes ou régions, mais – tout esprit de clocher mis à part – j’ai l’impression que le travail accompli par les équipes d’OnlyLyon est juste remarquable, et je suis fier d’être membre de la communauté de ambassadeurs de cet organisme. Voilà, c’est dit, jetez-moi des pierres maintenant si vous n’êtes pas lyonnais, je les mérite.

Lyon French Tech

Le deuxième stop s’est fait à Boston, une ville pour le coup très « européenne » jusqu’à ses quartiers traversés par de petites rues même pas rectilignes qui évoquent davantage Londres qu’une mégalopole américaine. Une ville à taille humaine, présentant finalement quelques similarités avec Lyon. Selon Karine Dognin-Sauze, Vice-présidente du Grand Lyon en charge de l’innovation et des nouvelles technologies, la délégation a été très marquée par sa visite du MassChallenge, un gigantesque incubateur de startups de réputation mondiale installé à Boston, avec lequel une lettre d’intention a été signée, en vue d’un partenariat rapproché entre les deux cités, et peut-être même l’installation d’une antenne du MassChallenge à Lyon. Dommage cependant que cet accord ne soit pas mentionné sur le blog de ce dernier, ni même la visite de la délégation lyonnaise. De ce point de vue, il reste encore un peu de travail à faire en termes d’influence et de notoriété.

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Ne pas se tromper de quenelle, merci.

Alors, c’est comment la vie à New York pour une startup française ?

J’ai personnellement rejoint la délégation à New York, ce qui m’a permis de rencontrer quelques français (mais pas lyonnais) installés sur place, avec qui nous avons échangé sur la vie de startuper outre-atlantique, ses avantages, ses pièges et aussi ses difficultés. Car évidemment, tout n’est pas rose ici, même pour un entrepreneur : les loyers sont exorbitants, rien n’est gratuit, tout est cher, et pour couronner le tout, contrairement à une idée reçue, en tout cas en ce qui concerne la ville de New York, la fiscalité n’est pas si avantageuse, et elle peut être même plus importante qu’en France. C’est en tout cas l’avis de Frédéric Montagnon, co-fondateur, entre autres, d’Overblog, revendu récemment, et de Nomao, un entrepreneur français installé à New York depuis 2013 pour développer ses nouvelles activités. Oui, le new-yorkais se fait à peu près essorer comme le parisien entre taxes locales, impôts et charges diverses. Qui l’eut cru ?

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Karine Dognin-Sauze et Gérard Collomb (bientôt maire de New York ?)

Mais bien sûr, en contrepartie, être implanté sur place permet de bénéficier de l’incroyable énergie qui anime la ville et sa région, de profiter des structures de type incubateur ou accélérateur pour prendre pied et ouvrir un bureau sur place, et surtout d’avoir un accès plus « facile » au fonds de capital-risque et autres business angels américains, ce qui est pratiquement impossible si l’on reste en France, même avec une très belle startup à forte croissance.

Selon Gilles Meiers, de Sparklabs, un incubateur spécialisé dans l’accompagnement de startups européennes qui souhaitent s’implanter aux US, si l’on a créé sa startup en France et que l’on souhaite se développer aux USA, le schéma est le suivant : prendre un bureau dans un incubateur (chez Sparklabs c’est 550 dollars/mois pour la location d’un « desk » comprenant tous les services habituels d’un espace de travail partagé), lancer les démarches administratives pour ouvrir sa filiale américaine, puis si la traction est là et qu’une levée de fonds se profile, faire un « flip », c’est-à-dire transformer la filiale US en maison-mère et la maison-mère française en filiale (et éviter d’en parler à Arnaud Montebourg). Il faut en effet savoir qu’un VC américain n’acceptera jamais d’investir des capitaux dans une boite qui n’est pas américaine, même si c’est le nouveau Facebook et Google réunis. Un scénario que confirme Alban Denoyel, co-fondateur et CEO de Sketchfab (dont nous avions parlé ici), installé depuis quelques années à New York, et qui emploie aujourd’hui dix-huit personnes. Des sociétés comme Sparklabs ou encore FrenchFounders fournissent toutes les aides et conseils sur le plan administratif, fiscal, législatif, juridique et logistique pour aider les frenchies et européens à conquérir l’Amérique et à trouver quelques poignées de bons dollars bien frais pour faire exploser leur business.

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Mâchon lyonnais en rooftop, les new-yorkais aussi savent vivre

Lyon en lice pour la French Tech

Je ne pourrai pas terminer ce billet sans vous parler de la candidature de Lyon pour devenir l’une des métropoles sélectionnées pour la French Tech, pour ceux qui n’en n’auraient pas entendu parler, la French Tech est une initiative visant à rassembler sous un seul label tous les acteurs de l’ écosystème de startups français : entrepreneurs, investisseurs, ingénieurs, designers, développeurs, étudiants, associations, blogueurs, medias, opérateurs publics, etc. Lancée fin 2013 par Fleur Pellerin, alors ministre de l’Economie Numérique, la French Tech se veut sélective afin d’accueillir en son sein les meilleures compétences issues des villes les plus représentatives de l’écosystème numérique. De par sa taille et ses infrastructures, la ville de Lyon est évidemment une candidate naturelle et légitime à ce label, mais rien n’est encore joué. C’est pourquoi le maire Gérard Collomb est particulièrement concerné et actif sur ce dossier, et qu’il n’a de cesse de mobiliser ses troupes, avec l’aide de Karine Dognin-Sauze, une Vice-présidente très geek à ses heures.

Les atouts de la candidature lyonnaise ? Allez, en tant qu’ambassadeur, je mets ma légendaire neutralité de de côté (haha) et je vous vends le truc, repris dans l’argumentaire officiel, mais qui me va très bien :

  • Un poids économique avéré : 2e pôle numérique français (7000 entreprises, 42000 emplois)
  • Des success stories d’ampleur nationale et internationale (et vous n’avez encore rien vu, attendez que Dronestagram ait conquis le monde…) 🙂
  • Une tradition de fonctionnement en réseau : pôle de compétitivité et clusters, associations, événements fédérateurs et salons de référence 7000 entreprises, dont 300 à fort potentiel de croissance
  • 42 000 emplois
  • + 3 M€ de levées de fonds uniquement en amorçage en 2012
  • 15 entreprises ont levé +1M€ sur les 3 dernières années
  • +450 Signataires du manifeste ‘Lyon Hub Numérique’
  • 600 événements numériques par an (et bientôt 601 avec une édition lyonnaise de notre J-1 ?)
  • 5 accélérateurs à startups
  • 8 incubateurs, Coworking Grand Lyon soit 7 espaces de coworking répartis dans l’agglomération, 3 pôles de compétitivité et 3 clusters à forte composante numérique, 2 fablabs, 1 Living lab
  • 600 formations universitaires numériques recensées à l’échelle régionale

Ce à quoi j’ajouterais volontiers le futur Grand Stade (Stade des Lumières ?), qui sera selon ses concepteurs le plus high-tech et connecté d’Europe, avec près de 300 écrans à l’intérieur de l’enceinte, affichant les messages des supporters en direct sur Facebook et Twitter, 500 bornes WiFi qui devraient permettre 25.000 connexions simultanées, un dispositif de multidiffusion qui permettra au public présent sur place de suivre les actions ou de revivre un but au ralenti sous d’autres angles de vue. Sont prévus également un dispositif de commande-livraison de sandwichs à la place via smartphone, et un système de guidage personnalisé du parking à la place dans les tribunes via son smartphone également.

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Si avec tout cela je ne vous ai pas convaincus que Lyon est THE place to be pour le numérique en France, je retourne à mes drones. Ah, d’ailleurs puisque nous parlons de drones, et que vous commenciez à vous demander pourquoi ils figurent dans le titre de cet article, montez le son, ouvrez grands les yeux et regardez plutôt la nouvelle vidéo de promotion de Lyon destinée à l’international, et dévoilée justement jeudi dernier à New York, elle a été tournée avec un drone (non ce n’est pas moi). Planant, non ?

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