Grosse surprise à l’occasion du dernier concours Eurovision de la daube chansonnette : il paraîtrait que ce soit une groupe de hard-rock (norvégien ? finlandais ? serbo-croate ?) qui ait remporté la palme.
Cette nouvelle aurait de quoi ravir n’importe-quel hardos digne de ce nom ne serait-ce que par l’énormité du décalage entre la vénérable institution et disons le style des garçons et de leur musique bruyante.
Aurait.
Parce-qu’en réalité, il y a bien longtemps que le hard-rock n’effraie plus personne, depuis qu’il est devenu à son tour cette sorte de mélasse institutionnelle et respectable qui passe en boucle même sur les FM les plus bcbg, le bien nommé hard FM, donc.
Le déclin a commencé il y a déjà quelques années, avec les infâmes Scorpions (le seul groupe de hard au monde qui ne soit connu que pour ses balades poisseuses), relayés rapidement par Bon Jovi est consorts. Du hard propre sur lui scandé par des garçons-coiffeurs, un oeil sur le manche de leur Gibson, un autre sur le nombre de zéros de leur compte en banque, et le troisième (?) sur la mise en plis (en cours de dégarnissage).
Même Michaël Bolton a fait du hard FM dans sa jeunesse, et je parle pas de cette pouffe de Shakira, plus rock que moi tu meurs.
Brèfle, j’en étais là de mes réflexions (c’est la première fois que l’Eurovision me fait réfléchir), quand je me suis quand même décidé à écouter le fameux morceau en question, m’attendant à un truc à peu près aussi rock’n'roll que le dernier Patrick Bruel.
Et là, gasp, j’ai failli ravaler toute ma collection de Motorhead : c’est pas mal du tout ! Un brin FM bien sûr, mais ma parole ça envoie bien la purée quand même !
Bon, cela dit, je pense que la vraie révolution arrivera vraiment quand ce sera un groupe de gangsta rap ou un Daft Punk qui s’imposera dans ce genre de concours.
Allez, on se tait et on écoute maintenant.