Facebook Moments est disponible en Europe mais sans la reconnaissance de visages

On se souvient tous du lancement en juin 2015 de l’application Moments de Facebook. L’application de photos du réseau social avait créé une vive polémique, l’application débarque enfin en Europe.

Moments arrive en Europe

La polémique autour de l’application photo Moments lancée l’été dernier résidait dans l’intégration d’un algorithme de reconnaissance de visages destiné à trouver des photos facilement. Une fonctionnalité bien pratique pour retrouver toutes les photos qui ont été prises lors d’une soirée par exemple, sans avoir à chercher sur tous les profils de ses amis.

Moments arrive en Europe sans fonction de reconnaissance de visages

Malheureusement les européens n’en profiteront pas, car non seulement Moments ne débarque que maintenant dans nos contrées, mais en plus cette version est épurée de la fonction de reconnaissances de visages. Il ne sera donc pas possible de regrouper toutes les photos relatives à un évènement en particulier via cet algorithme, ce qui était pourtant tout l’intérêt de Moments.

La raison de ce choix ne vient pas de Facebook, mais de la commission européenne qui estimait que le fonctionnement de Moments était contraire aux lois en vigueur concernant la vie privée des internautes. Ce grand retard pour parvenir jusqu’au vieux continent s’explique probablement par les mots de Richard Allan, directeur des affaires européennes chez Facebook qui avait déclaré il y a quelques mois, après la décision de la commission européenne : « les coûts pour Facebook seront plus importants et les gens en Europe observeront que les nouvelles fonctionnalités mettent plus de temps à être déployées, ou n’arriveront pas du tout ».

Une façon de montrer à l’Europe qu’elle serait la grande perdante à systématiquement engager des bras de fer dès qu’une nouveauté est mise sur le marché.

Les pays de l’Union européenne profitent dorénavant de l’application Moments, mais seulement avec un algorithme de reconnaissance d’objets, afin de tout de même pouvoir transférer un cliché en temps réel en fonction de ce critère. Il s’agit d’une façon de contourner le problème, car les utilisateurs pourront nommer un visage manuellement (en donnant un nom à « l’objet », qui sera en réalité une personne), il suffira que les utilisateurs concernés autorisent le tag pour le partage de fichier et le tour sera joué. Encore une fois, beaucoup de bruit pour rien et des mois d’attente pour pas grand chose, puisque la finalité est la même, mais de façon détournée…

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4 commentaires

  1. Désolé si ca fait de la peine à l’auteur de ne pas avoir la dernière nouveauté Facebook, mais le ton de l’article est affligeant. Faut quand même réfléchir deux secondes à ce que tu peux faire en utilisant la possibilité de retrouver quelqu’un par son visage. Merci l’Europe de nous protéger un minimum.

    • Emmanuel Ghesquier
      Emmanuel Ghesquier on

      Cela ne me fait pas de peine au contraire cela enrichira le débat, mais l’Europe a pris l’habitude de se battre contre des courants d’air, il est illusoire de croire que dans l’informatique il est possible de bloquer très longtemps une « avancée », il y a aura toujours qu’un pour trouver une astuce… et je préfère réfléchir deux secondes à toutes les choses positives que l’on peut faire avec une technologie, plutôt que les choses négatives que certains pourraient éventuellement en faire.

  2. Tout à fait d’accord avec Marc, je n’approuve pas du tout le parti pris de cet article.
    1. Ce n’est pas se battre contre des courants d’air mais contre notre intimité (privacy)
    2. Je suis bien content de vivre dans un pays où l’on protège nos droits et où n’importe quels produits des big tech corporation n’est pas accueilli à bras ouvert sans questionner les atteintes à la vie privée.
    3. Je ne pense pas que l’Europe sera la grande perdante mais l’unique continent qui n’a pas baissé lâché l’affaire pour la protection de nos donnes et des consommateurs. Il y a juste a travailler dans un start-up tech qui fait du big data pour se rendre à quel point c’est effrayant toutes les données qui sont stockées sur les internautes / utilisateurs.
    Il y a 10 ans on trouvait cela impensable que Gmail lise nos emails pour nos spammer de pubs ciblées maintenant personne ne s’en afflige et cela va de pire en pire en respect de la protection des données des utilisateurs.

    C’est très bien pour l’auteur qu’il ne porte plus aucune importance à la protection de sa vie prive mais tout le monde ne partage pas son point de vue.

    • Emmanuel Ghesquier
      Emmanuel Ghesquier on

      J’ai un profond respect pour la vie privée et je veille justement à préserver au mieux la mienne. En revanche et vous le dites à plusieurs reprises vous-même dans votre commentaire, la société entière a abandonné depuis des années le contrôle de ses données. On ne peut pas vouloir être sur Facebook et sur des dizaines de services concurrents simultanément et espérer que le terme « vie privée » ait encore un sens. Le simple fait de se connecter à internet ou d’avoir un smartphone dans sa poche, c’est déjà un une grande partie de l’abandon de sa vie privée. Faire mine de bloquer temporairement un service ne réglera pas le problème.

      Il n’y a aucun parti pris dans l’article, simplement une conscience que nager à contre courant ne sert jamais très longtemps.

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