En 2012, l’industrie du web semble, comme en 2008, épargnée par la morosité générale. Peut-être parce-que le Web a connu sa bulle avant les autres… Mais cela va-t-il durer éternellement ?

2012, l’année charnière où tout peut basculer. Les Mayas l’avaient prédit, mais également un rapport de l’ONU qui indique que “3,4 milliards de personnes peuvent potentiellement changer de président ou de dirigeant en 2012”. Une crise de l’endettement pour les pays industrialisés et une instabilité financière qui se traduit parfois par la frilosité des entreprises à y investir. Mais en 2012, l’industrie du web semble, comme en 2008, épargnée par la morosité générale. Peut-être parce-que le Web a connu sa bulle avant les autres…

bulles Innovation et bulles dans la Silicon Valley

L’instabilité des modèles économiques

La net-économie a déjà  connu l’éclatement de sa bulle en 2000, faisant disparaitre bon nombre de startups de l’époque (voir l’excellent documentaire Quand l’Internet Fait des Bulles).

Le risque demeure cependant toujours fort dans un secteur où les grands projets ont des modèles économiques peu rentables à court terme. Le modèle économique de nombreuses startups consiste à générer du trafic, dans un premier temps, puis à trouver un moyen de le monétiser dans un second temps. C’est d’ailleurs le leitmotiv de Mark Zuckerberg dans “The Social Network”, et cela représente un risque important pour les investisseurs.

Alors que Youtube et Deezer ne sont toujours pas bénéficiaires (je n’ai pas trouvé de sources dans ce sens, corrigez-moi si je me trompe), il aura fallu attendre 2009 pour que Twitter (2006), Dailymotion (2005) et Facebook (2004) se rentabilisent, soit 3 à 5 ans d’attente sans profit. Sans parler de chatroulette (fondé loin de la Silicon Valley, en Russie), qui a disparu aussi vite qu’il est apparu…

(note d’Eric : façon de parler. Chatroulette n’existe plus médiatiquement ni en termes de buzz, mais le site existe toujours, avec en option une offre payante « premium » qui permet plusieurs possibilités de filtres et personnalisation des profils et des contacts)

Les effets de bulles se recréent cependant à chaque nouvelle innovation majeure du secteur. C’est d’ailleurs son caractère fortement évolutif qui le rend instable, et profitable.

Quelle pourrait être la prochaine bulle à éclater ?

Voici une liste non-exhaustive, de bulles qui pourrait exploser en 2012 :

1. Groupon a déjà amorcé sa chute, une tendance que beaucoup voient s’accentuer en 2012

2. Les salaires des ingénieurs dans la Silicon Valley ont atteint des records en 2011, comme l’indiquait Marc Simoncini sur Twitter :

Avec le développement de pôles d’innovation alternatif dans les BRIC, des ingénieurs très qualifiés arrivent à des coûts ultra compétitifs, et pourraient venir concurrencer la Silicon Valley.

3. Les médias sociaux en première ligne.
Myspace est en léthargie, et beaucoup commencent à douter fortement de Facebook (c’est ce qui est ressorti de la conférence LeWeb’11). Selon Forrester, avec l’émergence de l’Internet des applications, les entreprises qui ne suivraient pas la tendance pourraient en payer le prix fort : « Cette bulle des media sociaux, start-up va éclater. Nous allons assister à l’émergence d’« un monde post-social » » (POSO).

2012 : Avènement de l’Internet des applications et la succession des bulles

En Mai 2011, Kevin Ryan, PDG de Motivity Marketing, déclarait lors du SMX Londres :

“Il y a 5 ans, le moindre entrepreneur qui savait épeler SEM (Search engine marketing) avait tous les investisseurs à ses pieds, maintenant c’est le SMO (social media optimization)”

Six mois plus tard, George Colony de Forrester, évoquait ses craintes sur un effet de bulle du SMO, qui pourrait se dégonfler pour laisser place à l’essor  des applications.

La courbe du hype cycle

Cette succession de bulles d’innovations, dont font régulièrement les frais de nombreuses start-ups rappelle la courbe du Hype Cycle par le Gartner group. A chaque nouvelle phase de son évolution, l’industrie du net s’affole d’abord, s’écroule, puis se stabilise.
hypecyclegartnercritique Innovation et bulles dans la Silicon ValleyCrédit photo : Internetactu

Une courbe de la “frénésie économique” qui subsiste dans Sillicon Valley, un bassin économique ou perdure le rêve américain dans un pays en perte de vitesse, où Marc Zuckerberg fait perdurer le mythe du self-made man et où Apple est plus riche que le gouvernement fédéral.

Sources :