Facebook vient de faire une entrée des plus remarquées au Nasdaq avec la levée de 16 milliards de dollars. Mais, la société doit déjà faire face à des poursuites judiciaires aux Etats-Unis sur fond de violation de la vie privée des utilisateurs. Les plaignants réclament 15 milliards de dollars.

A peine entrée au Nasdaq, la société de Mark Zuckerberg a à nouveau maille à partir avec des utilisateurs qui se sont regroupés pour porter plainte. Hier, l’introduction en bourse du site de réseautage social lui a permis de lever 16 milliards de dollars et la société est valorisée à 104 milliards de dollars.

Vie privée Facebook Presse Citron1 Facebook encourt une amende de 15 milliards de dollars

Une class action de class actions

Mais le 17 mai 2012, une plainte collective (class action) a été déposée devant la cour fédérale de San José en Californie. Elle regroupe 21 plaintes similaires déposées aux Etats-Unis entre 2011 et 2012. Elles ont toutes en commun de reprocher à Facebook de continuer à suivre les activités des utilisateurs sur le net même lorsqu’ils se sont déconnectés de Facebook. Si les plaintes concernent les citoyens américains, les avocats des plaignants cherchent à faire entrer les utilisateurs étrangers dans la plainte collective.

Pourquoi 15 milliards de dollars ?

Pour le calcul de la somme réclamée à Facebook, les avocats s’appuient sur l’US Wiretap Act, loi américaine portant sur l’écoute électronique aux Etats-Unis. Elle interdit tout type d’écoute sauf dans certains cas particuliers mais prévoit alors un dédommagement à celui qui est écouté. Selon les avocats, il s’agirait de « 100 dollars par infraction et par jour, et jusqu’à 10,000 dollars par utilisateur de Facebook. » 800 millions d’inscrits sont pris en compte (alors que Facebook précise dans le document S-1 rempli avant l’introduction en bourse qu’ils sont 901 millions) dont 150 millions d’américains (ils seraient en fait 157 millions). Si la plainte prend uniquement en compte ces derniers, le compte est bon (150E6*100 dollars=15 milliards de dollars). On passerait à 90.1 milliards en considérant les 901 millions d’utilisateurs. La plainte procède même à un autre calcul qui porterait, cette fois, à 1000 milliards !

Haro sur les cookies

Ce sont les cookies qui sont au centre des attentions. Lorsqu’il ne s’agit pas de gâteaux mais de fichiers, ils n’ont effectivement rien de savoureux. Dit autrement, dans la plainte par exemple, deux types de cookies sont mis en place par Facebook. Les session cookies sont créés lorsque vous vous loguez à FB. Ils contiennent notamment votre identifiant FB et ils devraient être effacés lorsque vous vous déconnectez du réseau social. Enfin, il y a les tracking cookies, appelés également cookies persistants. L’un en particulier nommé ‘datr‘ enregistre chaque requête effectuée à facebook.com : lorsque vous allez sur le site Facebook mais aussi lorsque vous allez sur n’importe quel site qui contient des icônes « j’aime » et sans même que vous ne cliquiez dessus. Les données sont alors reliées à votre profil Facebook. Les cookies officient même lorsque vous prenez soin de vous déconnectez de FB ; et c’est bien là où le bât blesse.

Réaction de FB

Andrew Noyes, un porte-parole de Facebook a envoyé un e-mail dans lequel il précise que les plaintes sont sans fondement et que la compagnie les contestera. FB a beau jeu de nier effectivement mais dans le même temps, elle a reconnu implicitement à plusieurs reprises que de telles pratiques existaient. Dans certains cas, elle parle de bugs concernant les cookies et utilise parfois le terme d’inadvertance pour qualifier ces pratiques. Enfin, le réseau social a déjà déclaré que le suivi était effectué pour des raisons de sécurité, se contredisant pour le coup !

La fronde autrichienne

Hier, ironiquement, Facebook a proposé une nouvelle politique relative à la vie privée des utilisateurs. Les propositions sont soumises aux commentaires des membre de FB. L’une d’entre elles énonce que si 7000 personnes ou plus commentent une proposition de modification de la politique, la proposition en question sera alors soumise aux 901 millions de membres sous forme de vote. Il faut alors que 30% au moins de la base totale d’utilisateurs votent pour ou contre pour que la proposition s’applique ou non. Un véritable levier dans lequel des utilisateurs se sont donc déjà engouffrés et notamment un groupe d’activistes autrichiens dénommé “europe-v-facebook.org”.

L’histoire de Facebook est jalonnée d’incidents liés à la vie privée des utilisateurs qui est vue différemment suivant les pays. En Allemagne, c’est la reconnaissance faciale (les fameux tags des photos) qui irrite. L’affaire est en cours d’instruction et pourrait également se traduire par des amendes substantielles.