Rendons à Kevin Rose ce qui appartient à Kevin Rose : si ma mémoire est bonne, c’est Digg qui a inventé le bouton de vote tel que nous le connaissons aujourd’hui, et tel qu’il a fleuri sur des centaines de sites. Derrière ce simple bouton jaune désormais célèbre et incontournable, une vraie innovation, voire une révolution : le site d’informations collaboratives où ce sont les internautes qui poussent en une les news qui leur paraissent les plus intéressantes.

btn like1 Facebook préparerait un bouton Like pour tout le web

Cette logique de comité de rédaction participatif a profondément imprégné le web (alors appelé « 2.0 »), marquant les prémices de l’étape suivante : le web social. C’est peut-être d’ailleurs là aussi que Digg s’est arrêté (ou a échoué ?) : si les fonctions de partage du site star des années 2006-2008 étaient bien présentes dès le départ, elles n’ont jamais été réellement convaincantes. Etait-ce vraiment sa vocation après tout ?

Mais l’idée était là, et c’est Facebook qui pourrait bien la reprendre à son compte et à sa façon : selon TechCrunch, le premier réseau social mondial préparerait la mise à disposition de son bouton « Like » (« J’aime » en français) pour tous les sites web, avec probablement derrière des fonctions d’agrégation et de classement qui risqueraient bien de marcher sérieusement sur les platebandes d’un Delicious ou d’un Digg justement (même si ce dernier prépare aussi une nouvelle version, plus sociale).

Cela étant, avant de s’exciter sur cette nouvelle fonction, encore faudrait-il savoir de quoi il retourne exactement, car de prime abord je ne vois pas vraiment de différence avec le bouton « Share » (« Partager sur Facebook ») déjà disponible et installable sur n’importe-quel blog (et qui fera son apparition dans la prochaine version de Presse-citron), qui est déjà en soi un indicateur de ce que l’on apprécie. Mais on peut faire confiance à Facebook pour créer une fonction qui aura probablement des implications qui selon eux « iront bien au-delà du bouton Share », en espérant juste que celles-ci ne constituent pas une étape supplémentaire vers une appropriation encore plus importante du web (pour ne pas parler de « privatisation » comme certains le font peut-être un peu hâtivement) à son seul profit.

Côté contenus, il serait intéressant  de voir comment ce type de fonctionnalités, associées à l’omnipotence de services comme Google, Facebook, et dans une moindre mesure Twitter et Digg, font évoluer l’écriture chez les éditeurs : on a commencé à écrire pour Google avec le SEO en tête (optimisation pour les moteurs de recherche), puis on a écrit pour les agrégateurs et les sites de news sociaux (Digg). Ensuite est venu le temps du microblogging où il est de bon ton de faire court (et encore plus court pour être re-tweeté). Allons-nous maintenant écrire pour Facebook en formatant nos contenus pour qu’ils aient davantage de chance de susciter un clic sur « J’aime » ?

D’ailleurs, au passage, à quand un bouton officiel « J’aime pas » chez Facebook, sans avoir à installer une extension ?