[MWC] Huawei met le cap sur la 5G

Il y a comme un air de 5G qui plane dans l’air du Mobile World Congress de Barcelone cette année. Même si sa commercialisation n’est pas attendue avant 2020, elle est sur toutes les lèvres et fait beaucoup parler. Une occasion idéale de discuter « cloudification » avec le géant chinois de l’électronique Huawei.

Sous le soleil de Barcelone, Huawei affiche une mine radieuse. Leurs derniers smartphone P10 et P10+ ont été bien accueillis par la presse, son concurrent sud-coréen Samsung n’a pas fait d’annonce majeure et connaît un nouveau couac avec la mise en examen de son patron tandis qu’Apple comme à son habitude boude l’événement et n’a pas fait le déplacement.

Qu’est-ce qui fait la singularité de Huawei ?

Ce qui fait la singularité du géant Chinois, c’est sa position sur l’ensemble de la chaîne de la valeur de la technologie de l’information. Il est tout à la fois équipementier de réseaux, constructeur de mobiles et fournisseur de solutions de cloud (Orange lui fait confiance) ce qui fait de lui le dernier constructeur à s’adresser à tout type de clientèle : grand public, entreprise et opérateur.
En avril prochain le groupe communiquera sur les résultats de son chiffre d’affaires, et si rien n’est encore officiel, ils sont bons, très bons même. Mais ce qui passionne et monopolise l’attention chez les professionnels de la firme chinoise, c’est le cap vers la 5G et la « cloudification » du réseau télécom. Un plan d’investissement de 600 millions d’euros a été initié par le groupe dans le cadre de sa politique d’innovation, l’objectif étant d’être leader sur le créneau de la 5G.

Heu… la 5G, pour quoi faire ?

Petit retour en arrière pour ceux qui auraient raté quelques étapes clés des télécommunications. G comme génération. 2G celle de type voix (GSM années 90), 3G celle de la visiophonie, 4G celle du haut débit internet mobile. Comme chaque génération (censée durer 20 ans) évolue plus vite que prévu, on commence déjà à vouloir faire de l’internet des objets sur les réseaux 4G d’aujourd’hui (smartwatch). Ce n’est pas un hasard si le dernier téléphone P10 de Huawei est équipé 4.5G, symbole d’une transition vers la 5G.

La 5G permettra de télécharger un film en moins d’une seconde

Quid de la 5G ? Un débit encore plus grand (10Gb par seconde, contre 100 Mb/s pour la 4G ou comment obtenir un film de 700Mb en une seconde sur son téléphone), un temps de latence en baisse avec un réseau plus réactif (indispensable pour éviter les accidents entre voitures autonomes) mais surtout la gestion de milliards d’objets connectés grâce à la capacité du réseau à absorber des grosses quantités de données. Car la 5G sera la première génération de réseau réellement conçue pour les objets connectés. Cette révolution implique une nouvelle architecture, de nouvelles stations de bases et de nouvelles fréquences radio.

Notons cependant que l’Internet des Objets n’a pas attendu la 5G pour se développer et que le déploiement d’un réseau plus rapide n’a pas pour seul cible les objets connectés. Le français Sigfox a par exemple fondé son succès fulgurant sur le développement d’un réseau bas-débit fondé sur une technologie radio économe en énergie et en bande passante. Idem pour le protocole LoRa, utilisé entre autres par Orange, qui permet de déployer un réseau destiné aux objets connectés qui ne nécessitent que très peu de bande passante. Enfin, Nokia a également annoncé son méta-réseau Nokia Wing lors de cette édition 2017 du Mobile World Congress.

Pour Philippe Perrin, Directeur général adjoint France de Huawei que nous avons rencontré à Barcelone, « les réseaux de télécoms tels qu’ils ont été construits aujourd’hui évoluent vers une virtualisation et une « cloudification ». C’est un peu comme de la cuisine, on va séparer le hard du soft des fonctionnalités et on va virtualiser. Prenez des machines par-dessus lesquelles vous mettez un certain nombre d’applications et c’est ainsi que l’on construit un réseau de façon cloudifié. Ce sera pensé de cette façon-là. C’est la seule façon d’adresser les contraintes des réseaux du futur. »

Cela signifie que demain, un seul et même réseau devra assurer des usages et des services aux contraintes très différentes les unes des autres. La voiture connectée nécessitera de la rapidité, la santé publique un fonctionnement permanent et sans faille (chéri je crois que j’ai perdu la connexion avec mon Pacemaker) tandis que des services grand public type vidéo nécessiteront un gros tuyau pour que le fonctionnement d’une TV 4K soit optimal, sans coupures et pixellisation. Et tant pis pour nos amis Marseillais qui ne pourront pas compter sur ce genre de bug lors de futurs classico 🙂

L’enjeu pour les opérateurs : valoriser et monétiser

Sans surprise, beaucoup d’opérateurs européens accélèrent donc sur la 5G comme Orange, Vodafone, Deutsch Telekom, Telefonica. De quoi rappeler que l’Europe est une place forte des télécoms. L’enjeu pour les opérateurs sera de proposer des services de qualité qu’ils puissent valoriser et monétiser (pour cela on leur fait confiance). Car une chose est sûre : cela leur coûtera très cher d’acquérir des licences car la 5G requiert beaucoup de spectre radio. Or, le spectre est une ressource rare que les gouvernements monnaient régulièrement à travers des enchères. Et ce qui est rare est cher. Les régulateurs de tous les grands pays (ARCEP, OFCOM, Commission européenne…) préparent donc activement ce grand marché des « licences 5G » qui permettront d’ici 2020 aux opérateurs de commercialiser leurs nouveaux services. Maintenant, il reste à définir le prix de ces licences, qui sera fonction du retour sur investissement espéré par les opérateurs (nouveaux abonnements, nouveaux services avec les objets connectés…).

L’heure est à la standardisation

Dans les prochains mois, tous les acteurs se réuniront autour de la table pour s’accorder sur l’ensemble des points visant à faire fonctionner les produits et la technologie sur tous les continents monde entier. Le mois de mars sera dédié à la finalisation de la 4,5G, et 2018 verra se terminer les « release » du 3GPP, l’organe de standardisation international, chargé de définir les normes de la 5G. Tous les pays et leurs industriels dialoguent à travers des cycles de discussions, des négociations où chacun apporte sur la table une proposition technologique. Reste à transiger d’un commun accord entre industriels, afin de permettre l’émergence d’un margé global et interopérable (tous les industriels ont intérêt à lever les obstacles technologiques qui pourraient être dressés pour accéder à un marché. Mieux vaut donc anticiper). Une fois ce délai passé, les premiers déploiements commerciaux commenceront, et la priorité sera à celui qui sera prêt sur la ligne départ de cette nouvelle génération télécom.

Objectif live test 5G en place pour la coupe du monde en Russie !

Si les deux années à venir seront consacrées à la standardisation de cette technologie. Huawei s’est fixé comme objectif de mettre en place un live test 5G grand public pour la coupe du monde 2018 en Russie. Mais d’ici là nous aurons l’occasion de reparler 5G car l’aventure est aussi passionnante que le chemin semé d’obstacles.


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