En moins de dix ans, Internet a bousculé d’une manière que l’on ne pouvait imaginer les zones d’influences entre la TV, Internet et DVD.

En moins de dix ans, Internet a bousculé d’une manière que l’on ne pouvait imaginer les zones d’influences entre la TV, Internet et DVD. Le paysage médiatique et les habitudes de consommation ont encore de nombreuses similarités avec ce que l’on pouvait connaître à la fin du siècle dernier, mais porte en son sein, tous les ingrédients permettant de légitiment penser, que nous sommes déjà entrain de vivre un changement radical.

Freeculture 1024x768 Free Culture Film : une révolution en marche

Une révolution numérique déferle aujourd’hui autour des écrans. Les chaines de télévision classique (broadcasting) jouent toujours les premiers rôles que cela soit dans les ménages européens ou américains, mais l’évolution de l’équipement toujours plus connectée, le haut-débit et bientôt du très haut débit avec la fibre devenu presque la norme sur tout le territoire  français a favorisé le développement de médias plus riches et compétitifs y compris des outils de diffusion qui n’existaient pas il y a seulement dix ans. Les écrans sont désormais partout au centre de nos usages, l’essor extraordinaire des Smartphones et des tablettes, du wifi, du streaming et du déjà très répandu «  cloud computing », nous vivons où que nous  soyons et comme nous le voulons, de nouvelles expériences informatives, éducatives et de divertissement

Conséquence funeste pour l’industrie culturelle ?

Pendant longtemps, les professionnels de l’audiovisuel ont regardé de loin Internet, n’y voyant pas une piste envisageable de développement et même un danger. Conscient qu’internet s’est construit sur le mythe de la gratuité et de l’immédiateté, ils acceptaient l’incompatibilité avec le fait qu’un film ait besoin d’argent pour exister et que sa diffusion s’appuie sur une temporalité particulière (la fameuse chronologie des médias).  Mais ils ne peuvent rester plus longtemps à l’écart de cette vague de changement dans les habitudes de consommation du public, s’ils ne veulent pas perdre leur public.

Les lignes se brouillent entre nos vies « off » et « online » et autant internet fait partie de notre quotidien et nous fait vivre en immersion dans les médias et l’échange d’information, autant sur fond de surabondance de contenus disponibles, il est pour les industries culturelles, une machine à détruire de la valeur et des modèles économiques. Face aux nouvelles habitudes de consommation, l’industrie audiovisuelle rencontre des problèmes similaires à ceux recensés dans la musique : une concurrence croissante des contenus et le piratage.

En avril 2011, 38 millions de français ont regardé en moyenne 131 vidéos en ligne

C’est une remise en cause totale du modèle sur lequel s’est bâti l’industrie cinématographique. La règle de la « nouvelle économie » est simple, tout ce qui est numérisable devient transportable et duplicable à l’infini et sa valeur économique tend inexorablement vers zéro. La question que l’on se pose est comment a réagie devant ce cataclysme l’industrie cinématographique ? Malheureusement aussi mal, que l’industrie musicale, qui s’est adressé aux pouvoirs publics pour légiférer et criminaliser le téléchargement. Au lieu de considérer comme un défi, l’opportunité de se renouveler, de susciter à nouveau l’appétit du cinéma, ils préfèrent y voir un combat perdu d’avance en voyant les consommateurs de cinéma comme des voleurs et des pilleurs. Alors que la question centrale devrait être comment donner envie à nouveau d’acheter, de faire cet effort d’aller dans une salle de cinéma, le débat tourne aujourd’hui de savoir comment empêcher les internautes de voir leurs œuvres et d’y prendre plaisir. Certes le peer to peer bouscule les fondements même de l’économie du cinéma, en remettant en cause toute la chronologie des médias, en répondant à l’appétit du tout tout de suite. Mais pour autant faut-il se protéger des spectateurs ?

Les contenus doivent aller où est le public

Toute une génération de cinéastes préfère voir dans cette crise, l’occasion de prendre son destin en main, de s’affirmer, et de faire le cinéma qu’il souhaite faire et de le voir comme ils ont l’habitude de le voir. Dans cette démarche « indie » caractéristique, ils n’ont pas peur d’innover, de prendre des risques et de se responsabiliser, ils ont conscience que c’est à eux d’explorer de nouvelles pistes, de s’éloigner du modèle industriel sclérosé, pour s’affirmer et trouver leur propre modèle économique afin de libérer leur créativité.

Leur mot d’ordre :

« Tout le monde veut tourner. Et, grâce au numérique, tout le monde peut tourner. Vite. Tout de suite. On n’a pas d’argent, mais on a des choses à dire. A montrer. A partager. Et ce, sans perdre de temps à monter des dossiers pour obtenir des financements ou des aides. »

Dans cette nouvelle génération, citons notamment Nicolas Alcalà de Riot Cinema collective, Vincent Moon ou encore les suédois d’Iron Sky.

Et vous vous le voyez comment l’avenir du cinéma ?