Free vs. Google : l’explosion programmée du modèle internet ?

Plus qu’une mesure destinée à améliorer le confort de lecture des internautes, le blocage des pubs est avant tout une bataille supplémentaire dans la guerre qui oppose Free à Google. Explications.

Article rédigé par Gautier Veltri, qui a découvert l’informatique avec les minitels et les modems crissants pour se connecter au 56K, et suit depuis l’actualité d’internet et des nouvelles technologies.

Comme vous l’avez déjà certainement lu ici, Free a fait parler de lui en bloquant les publicités pendant quelques jours sur les machines d’une partie de ses abonnés. Essayons de décrypter la situation et d’aller un peu plus loin que les déclarations des uns et des autres.

Pourquoi Free a-t-il bloqué les publicités ?

Plus qu’une mesure destinée à améliorer le confort de lecture des internautes, le blocage des pubs est avant tout une bataille supplémentaire dans la guerre qui oppose Free à Google. Cette guerre a pour origine le débit d’information grandissant sur internet. Forcément, lorsque le débit augmente, il faut augmenter les tuyaux, ce qui coûte de l’argent. Pourquoi alors bloquer les publicités ? Google est un groupe qui comprend à la fois l’un des sites qui consomme le plus de bande passante (10% du trafic internet mondial pour YouTube en 2012) et qui génère la plus grosse partie de ses revenus grâce à la publicité sur internet (90% du marché de la publicité lié à la recherche dans le monde, 60% à 70% du marché français). Selon certains experts, l’usage de YouTube impacterait à hauteur de 20% des coûts réseaux de Free. Ce blocage est un moyen qui permet de faire pression sur Google, qui perdrait selon Aurel BCG 1 million d’euro par jour dans ce cas de figure.

war Free vs. Google : l’explosion programmée du modèle internet ?

Ce n’est pas la première fois que Free titille Google. L’opérateur français a d’ailleurs déjà réduit le débit des vidéos YouTube, ce qui rend illisible tout visionnage en soirée. Le problème a été à moitié résolu après les complaintes des utilisateurs qui trouvaient exaspérant de se retrouver « pris en otage » par le fournisseur. Free bottait en touche en se dédouanant de sa responsabilité : selon Xavier Niel, Google n’investit pas assez dans ses infrastructures pour que le débit chez Free soit suffisant. Argument qui serait recevable si… les débits avait été les même chez les concurrents, qui arrivent avec le même prix d’abonnement à mettre en place des installations permettant de regarder convenablement les vidéos de YouTube.

On notera au passage que les concurrents ne profitent pas pour l’instant de la polémique : Free va au combat, et ils seront tout autant gagnants s’il revient vainqueur. Orange a déjà obtenu un paiement de la part de Google pour l’interconnexion, mais selon le fondateur d’OVH il ne devrait pas être plus de 5 million d’euros par an, autant dire une misère en comparaison de son chiffre d’affaire. Les opérateurs se préparent surtout à l’arrivée de la GoogleTV, qui toujours selon Octave Kabla, PDG d’OVH, nécessitera peut-être 1 à 4 Mbps par utilisateur, soit 1 à 3 euros par abonné en coût de bande passante.

Pourquoi cette discorde ?

Réduisons le problème le plus simplement possible. Google est un fournisseur de contenu. Free est un fournisseur de tuyaux. Google nous fournit du contenu gratuitement, et nous payons pour qu’il puisse arriver chez nous grâce aux tuyaux. Alors pourquoi dans ce cas-là, l’entreprise qui doit nous fournir le tuyau ne serait-elle pas en charge d’améliorer les infrastructures pour qu’elle puisse assumer son rôle ? Free apparait ici comme le méchant garçon.

En vérité l’histoire est un peu plus compliquée que ça : Google affiche des revenus insolents, et la neutralité du net telle qu’elle existe actuellement lui permet de se développer à une vitesse grand V, impactant directement le trafic mondial. Nous nous retrouvons alors au cœur d’une bataille de jalousie sur les règles qui font que le net est le net : les opérateurs internet qui étaient jusqu’à présent les douaniers d’une frontière totalement libre, laissaient les données de Google aller et venir sans passer par la case taxe. Mais l’augmentation de la qualité des vidéos, les ambitions de Google dans le domaine de la WebTV, et la perpétuelle augmentation de ses bénéfices font des jaloux, et les fournisseurs de tuyaux montrent leurs muscles pour prouver qu’ils ont un pouvoir d’impact sur ce flux d’argent que représentent les données.

Reste à savoir si Free a les reins assez solides, et on peut se demander si la ministre Fleur Pellerin, intervenue dans le dossier sur le simple problème de la coupure des publicités, a conscience du bouleversement qui est en train de s’opérer. Google a lui aussi des ressources pour faire peur aux fournisseurs internet, pouvant bloquer certains services pour certains opérateurs ou encore créer lui-même son propre réseau comme il l’a déjà fait à Kansas city. Qui va gagner ? Nul ne peut le dire, mais on peut avancer l’hypothèse que les choses pourraient empirer pour Free si Google contre-attaque.

Le géant américain a les épaules pour largement résister à Free, mais est ancré dans son dilemme de ne pas devenir le diable. Il est très fortement improbable que Google plie face à Free : imaginez l’impact que cela aurait autour du monde sur les investissements qu’il aurait à faire pour tous les opérateurs. Free quant à lui pourrait se voir obligé d’augmenter ses tarifs, ce qui serait totalement contradictoire avec l’image low cost qu’il souhaite préserver. A court terme, on pourrait très certainement voir arriver de nouveau une guéguerre de ralentissements et de blocages de services, mais rien qui permette de trouver une solution viable.

La suite se promet d’être très intéressante : qui finira par dominer l’organisation du flux d’internet ? On peut facilement imaginer que ce soit Google, car son poids et son influence sont autrement plus importants que ceux de Free. Le FAI français n’aura alors pas d’autre choix que de faire grossir les tuyaux. A ses frais…

45 commentaires

  1. CROIX

    Très bel article ! Ça change des articles qui n’essayent pas de voir plus loin que le simple blocage de pubs

  2. Je pense qu’il s’agit surtout d’un coup de pub de la part de Free, même si effectivement il y a pas mal d’incohérences dans tout ça…

  3. « L’opérateur français a d’ailleurs déjà réduit le débit des vidéos YouTube » : hum… source ? Il me semble qu’il n’a plutôt pas augmenté le tuyau (ce qui est déjà bien problématique), mais de là à dire qu’il a sciemment réduit la BP juste pour faire chier le monde et mettre la pression, c’est une accusation relativement grave, non ?

  4. Si c’est la guerre, tous aux abris ! Quittons free jusqu’à l’armistice car c avant tout le client qui est toujours l’otage de ce genre de gué guerre !

  5. que c’est super de prendre en otage à la fois les utilisateurs de youtube, mais aussi les entrepreneurs du net.
    Bravo.
    Et le remboursement des publicitées bloquées par free, c’est pour quand ?

  6. Free n’a plus qu’à redevenir le fai sans abonnement qu’il était à l’origine. Ou sinon, il forcera Google à devenir fai en France.

    Mais c’est vrai que ce serait plus profitable de demander une marge arrière à Google inc.

  7. Google n’a pas beaucoup de moyen de pression contrairement à ce qui est dit. En effet :
    Google a besoin d’utilisateurs et Free représente (à vérifier) environ 30% du web français. Donc si Google décidait de bloquer l’accès à ces services cela ferait une vague de transfère de part de marché (proche de 30%) de Google vers ses concurrent que sont Bing pour la recherche, Outlook.com pour les mails, Nokia Map pour la cartographie etc… Pourquoi ? Parce qu’il est plus facile et moins onéreux de changer de moteur de recherche que de FAI tout simplement (c’est une règle économique)… Free est en position de force ici !

  8. P. Goudange on

    A l’occasion de cet incident, d’aucuns ont brandi le beau concept de neutralité du net qui aurait été bafoué par le vilain Free. Sauf que Google, comme tous les autres géants du net, bafouent ce droit à tire larigot! Un dernier exemple est tombé hier avec, cette fois, Google dans le rôle du coupable : http://bit.ly/13dZYGv
    Mon propos n’est pas de défendre Free, pas plus que de jeter la pierre à Google. Je dis simplement que chacun de ces mastodontes tire la couverture à soi dans le cadre de combats économiques qui nous dépassent.
    Attention toutefois à nos réactions de professionnels du net : lorsque Google bloque l’accès à Map, tout le monde s’en tape, ça passe après la rubrique des chiens écrasés. Là, la neutralité du net bafouée, tout le monde s’en tape! Par contre, quand ça touche au portefeuille des éditeurs, alors là c’est la révolution, et on parle de causes nobles (la fameuse neutralité du net) au prétexte de défendre des intérêts économiques.
    Je ne nie pas l’importance de ces intérêts économiques qui sont légitimes et qu’il faut défendre. Mais si on souhaite que notre combat soit entendu, nous nous devons de défendre une neutralité du net qui ne soit pas à géométrie variable! Cela fait plus crédible…
    Pour conclure: pourquoi prétendre que Google est quoi qu’il arrive le plus beau et le plus fort, et qu’il triomphera? En défendant indirectement Google, les éditeurs se trompent de combat! Souvenez-vous de Panda! Les positions monopolistiques, ça se retournera toujours contre nos intérêts! Et il n’y a pas que Google dans la vie : d’autres régies existent dans notre pays! Or, précisément, la manip de Free visait à bloquer uniquement Google!
    Enfin, je ne vois pas en quoi le petit Free ne ferait pas plier Google : si ce blocage fait perdre 5 millions d’euros/jour en revenu pub à Google tandis qu’il coûte 1 million d’euros/jour en bande passante à Free, Google est suffisamment pragmatique pour mettre la main au portefeuille. En plus, Orange a déjà trouvé un arrangement de ce type avec Google. Pourquoi les autres opérateurs ne recevraient pas de compensations financières eux aussi? Selon vous, il n’y a que les plus gros qui doivent survivre, et les gros s’arrangent entre gros? C’est ça la fameuse égalité et la neutralité du net, que les gros survivent et que les petits crèvent pas des moyens déloyaux et des traitements différenciés? Non franchement, je ne souscris pas à ce type de raisonnement…

  9. @françois: otage, tu le serais aussi chez Orange ou SFR. Avant Free sur l’internet, j’étais otage de de l’immobilisme général des FAI existants, sans innovations. De même avec les offres mobiles exorbitantes. J’étais otage d’un système corrompu par 3 opérateurs historiques aux tarifs élevés et entendus entre eux.

  10. J’aimerais bien une source sur les revenus insolent de Google via Youtube, car il est la le problème non ?

    Sinon vous n’évoquez pas le refus systématique de Free de recevoir sur son réseau les équipements de Google pour faire relaie du trafic Youtube. Ou du modèle du « tout illimité » de Free qui a fait son succès mais qui un jour connait évidemment un revers à la médaille …

  11. Bonjour,

    Il y a plusieurs enseignements à retirer de cet évênement:
    - Google fait sa loi et le monde paraît bien impuissant face à lui.
    - Xavier NIEL voudrait lui-même faire sa loi, mais il fait en réalité plus de mal que de bien et il risque bien de finir par se brûler les ailes.
    - une fois de plus, ce sont les internautes et les entrepreneurs du net qui trinquent
    - notre gouvernement et surtout la ministre en charge du dossier prouvent une fois de plus leur totale incompétence et ne savent même pas de quoi il est question, c’est grave, non?
    - Xaviel NIEL ferait mieux de foutre le bordel auprès de notre cher (pas au sens affectif) président.
    Pour conclure, cela a fait beaucoup de bruit, a nuit a beaucoup de petits, Free ne s’en sortira pas plus fort (au contraire) et tout ça pour … rien!
    Alors bravo monsieur l’agitateur qui brasse beaucoup de vent et nous emmerde tous!

  12. @Valentin : Sauf qu’ici ont parle de Google la société et pas de Google le moteur de recherche. Et plus precisement du service de video Youtube.

    Si google décide de couper youtube aux abonné Free… Certe les gens trouverai un contournement rapidement mais sur le long terme… Google peut se permetre de perdre 30% du web français (a verifier) sachat que ces 30% risque de fondre rapidement pour Free qui ne poura pas se le permettre.

    L’envie c’est moche…

  13. gautierv

    @TheGuit Attention je ne parle pas des revenus sur Youtube, mais des revenus de Google en général, sur lesquels les informations sont facilement trouvables sur le net.

    @Valentin Dans le cas d’une guerre ouverte entre les deux acteurs, je pense que Google sera nettement en position de force. Si on prend une moyenne des statistiques qu’on peut trouver sur internet, Google est utilisé par 85% des internautes dans le monde, soit environ 1,7 milliard de personnes. 30% des internautes français représenterait seulement entre 15 et 18 million, soit .. 1% de la base utilisateur. L’impact sera autrement plus grand du côté de Free si les services Google sont coupés: je n’imagine pas un instant payer un fournisseur internet sans Gmail, iGoogle, Google+, Analytics, Google research, maps, etc..

  14. Robert

    « Sinon vous n’évoquez pas le refus systématique de Free de recevoir sur son réseau les équipements de Google pour faire relaie du trafic Youtube »

    Pouvez vous nous mettre la source ? Merci

  15. Robert
    Frodon de Cornillon on

    Sympa et intéressant comme article !
    Il faudrait le transmettre a Fleur Pellerin … :D

  16. Etant chez Free + Free mobile je me sens comme un pigeon, mais un gros pigeon!

    Déjà je suis à 90% du temps sur le réseau Orange (sur Paris..) je suis sous Androïd j’utilise donc les services Google (Google Play, Map, search, Chrome etc.), la 3G ? C’est une blague soit j’utilise le wifi soit j’ai pas internet ! Et si je rentre dans un lieu un peu trop sous-terrain ma connexion est perdue..

    Alors maintenant (et depuis un petit moment) même quand je suis sur mon pc fixe je galère à afficher mes vidéos youtube (je charge en 240p et je mets pause quelques minutes avant de lancer la vidéo..) c’est sincèrement du foutage de gueule !

    Comment en quelques mois perdre des clients free + free mobile (et j’embarque ma famille avec moi..)

  17. Donc dans le même esprit, et compte tenu de son importance en terme de trafic, Free avait aussi bloqué les accès pour Megaupload, non ? à moins bien sur que leur image aurait été plus qu’écornée en tapant sur Megaupload… et puis y’avait pas de fric à récupérer. Tiens je pensais que leur pb, c’était de financer les tuyaux. Certes MU n’était pas un hébergeur, mais les visionnages tournaient autour de 5% du trafic mondial si mes souvenirs sont bons. Mais il vaut mieux taper sur les petits éditeurs qui gagnent trois clopinettes avec leurs sites.

    Enfin je résume… Free fait payer un forfait x euros… et ensuite ils se plaignent parce qu’à ce prix là, ce n’est pas rentable. Dans le même état d’esprit, je m’appelle Autoroutes du Sud de la France, je fais payer x euros à mes utilisateurs, mais vu que c’est trop bas pour payer les infrastructures, j’exige de Renault (qui est la plus grosse marque en France) de me financer mes autoroutes et pour faire pression, j’interdis à tous les utilisateurs de Renault de rouler sur mes autoroutes pour faire plier Renault. Quel courage de taper sur le petit artisan avec son véhicule utilitaire….

    J’avais entendu dire qu’il était de gauche…. ca a bien changé… tapez sur le petit artisan pour toucher du fric du gros, qui se dépêchera de récupérer cette perte sur le petit :)

  18. @Sébastien: c’est justement le comportement typique d’un personnage appartenant à la gauche caviar, adepte du faites ce que je dis, mais pas ce que je fais!

  19. Quelque part, tous les éditeurs de site ont envie de voir la fin de l’hégémonie de Google. Entre les pingouins, les pandas, les suppressions abusives de compte adsense et j’en passe, un vrai contrepoids à GG serait le bienvenu. Free veut vraiment « embêter » GG? Qu’ils lancent une régie pub, qu’ils s’associent avec d’autres pour créer un moteur, qu’ils proposent des services concurrents. Couper uniquement la pub comme ce qui a été fait, c’est juste prendre le risque de perdre des clients si google bloque l’accès à ses services aux freenautes et c’est à coup sûr se mettre les éditeurs de site (ceux qui ont fait son succès) à dos!

  20. L’article ne pousse pas la réflexion assez loin.
    le problème est beaucoup plus complexe. Actuellement l’abonné paie son fournisseur Internet pour que ses petits paquets puisse vaquer ça et là sur les routes de l’informations. Le fournisseur sous-traite l’accès à des plus grand circuits routiers, notamment pour traverser l’Atlantique.
    On va dire qu’il va louer 3 voies sur cette grande autoroute transatlantique qui coûte cher.
    Sauf que YoutubeWorld étant exclusivement sur le territoire américain, et Google ne voulant pas que Free créé un Youtubeland en France, on ne retrouve avec des bouchons pire qu’au mois de juillet sur l’Autoroute du sud. Il faudrait donc que Free loue plus de voie à son fournisseur transatlantique.
    Mais dans ce cas, quid des autres spots de vacances que son Vimeo, Dailymotion… Pourquoi Free devrait privilégier Youtube parce que tout le monde y va ? Dans ce cas, il ne serait plus neutre…
    La seule solution pour Google, s’ils veulent absolument avoir la main sur Youtube, est de créér un YoutubeWorld en Europe, de telle manière à ce que nos FAI puisse le desservir sur leur infrastructure.
    Ce que refuse Google, sûrement pour des questions d’optimisations fiscales

  21. Dire que Free fournit les tuyaux est un peu réducteur. Tous les FAIs offrent un accès internet mais ils le packagent avec de la téléphonie et du contenu (jeux, télé, …) afin d’améliorer l’image de leur offre mais surtout leurs marges. Le constat est le même pour les opérateurs mobiles.

    J’ai bien l’impression que l’entretien des tuyaux évolue au rythme des injonctions des organismes de régulation comme l’Arcep et des abus révélé par les associations de consommateurs plus que par la volonté d’offrir aux clients les meilleures infrastructures possibles (ce pour quoi ils paient à la base). De là à penser que les FAIs investissent plus sur les services à fortes valeurs ajoutées, il n’y a qu’un pas.
    Or, dans ce domaine, les FAIs empiètent sur les plates-bandes des producteurs média. Avec certains, nationaux, ils ont trouvé des accords de diffusion, avec d’autres c’est plus difficile. Et c’est la guerre.

    Si on pousse le raisonnement jusqu’au bout, le risque de cette stratégie est que demain sur un abonnement Free on n’ait plus tout internet avec des services Free en plus mais qu’on n’ait plus QUE l’accès a des services Free. Je dis Free mais ne vous leurrez pas pas c’est la stratégie que tous les opérateurs veulent suivre. Une telle stratégie conduirait peu ou prou à la mort de Google en tant que fournisseur de contenu (je ne suis pas sûr que ça soit là qu’ils fassent leurs revenus insolents)ou des fournisseurs de média comme Netflix ou autres. Et ça je ne pense pas que ça soit dans le business plan de Google et par extension à la mort d’internet tel que nous le connaissons.
    Et ça me fait un peu mal car comme beaucoup je passe plus de temps sur internet que sur ma télé. Ça ne me semble pas plus mal et c’est un tendance que les FAIs ne peuvent ignorer. J’entend que ça continue et que ça ne devienne pas « passer du temps sur l’internet de tel ou tel FAI ».

  22. @Winael: l’argument fiscal ne tient absolument pas pour deux raisons:
    - Google étant une société Américaine, elle paye forcément une part d’impôts aux Etats-Unis, même sur ces implantations extérieures
    - l’imposition est bien plus clémente en Irlande (qui fait partie de l’Europe) qu’aux USA.

  23. gautierv

    @Winael Merci pour cet ajout d’information, effectivement il serait intéressant de creuser dans ce sens également. Pourriez-vous partager avec nous vos sources ?

  24. « impacterait », « impactant »…
    Par pitié, cessez de parsemer vos si bons articles de ces odieux anglicismes!

  25. Guillaume L.

    Article très bien écrit merci.
    Je ne regrette pas de ne plus être chez free. C’est bien de taper dans la fourmilière de la concurrence et de tirer les prix vers le bas, mais s’ils ne peuvent pas assumer leur modèle et proposer un service de qualité je ne vois pas l’intérêt. Prendre les abonnés et les éditeurs web en otage c’est d’une bassesse…

  26. Perso j’ai quité free a cause des vidéo de youtube que je ne pouvais pas voir, je suis maitenant chez OVH et tous passe bien, comme quoi le tarif ne vas pas forcement nuire sur la qualité des tuyau mis en place par le FAI.
    Google gagne de l’argent avec youtube et il utilise visiblement beaucoup de bande passante mondial il serais donc logique qu’il aide les FAI et indirectement les utilisateurs qui utilise youtube.

  27. Très bon article!
    Comme @LiriX, j’ai l’impression d’être pris pour un pigeon avec ce genre de comportement (et le réseau free mobile pas assez développé à plein d’endroits)
    De tout façon maintenant Free et Google savent qu’on ne reste pas une journée sans aller sur internet, ils nous tiennent par les c****es…on est addicts

  28. La blogosphère et les médias classiques qui ont une présence web forte et qui tirent leurs revenus presque uniquement de la publicité sont forcément contre l’action de Free de bloquer leurs belles publicités et se feront l’écho de ce tyran qui est Xavier Niel. Malheureusement, l’utilisateur moyen n’en a rien à faire que Free bloque les publicités. En revanche, l’utilisateur n’aime pas qu’on bloque ses vidéos YouTube et finira par quitter Free s’il s’en rend compte (pas que ses vidéos favorites sont lentes mais que Free le fait sciemment). Aussi, la triste réalité est là : si la blogosphère et les médias récusent Free et son blocage des publicités, ça n’intéressera personne sinon eux-mêmes. Si j’étais éditeur, bloggeur, ou je ne sais quoi, je ferais la une non pas sur cet épiphénomène (si si, c’en est un) mais sur le bridage de YouTube par Free. Je toucherais Free là où ça fait mal, c’est-à-dire au portefeuille. Et contrairement à ce qui est écrit, Google pourrait très bien finir par payer. C’est un problème français et ça demande une réponse locale. Google a bien payé les éditeurs de journaux belges et ne paient toujours pas les éditeurs français. Et aux USA, le problème est moins important car le triple play coûte $120 / mois et non 37 EUR comme en France, de quoi mieux financer des investissements. Il faut bien que quelqu’un paie et vu la ridicule somme d’impôts versée à l’Etat français par Google l’année dernière par d’ingénieux systèmes financiers, je crois que la cible est tout à fait désignée.

  29. @jean je confirme pour le bridage de free, avant j’étais chez orange les vidéos passaient sans soucis en hd 720p même aux heures de pointe, maintenant c’est une horreure, un peu moins depuis la plainte à son encontre, mais j’ai l’impression ces derniers jours que c’est reparti sur le bridage. D’ailleurs, sur vimeo je regarde quotidiennement le « staff sélection » en d’hier, aucun probleme à déplorer…

  30. Même si Free a fait marche arrière, le fournisseur d’accès nous a donné un avant goût de ce qui nous attend. Il est de plus en plus probable que d’autres alternatives vont prendre le relais de la publicité web classique.

    Rets à savoir si l’éditeur s’y retrouvera…

  31. Free est censé fournir des tuyaux adaptés et, avec le développement du web (via Google ou d’autres sites), il sera obligé d’investir régulièrement dans ses infrastructures.
    Que cette société assume le métier qu’elle a choisi et la guerre des prix qu’elle a instauré sans réfléchir aux investissements structurels ! Même si je reconnais qu’il y a eu de l’abus de la part des autres opérateurs…

    De plus, pas de chance pour elle : les services Google sont utilisés (et appréciés) par plus de 90 % des internautes français. Free passe donc forcément pour le méchant sur ce coup.
    Lutter contre le monopole de Google : OK mais avec les bonnes armes !

  32. Pour le coup Free n’a pas utilisé la bonne méthode, parce qu’il veut montrer à Google qu’il peut bloquer des pubs. Ok, ça dure 3 jours, et pas certain qu’il y ait eu un impact énorme. Par contre, si Google décide de répliquer à Free et coupe l’accès à ses services, ça va faire très mal à Free.
    Tous les utilisateurs de Free vont se plaindre, et comme disait Eric, 90% des français utilisent et apprécient ces services.

    C’est bien de vouloir montrer les muscles, mais il faut aussi le faire de manière intelligente.

  33. « Pourquoi Free a-t-il bloqué les publicités ? »
    Peut être pour faire du buzz tout simplement? ou pas…Le début d’une cyber négociation la ou est l’argent du côté de Google ya de quoi faire.

  34. « Forcément, lorsque le débit augmente, il faut augmenter les tuyaux, ce qui coûte de l’argent. »

    Faux car le coût du megabit de donnée n’a cessé de baisser au fur et à mesure des avancées technologiques. Par exemple, en douze ans, un même cable comme SEA-ME-WE 3 a vu sa capacité multipliée par 12. Bref, partir sur un coût stable au cours du temps est aussi faux que dire qu’un disque dur d’un To aujourd’hui coûte le prix de 1000 disques dur d’1Go il y a 15 ans.

    « selon Xavier Niel, Google n’investit pas assez dans ses infrastructures pour que le débit chez Free soit suffisant. »
    C’est également faux: GOOGLE APPORTE DEJA GRATUITEMENT SON PROPRE TRAFIC JUSQUE PARIS, où les FAI n’ont plus qu’à s’interconnecter s’ils le veulent. La vraie bataille c’est que Free voudrait taxer google et s’en servir pour que ça finance les infrastructures de Free lui-même, pas le peering.

    « l’histoire est un peu plus compliquée que ça : Google affiche des revenus insolents »
    Cet argument ne tient pas: si je vends de la peinture rouge, dois-je vendre la même peinture plus cher à Ferrari sous prétexte qu’ils font plus de marge ? Non.

    « les fournisseurs de tuyaux montrent leurs muscles pour prouver qu’ils ont un pouvoir d’impact sur ce flux d’argent que représentent les données. »
    Ca a une nom: le chantage par pouvoir de nuisance. rien de mieux qu’une mafia qui irait voir un commerçant pour le faire payer sans quoi on le menacerait de détruire son outil de travail.

    « Free quant à lui pourrait se voir obligé d’augmenter ses tarifs »
    Ou juste accepter de voir ses marges augmenter un peu moins rapidement qu’actuellement.

    Un dernier point à ne pas négliger: Free profite déjà indirectement des services que propose Google car il participe activement à l’attractivité de l’accès internet auprès du grand public. Si des services comme Google, Youtube, etc… n’existaient pas, combien de clients de Free qui raquent 30€ ou 40€ par mois et qui vont dans les caisses de Free n’auraient jamais pris d’abonnement au net ? dit autrement, si Free vend des abonnements à 5 millions de personnes tous les mois, c’est AUSSI parce qu’existe sur le net des Google, Facebook, services de VOD, etc…

  35. @brazomyna super commentaire !

    Et ça fait plaisir de voir enfin qq réagir sur ce point : « l’histoire est un peu plus compliquée que ça : Google affiche des revenus insolents »
    Cet argument ne tient pas: si je vends de la peinture rouge, dois-je vendre la même peinture plus cher à Ferrari sous prétexte qu’ils font plus de marge ? Non.

  36. @gautierv : juste pour préciser que Google et ses milliards d’utilisateurs en dehors de France on s’en fou, c’est en France que ca se passe. Je ne parle pas de tuer Google mais juste de la perte de parts de marché en France que cela pourrait représenté pour lui sur un marché développé. Google a beau être utilisé par 85% des internautes il n’est pas leader en Chine avec 20% pays duquel il a du se retirer pour mieux revenir (il faut regarder les précédents). Bref Google pourrait souffrir (en France pas au niveau mondial) d’un différent avec Free. Free pourrait très bien décider de promouvoir des services concurrents à Google ou essayer de vendre/développer ses propres services… Avec 30% de part de marché en France on est pas un petit acteur.

  37. gautierv

    @Valentin Bien entendu, l’impact est quand même considérable en France. Mais dans un rapport de force, celui qui a le plus de ressources est bien souvent le gagnant.

    @brazomyna Merci pour votre commentaire, si vous lisez bien l’article vous verrez qu’il vous rejoint sur une grande partie des points.

  38. @gautierv, je n’ai pas dit le contraire ;-)

    Seulement certains points méritaient d’être précisé amha, notamment concernant le peering qui est possible pour les FAIs français en se raccordant depuis Paris, ce qui va à l’encontre de l’idée que Google ne financerait pas en partie les infras pour acheminer le trafic. Une paille.
    On pourrait également expliquer que Google investit régulièrement dans les infras au niveau mondial pour maintenir l’offre en matière de tuyaux, histoire justement d’éviter un déséquilibre ofrre/demande qui ferait flamber les prix faute d’investissements suffisants des opérateurs de peering ces dernières années. Seconde paille.

    Mais bref, entre le précédent article à propos de la pub comme système économique et celui-ci, je pense qu’on commence à avoir un vrai tour d’horizon du contexte. Merci aux auteurs.

    Je pense qu’il resterait également à préciser à quel point ce modèle n’est pas seulement une histoire de sous entre Google et Free, mais bel et bien un danger pour le modèle du net dans son enxemble (avec la neutralité comme fondement), et à quel point c’est vital pour son développement et son avenir. Il ne faut pas oublier en effet que si le net est ce qu’il est aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à ce modèle unique qui a su s’abstraire de la dépendance des fournisseurs de contenus envers les fournisseurs d’accès, et qui a permis de voir émerger l’écosystème qu’on lui connait aujourd’hui.

    En France, il y avait un autre modèle en concurrence avec le net à l’époque. C’était le minitel. Pas besoin de raconter l’histoire à nouveau pour comprendre en quoi le modèle actuel du net est fondamental et doit être défendu.

    A titre de rappel, une étude entre 2011 montrait que juste en France, internet c’était 3,2% du PIB, 700 000 emplois créés depuis 15 ans. Du petit emploi crée par un freelance qui vit de son blog jusqu’aux grosse boites qui génèrent des millions de CA.

    Combien d’emplois perdus si on commence à opter pour un internet à péage pour tel ou tel contenu, tout ça pour augmenter artificiellement les marges déjà plus que confortables de FAIs qui sont bien loin de mettre la clef sous la porte (Free n’a-t-il pas pu financer un réseau mobile à grands coups de milliards payés par les abonnés ADSL) ?

  39. Free est complètement dans le tort. Ses abonnés devraient les poursuivre pour rupture de contrat voire pour fraude. La neutralité du net est fondamentale, j’espère que beaucoup d’abonnés quitteront Fe
    La réponse de Google au laxisme des FAIs s’appelle Google Fiber. Vivement le jour où ça débarque en France.

Lire les articles précédents :
Le gestionnaire de tâches Todoist Premium à moitié prix pendant deux jours !

Todoist est comme son nom l’indique un service permettant de gérer des tâches ou choses à faire d’une manière simple...

Fermer