Internet : y aura-t-il une bulle 2.0 ?

Voici maintenant quelques mois qu’on entend parler avec toujours plus d’insistance de l’explosion d’une bulle 2.0, une dizaine d’annĂ©es aprĂšs la fameuse bulle 1.0. Et ces jours-ci, l’extraordinaire succĂšs de l’introduction en bourse de LinkedIn a fait chauffer les moteurs une fois de plus. Alors permettez-moi de vous donner mon avis sur la question, qui

Voici maintenant quelques mois qu’on entend parler avec toujours plus d’insistance de l’explosion d’une bulle 2.0, une dizaine d’annĂ©es aprĂšs la fameuse bulle 1.0. Et ces jours-ci, l’extraordinaire succĂšs de l’introduction en bourse de LinkedIn a fait chauffer les moteurs une fois de plus.

Alors permettez-moi de vous donner mon avis sur la question, qui n’engage que moi, c’est clair.

D’abord la question « bulle ou pas bulle 2.0 » est loin d’ĂȘtre rĂ©cente : 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, et maintenant 2011 !

Donc comme vous le voyez, le sujet n’est pas nouveau, et bon an mal an, on a notre dose de bulles 2.0

Les boursiers de tout poil s’Ă©tonnent d’une telle valorisation de LinkedIn, du genre 2617 fois ses bĂ©nĂ©fices et 36 fois son chiffre d’affaires, en oubliant juste de prĂ©ciser qu’Internet n’a jamais fonctionnĂ© selon les critĂšres traditionnels. Ce qui a conduit Ă  la bulle 1.0, certes, mais comme le disaient dĂ©jĂ  certaines pointures du Web, c’est l’histoire du verre Ă  moitiĂ© plein ou Ă  moitiĂ© vide, tout dĂ©pend ce que l’on veut bien y voir.

Pierre Chappaz, 2006 :

Tout d’abord n’oublions pas que la premiĂšre “bulle Internet” a produit quelques unes des principales sociĂ©tĂ©s mondiales comme Yahoo, Google ou eBay, et qu’il y a eu beaucoup moins de casse financiĂšre qu’on l’a prĂ©tendu. Aujourd’hui nous sommes en train de vivre une seconde vague de crĂ©ation de services Internet dont les potentialiĂ©tĂ©s – grĂące Ă  la technologie et Ă  la maturitĂ© du media Internet- sont absolument considĂ©rables. Il est naturel que de nombreux entrepreneurs tentent leur chance, et que les financiers soient prĂȘts Ă  soutenir les meilleurs. Il y a de l’enthousiasme mais aussi du discernement: il n’y a donc pas de bulle 2.0.

Marc Simoncini, 2006 : « Je veux pas qu’on casse ça »…

Donc perso, vous l’aurez compris, je vois le verre Ă  moitiĂ© plein. Si l’on prend l’exemple de LinkedIn, dĂ©jĂ  plus de 100 millions d’inscrits et un modĂšle Ă©conomique en or, c’est peut-ĂȘtre aussi ce qui explique l’enthousiasme des investisseurs (ou des spĂ©culateurs, pour ceux qui voient le verre Ă  moitiĂ© vide…).

Car si bulle il y a, nous pourrons aussi en avoir une idĂ©e lorsque Viadeo et d’autres moins importants se lanceront dans l’aventure de l’introduction en bourse, vu qu’en gĂ©nĂ©ral, le marchĂ© ne s’intĂ©resse qu’aux first movers qui rĂ©ussissent. La cotation d’une sociĂ©tĂ© comme Viadeo donnerait un signal sur l’Ă©tat de la « bulle », car autant je vois la pĂ©rennitĂ© de LinkedIn, autant je reste perplexe face Ă  la « sĂ©rĂ©nitĂ© » de Viadeo qui se voit « complĂ©mentaire » de LinkedIn. Franchement, je vois pas trop en quoi, ni comment Viadeo peut rivaliser avec une sociĂ©tĂ© capable de se classer parmi les 14 premiers rĂ©seaux sociaux mondiaux ayant plus de 100 millions de membres (ce n’est pas rien !).

Mais lĂ  encore, la rĂ©ponse du marchĂ© serait une bonne indication… Prenons juste l’exemple de Facebook, qui ne devrait pas tarder Ă  franchir le cap des 700 millions de membres (!!!), si ce n’est dĂ©jĂ  fait. Pratiquement un dixiĂšme de l’humanitĂ© sur un seul site !

Qu’est-ce que ça signifie ? Pensez juste un instant en faisant un parallĂšle avec la tĂ©lĂ©vision ? Quel serait le prix d’une chaĂźne tĂ©lĂ©visĂ©e pouvant atteindre Ă  tout moment un dixiĂšme de l’humanitĂ© ? Incalculable, incommensurable… Juste pour vous donner une idĂ©e de la puissance de Facebook, mon blog qui fait moyennement entre 15 et 20 000 pages vues par mois, a enregistrĂ© un pic de 100 000 visites entre septembre et octobre 2010 ! Pourquoi ? Parce que Facebook avait mis en avant sur son site un lien vers mon billet parlant de … Facebook !

Donc bien qu’il faille certainement boucher quelques failles…, il n’empĂȘche qu’une telle croissance ne s’Ă©tait jamais vue jusqu’Ă  ce jour (pour rappel, tout juste 42 millions de membres en octobre 2007 !). Souvenez-vous quand MySpace Ă©tait devant Facebook ! Alors qu’aujourd’hui la planĂšte MySpace est en passe de devenir un trou noir.

MySpace payĂ©e si cher par Murdoch et jamais rentabilisĂ©e : est-ce une bulle, ou plus simplement le faux pas d’un entrepreneur ? Et je pourrais continuer comme ça pendant longtemps…

Donc faites-moi plaisir, oubliez cette bulle ! Il n’y a pas de bulle.


22 commentaires

  1. C’est marrant, quand j’ai vu dans les diffĂ©rentes news l’emballement pour LinkedIn j’ai immĂ©diatement pensĂ© Ă  ça aussi.
    je me susi dis, « tient, les mĂ©moires sont courte dans le monde du boursicotage »…

  2. le problĂšme est pris Ă  l’envers : plutĂŽt que de se demander si on peut constater la prĂ©sence d’une bulle, on ferait bien mieux de se demander qu’est ce qu’une bulle et de fait, quels sont ses indicateurs (genre, une dĂ©marche un tant soit peu scientifique, voire Ă©conomique, loin de l’incantation religieuse ou tout le monde donne son avis….).

    Donc : C’est quoi une bulle ? Quels sont les indicateurs de la prĂ©sence d’une bulle. Le reste, c’est Voici, Gala et Consorts.

  3. MichaĂȘl on

    Une action qui prend 105% sur une journĂ©e aprĂšs IPO, c’est quoi alors ? Une sous-Ă©valuation de la part des banques mandatĂ©es qui ont mal fait leur boulot ? C’est quand mĂȘme une sacrĂ©e forme d’incompĂ©tence, Ă  ce niveau-lĂ , non ?

    Vous ne voyez pas, dans la mise en scĂšne de cet IPO (Wall Street habillĂ© aux couleurs de LinkedIn, les boss qui viennent sonner la cloche), une façon de dire « les gars, on vous a concoctĂ© un coup, lĂ  y a du blĂ© Ă  se faire, et vous vendez rapidos parce que ça tient pas sur grand chose notre truc ». LinkedIn fait 3 millions de dollars de bĂ©nĂ©fice, et est cĂŽtĂ©e Ă  9 milliards de dollars. Allo ? Tout va bien ?

    Lisez ceci http://lexpansion.lexpress.fr/.....55831.html , surtout la fin : « [le site] avait indiquĂ© mardi s’attendre Ă  une perte en 2011 et Ă  une dĂ©cĂ©lĂ©ration de la croissance. ». Hum…

  4. Les liquiditĂ©s sont Ă©normes chez les fortunĂ©s et c’est aussi la peur de rater les sites phares des annĂ©es 2020 qui anime les investisseurs. Certains perdront mais ils espĂ©rent que des pertes seront compensĂ©s par la pĂ©pite trouvĂ©e. Internet est simplement totalement dans l’Ă©conomie…

  5. MichaĂȘl on

    J’ajouterai un lien vers cet article : http://seekingalpha.com/articl.....ernet-boom .
    « There is not really any free cash flow and 2010 net income was just $15 million, offering a P/E just a shade under 600x. Reed Hastings might be happy now since Netflix, Inc. (NFLX) looks like a screaming bargain with a tiny P/E around 70x. Apple Inc. (AAPL) trades at an embarrassingly low 16x. ».
    Mais, non, l’IPO de LinkedIn ne marque pas le retour d’une bulle…

  6. MichaĂȘl, je suis parfaitement d’accord avec l’auteur de l’article lorsqu’il dit  » However, I suspect attempting to divine a valuation for LinkedIn based on financial statements is a waste of time ». Et c’est justement cet aspect qui rend impossible de prendre la chose comme le suggĂšre Vincent: « on ferait bien mieux de se demander qu’est ce qu’une bulle et de fait, quels sont les indicateurs de la prĂ©sence d’une bulle ». Mais je crois que mĂȘme en cherchant bien on ne trouverait rien … parce que la rĂ©alitĂ© de la bulle est surtout psychologique ! Ça me rappelle un peu lorsque Google a rachetĂ© YouTube Ă  un prix qui semblait une Ă©normitĂ©, totalement injustifiĂ©. Et pourtant, non seulement au final ça n’a rien coĂ»tĂ© Ă  Google
    http://adscriptum.blogspot.com.....utube.html
    mais de plus, qui penserait aujourd’hui Ă  contester la lĂ©gitimitĂ© de Youtube et de son Ă©norme succĂšs sur Internet.
    Ce n’est pas pour rien que Viadeo a repoussĂ© de 2 ans son IPO, si elle a lieu un jour…

  7. MichaĂȘl on

    C’est effectivement une perte de temps (vouloir donner une valeur selon des critĂšres financiers) car ça ne fonctionne plus comme cela (= bulle), mais est-ce que cela veut dire que c’est normal ? Evidemment que non.
    La comparaison du rapprochement entre Google et YouTube n’a pas vraiment lieu d’ĂȘtre ici. Evidemment que certaines acquisitions sont stratĂ©giques, Ă  long terme, et Ă©videmment qu’une acquisition comme cela met du temps Ă  porter ses fruits. Ici on ne parle pas du tout de ça, on parle de la valeur d’une entreprise. Aujourd’hui, LinkedIn a Ă©tĂ© valorisĂ©e 600x son bĂ©nĂ©fice. A comparer avec les poids lourds comme Apple, ou petit poids lourd comme Netflix, comme dit dans l’article.
    Une capitalisation boursiĂšre est censĂ© prendre en compte la capacitĂ© d’une entreprise Ă  gĂ©nĂ©rer du cache Ă  court / moyen terme. Aujourd’hui, LinkedIn ne rapporte que 3 millions de dollars sur 250 gĂ©nĂ©rĂ©s (CA), vous ne trouvez pas cela ridicule, comme performance ? Quelle est la capacitĂ© de l’entreprise Ă  gĂ©nĂ©rer du cash Ă  moyen terme ? Le CEO a dit que 2011 serait marquĂ©e par une perte et que la croissance allait se ralentir (comme dit dans l’article que je citais dans mon premier message). A ce niveau-lĂ , comment valoriser une telle boite 9 milliards de dollars ? Qu’est-ce qui explique cela ? Ce n’est pas comme si LinkedIn rachetait Viadeo 3 milliards de dollars, on pourrait comprendre l’intĂ©rĂȘt pour eux, mais lĂ  on parle d’une IPO.
    Cet Ă©vĂ©nement, l’IPO, a Ă©tĂ© transformĂ© en moyen de s’en mettre plein les poches sur 2 journĂ©es, comme je le disais. Il n’y a qu’Ă  regarder comment l’action se casse la gueule depuis qu’elle a doublĂ© son prix…

  8. jm : la rĂ©alitĂ© de la bulle est psycho ? Quand elle a explosĂ©, il y a 10 ans, c’Ă©tait psychologique aussi ? J’aimerai l’avis d’analystes financiers web par exemple (j’en vois la semaine prochaine pour une levĂ©e de fonds, je vous raconterai…)

    je reste persuadĂ© qu’il y a une structure de bulle, avec des indicateurs : mais peut ĂȘtre que sa modĂ©lisation est difficile (je suis mathĂ©maticien, ingĂ©nieur et entrepreneur : pas analyste…)

  9. Bon, et bien vous me donnez du travail !

    1. Vincent, je ne suis ni mathĂ©maticien ni analyste, mais est-ce qu’on peut nier pour autant qu’il y a une forte composante psychologique dans toutes les histoires de bulles spĂ©culatives ? J’imagine qu’il existe pour le marchĂ© du boursier une plĂ©thore de modĂšles mathĂ©matiques avec des indicateurs Ă  n’en plus finir, et pourtant quand du jour au lendemain on assiste Ă  l’Ă©croulement des bourses du monde entier comme des chĂąteaux de sable, il me semble bien que l’aspect psychologique n’est pas le dernier Ă  prendre en compte, au contraire. L’irrationalitĂ© des marchĂ©s, qu’ils appellent ça…
    Enfin, ce que je veux dire par « il n’y a pas de bulle », c’est simplement qu’aujourd’hui, la situation n’est en rien comparable Ă  celle d’il y a dix ans. C’est ce que je crois, et c’est fondĂ© davantage – essentiellement – sur mon expĂ©rience du Web plutĂŽt que sur une analyse basĂ©e sur des indicateurs que j’ignore. ExpĂ©rience qui vaut ce qu’elle vaut, et je me trompe peut-ĂȘtre, mais faudrait quand mĂȘme attendre quelques mois, voire quelques annĂ©es, pour voir si Ă  la fin cette fameuse « bulle » explose ou pas. C’est quand mĂȘme symptomatique que l’explosion soit annoncĂ©e chaque annĂ©e, comme je l’ai indiquĂ© avec mes liens depuis 2006 !

    2. MichaĂȘl, je me trompe oĂč il y a une contradiction dans les termes ? « La comparaison du rapprochement entre Google et YouTube n’a pas vraiment lieu d’ĂȘtre ici. (…) Ici on ne parle pas du tout de ça, on parle de la valeur d’une entreprise. »

    Et moi je parle de quoi ? Il semble que tout le monde ait dĂ©jĂ  oubliĂ© (je sais que tout va trĂšs vite sur le Web, mais quand mĂȘme…) qu’avant que Google n’achĂšte YouTube la plupart des Ă©valuations ne donnaient pas un kopeck de l’entreprise ! Aucun modĂšle Ă©conomique, pas de recettes publicitaires, des coĂ»ts de serveur impressionnants, des menaces de procĂšs Ă  n’en plus finir, etc.

    Donc la question, c’est exactement ça : pourquoi Google a-t-il payĂ© autant ce trou noir dont personne ne voulait ? La rĂ©ponse, on la connaĂźt aujourd’hui, ça s’appelle anticipation. Et c’est exactement le mĂȘme raisonnement que les investisseurs qui placent aujourd’hui leur argent dans LinkedIn. L’avenir nous dira s’ils ont eu raison ou tort, mais appuyer son raisonnement sur le fait que l’action se casse la gueule le lendemain de la cotation, c’est quand mĂȘme un peu court comme horizon, non ? Reparlons-en l’annĂ©e prochaine Ă  la mĂȘme Ă©poque…

  10. Michaël on

    Jean-Marie je suis ravi de vous donner du travail, mais à mon avis certaines informations vous ont échappées. Je vais prendre quelques minutes pour vous expliquer.
    Il y a une partie psychologique, mais il y a aussi des chiffres qui parlent. Quand on voit que LinkedIn est valorisĂ©e 37 fois sont CA mais surtout prĂšs de 3000 fois son bĂ©nĂ©fice quasi inexistant, et surtout la boite Ă©tait dĂ©ficitaire l’annĂ©e derniĂšre et le CEO s’attend Ă  une baisse de la faible croissance et Ă  perdre de nouveau de l’argent en 2011. OĂč est donc la psychologie lĂ -dedans ? On vous parle de chiffres, lĂ , c’est du concret.
    Savez-vous comment un actionnaire / investisseur rĂ©flĂ©chit ? A court terme. Et lĂ  le CT, c’est de prendre des sous sur l’IPO. Quel actionnaire va vous dire « LinkedIn j’y crois beaucoup », au vu des chiffres que je viens de vous donner ? (ou redonner, puisque tout Ă©tait dans les liens des articles citĂ©s dans mes messages prĂ©cĂ©dents, mais vous semblez lire les messages en diagonale, je vais y revenir)
    Le fait que la crĂ©ation d’une bulle soit annoncĂ©e tous les ans ne veut pas dire que cette annĂ©e il n’y aura pas plus de bulle que l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Quel est le raisonnement ? La logique voudrait plutĂŽt que justement, au final, ceux qui annoncent une bulle aient un jour raison, Ă  force de l’annoncer… Et si c’Ă©tait cette annĂ©e ? Ou si, juste, l’IPO de LinkedIn sentait la bulle ?
    Pour rĂ©pondre Ă  votre question, il n’y a pas contradiction dans les termes, j’apporte une prĂ©cision : quand je parlais de « la valeur d’une entreprise », je parlais de « la valorisation boursiĂšre ». C’est ce dont on parle depuis le dĂ©but, de cet IPO. Et comme je disais Ă  la fin de mon message, que vous n’avez semble-t-il pas lu jusqu’au bout, on ne peut pas comparer une IPO avec le rachat stratĂ©gique d’une entreprise (YouTube) par une autre (‘Google). Je vous disais justement que c’Ă©tait comme si nous parlions du rachat de Viadeo par LinkedIn pour un montant astronomique. Ce sont deux choses diffĂ©rentes, on parle ici d’une IPO, pas d’un rachat par une autre entreprise.
    Pour ce qui est de regarder la capitalisation boursiĂšre de LinkedIn quelques jours aprĂšs l’IPO, c’est de la pure mauvaise foi que de nier que des investisseurs ont ici fait un coup, et que la valorisation Ă©tait totalement dĂ©corrĂ©lĂ©e de la valeur rĂ©elle de l’entreprise. Donc l’action se casse la gueule, et est revenue Ă  son prix d’ouverture (dĂ©jĂ  prĂšs de 2 fois plus Ă©levĂ© que le prix d’introduction, certes). Les investisseurs ont fait leur coup, et si dĂ©sormais l’action est valorisĂ©e selon les critĂšres sur lesquels s’appuient 365 jours par an les investisseurs (Ă  savoir CA + bĂ©nĂ©fice + potentiel, pour faire trĂšs court), l’action retombera sĂ»rement Ă  45 dollars. Et ce sera trĂšs bien.
    Mais on peut se donner RDV dans un an… ça ne changera pas grand chose Ă  la discussion, mais bon…

  11. MichaĂ«l, ça ne m’intĂ©resse pas trop de me faire entraĂźner sur un argument financier qui n’est pas le but de ce billet, qui ne parle pas en particulier de LinkedIn mais plus gĂ©nĂ©ralement d’une bulle qu’on nous annonce rĂ©guliĂšrement depuis au moins 2006.
    Si j’avais fait un article avec vos Ă©lĂ©ments je l’aurais pondu sur les Echos, sur Boursier.com ou ailleurs, mais probablement pas sur Presse-Citron.
    Je n’ai pas besoin qu’on cherche Ă  me convaincre ni Ă  m’expliquer que payer 3000 fois un bĂ©nĂ©fice quasi inexistant ce n’est pas psychologique…
    J’ai juste dit ce que je pensais, et que je continue de penser Ă  propos de cette « bulle 2.0 », et j’accepte parfaitement que plein de gens ne soient pas d’accord avec moi pour tout un tas de raisons.
    Mais c’est justement cette diversitĂ© des points de vue qui fait la richesse du rĂ©seau.

  12. MichaĂȘl on

    L’IPO de LinkedIn n’est pas le sujet du billet ? Pourtant, sans cet IPO, point de billet. Mais bon, soit, vous voulez mettre fin Ă  l’Ă©change, pourquoi pas.
    En tout cas, je note que Presse-citron semble faire du « journalisme » 1.0, de « papa », comme on pourrait le trouver sur Les Echos (que vous citez), Ă  savoir « je ponds un texte mais en discuter ça ne m’intĂ©resse pas, et que vous soyez d’accord ou non c’est pareil pour moi ». J’attendais, en me trompant apparemment, d’un blog comme Presse-citron d’avoir justement la possibilitĂ© d’Ă©changer avec les rĂ©dacteurs, mais cela ne semble pas ĂȘtre le cas, tant pis, tout ceci n’est pas bien grave, je tacherai Ă  l’avenir de garder mes commentaires pour moi, c’est notĂ©.
    Bonne continuation !

  13. Michaël,

    L’IPO a Ă©tĂ© le dĂ©clenchement du billet, mais dire que l’existence d’une Ă©ventuelle bulle 2.0 se limiterait Ă  cette IPO c’est vraiment ne pas voir plus loin que le bout de son nez. La discussion technique ne m’intĂ©resse pas, effectivement, parce que je ne suis pas en mesure de la soutenir. Que voulez-vous, je n’y connais rien en la matiĂšre ! Quant Ă  l’impossibilitĂ© d’Ă©changer avec les rĂ©dacteurs, ça fait 4 fois que je vous rĂ©ponds en argumentant mes rĂ©ponses, quand bien mĂȘme nous n’avons pas les mĂȘmes arguments, c’est clair. Alimenter la conversation a du sens quand on ouvre le dialogue. Mais si on doit toujours revenir sur les mĂȘmes arguments et enliser le dĂ©bat, je vois pas trop Ă  quoi ça sert !
    Vous avez clairement exprimĂ© vos idĂ©es, moi de mĂȘme, donc Ă  moins de nous rĂ©pĂ©ter Ă  l’infini, il serait peut-ĂȘtre temps de passer Ă  autre chose, non ?

  14. JM : la part psycho est bien sĂ»r mesurable : comme l’indique de façon trĂšs clair MichaĂ«l (merci Ă  lui pur le dialogue), il y a la rĂ©vĂ©lation de la conduite irrationnelle (indicateur possible et pertinent : valuation dans l’IPO d’une boite qui ne crache rien). Quand on a des coeffs de folie comme ici, il y a un phĂ©nomĂšne de bulle indĂ©niable.

    Ensuite, dire qu’il y a une bulle juste parce que ça sent bon dans l’air du temps, sans pouvoir en discuter derriĂšre, effectivement, c’est un peu dommage.

  15. Vincent,

    apparemment, j’ai pas rĂ©ussi Ă  me faire comprendre sur ce coup ! D’abord mon billet ne dit pas qu’il y a une bulle, mais le contraire. En me basant sur le seul fait qu’on nous annonce cette bulle depuis des annĂ©es mais qu’elle n’arrive pas. Et on nous l’annonce Ă  chaque fois qu’il y a une acquisition de folie. J’ai fait l’exemple de l’acquisition de YouTube par Google et on m’a rĂ©pondu que c’Ă©tait pas le dĂ©bat. Et pourtant, suffit de se rappeler, si quelqu’un avait Ă©valuĂ© l’acquisition de YouTube sur ses seuls indicateurs, la sociĂ©tĂ© valait moins que zĂ©ro. Il y a d’ailleurs eu des investisseurs et analystes extrĂȘmement critiques sur cet achat.
    Donc je ne refuse pas la discussion, je dis simplement que ça ne sert Ă  rien de m’entraĂźner sur un terrain que je ne maĂźtrise pas. Alors est-ce que je ne devais pas Ă©crire le billet pour autant ? Tu dis que la part psycho est bien sĂ»r mesurable grĂące Ă  des indicateurs possibles et pertinents pour rĂ©vĂ©ler la conduite irrationnelle. C’est possible, je l’ignore. Moi ce que je sais en tant que citoyen lambda, c’est que l’histoire des sociĂ©tĂ©s est pleine de mouvements de bourse qu’en dĂ©pit d’indicateurs supersophistiquĂ©s personne a vu venir. J’aimerais bien que quelqu’un revisite tout ce qui se dit sur cette fameuse bulle depuis des annĂ©es, toujours trĂšs pertinent, certes, mais qui finit par n’ĂȘtre au mieux qu’un ramassis de prĂ©visions jamais avĂ©rĂ©es et au pire d’immenses conneries au fur et Ă  mesure que les annĂ©es passent, sans que rien ne se passe, justement.
    Vous allez quand mĂȘme pas me dire que la seule façon d’analyser la bulle, ce sont des « indicateurs » chiffrĂ©s qui la fournissent, sans que le pur aspect psychologique et irrationnel ne puisse avoir son mot Ă  dire. Sauf que lĂ , l’aspect psychologique et irrationnel provient de la presse et des analystes qui prĂ©tendent pouvoir tout expliquer ou prĂ©voir par les chiffres. Alors que toute l’histoire d’Internet nous apporte en permanence la preuve du contraire ! Il est clair que LinkedIn a bĂ©nĂ©ficiĂ© pour son IPO d’un concours de circonstances extrĂȘmement positives, probablement pas ou peu justifiĂ©es, mais c’est le fait que vous analysiez cette IPO dans l’instant qui me gĂȘne. Selon moi, pour parler de bulle, il faut pas parler que de LinkedIn parce que ça se produit MAINTENANT et que l’action s’est cassĂ©e la gueule le lendemain, mais inscrire ça dans la durĂ©e et voir depuis 5 ou 6 ans pourquoi la bulle a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e Ă  chaque fois, et attendre au moins 6 mois ou un an pour voir oĂč en sera LinkedIn Ă  ce moment-lĂ .
    Sinon dire qu’il y a bulle en se basant uniquement sur les indicateurs disponibles n’a selon moi pas plus de valeur que de dire qu’il n’y pas bulle en se basant sur plusieurs annĂ©es d’annonces vides.
    Mais c’est juste mon avis, et je l’ai exprimĂ©. Point barre.
    Quand j’ai mesurĂ© les stats de Facebook en oct. 2007 avec 42 millions d’utilisateurs et une croissance dĂ©jĂ  phĂ©nomĂ©nale, qui aurait pu imaginer qu’on en serait Ă  700 millions moins de 4 ans plus tard ?
    Alors c’est quoi, ça ? Une bulle crĂ©Ă©e par 700 millions d’irrationnels qui sont sur Facebook sans savoir pourquoi, juste par un pur effet de mode. Et Twitter, idem ?
    Chacun a ses propres raisons d’utiliser tous ces services, qui deviennent ainsi valorisables en fonction de critĂšres probablement irrationnels, mais quand on me dit qu’on a des coeffs de folie, il me semble que personne ne prend en compte la valorisation d’un marchĂ© captif de centaines de millions d’utilisateurs pendant des dĂ©cennies. Car Ă  moins que la croissance de LinkedIn ne s’arrĂȘte du jour ou lendemain, je vois mal qui leur fera concurrence dans ce domaine. Donc ça vaut quelque chose, ça, ou non ? Et si oui, comment le valoriser ?
    Etc. etc.

  16. P.S. Pour mĂ©moire : « Only a ‘moron’ would buy YouTube » (Mark Cuban)

    http://www.zdnet.com/news/mark.....ube/195974

    Et ce billet d’anthologie de Fred Cavazza : « On s’ennuie ferme du cĂŽtĂ© du web 2.0 »
    http://www.fredcavazza.net/200.....du-web-20/

    Dont je relĂšve deux commentaires qui me semblent pertinents par rapport Ă  mon point de vue :

    – « Avec l’explosion de la bulle que reprĂ©sentait la valeur marchande publicitaire potentielle des millions de vidĂ©os de YouTube s’évanouit la confirmation qu’aurait reprĂ©sentĂ© un nouveau high-score d’achat par un des gros prĂ©dateurs de services web 2.0 Du coup, on s’agite et on se raccroche Ă  la moindre rumeur, histoire d’y croire encore car c’est le rĂȘve de la culbute 2.0 qui s’évanouit et la perspective d’une nouvelle pĂ©riode plus sĂ©rieuse et moins fun. YouTube est dans un scĂ©nario Ă  la Napster qu’on a dĂ©jĂ  visionnĂ©. Il y a d’autres services vidĂ©o et ceux-ci sont dĂ©jĂ  en train de tirer les leçons de l’affaire. Il est plus intĂ©ressant de voir comment cette histoire va obliger ce petit monde 2.0 Ă  innover dans les modĂšles Ă©conomiques et oublier les mirages de la valorisation publicitaire. L’avenir immĂ©diat de YouTube n’a plus aucune espĂšce d’importance. »

    Et celui-ci :

    – « Tout ceci mĂ©rite reflexion : Pourquoi Google payerait-il un tel prix pour du contenu Ă  la limite de la lĂ©galitĂ© ? Pour une technologie qui n’est pas la sienne ? Pour un mĂ©canisme communautaire qui doit encore faire ses preuves ?

    La rĂ©ponse se situe du cĂŽtĂ© des parts de marchĂ© que dĂ©tient YouTube. »

    C’est exactement mon idĂ©e, lorsque je parle de marchĂ© captif. Un point sur lequel je n’ai lu aucune analyse chiffrĂ©e, et pourtant…

  17. douguipat on

    Mon prĂ©cĂ©dent commentaire n’est pas passĂ© et je n’ai pas l’envi de tout recommencer alors simplement merci pour la mention 😉

  18. Ces rĂ©seaux sociaux sont valorisĂ©s selon les opportunitĂ©s de gain qu’ils pourraient gĂ©nĂ©rer par l’exploitation des donnĂ©es clients.

    Si on s’en tient Ă  la dĂ©finition d’une bulle spĂ©culative, il y a bulle car il y a survalorisation. Ou si vous prĂ©ferez il y a un Ă©cart trop important entre le rĂ©el et l’imaginaire, entre la certitude et la supposition

    La question est plutĂŽt de savoir si celle-ci va Ă©clater ou pas. Pour rĂ©pondre Ă  cette question je pense que l’introduction en bourse de Facebook (l’annĂ©e prochaine normalement) et la publication de ses rĂ©sultats annuels refroidira (ou rĂ©chauffera) les investisseurs.

  19. @ Rom1, je suis bien d’accord avec cette partie : « Ces rĂ©seaux sociaux sont valorisĂ©s selon les opportunitĂ©s de gain qu’ils pourraient gĂ©nĂ©rer par l’exploitation des donnĂ©es clients. », qui se raccorde avec la question posĂ©e dans mes derniers commentaires : « Comment valorise-t-on un marchĂ© captif de centaines de millions d’utilisateurs pendant des dĂ©cennies » ?
    Or il me semble que vu la nature extrĂȘmement nouvelle d’Internet, aucun des indicateurs traditionnels ne marche dans le cas de sociĂ©tĂ©s capables de fĂ©dĂ©rer des centaines de millions de membres en si peu de temps, et qui plus est de membres actifs et trĂšs impliquĂ©s dans la vie des rĂ©seaux. Donc Ă  partir du moment oĂč il n’y a pas d’indicateurs valables, puisque les indicateurs existants s’appliquent Ă  des modĂšles Ă©conomiques n’ayant rien Ă  voir avec les nouveaux modĂšles sur Internet, qui se cherchent encore et dont beaucoup ne sont pas encore dĂ©finis.
    Quant Ă  la rĂ©ponse Ă  la question « la bulle va-t-elle Ă©clater ou pas ? « , mon pari est de dire que si on nous l’annonce depuis des annĂ©es sans qu’elle n’Ă©clate, c’est tout simplement parce qu’il n’y a plus de bulle. Il peut y avoir des rĂ©ussites exagĂ©rĂ©es et des Ă©checs retentissants, mais je ne crois pas un instant que la situation qu’Internet a connue en 2000 se reproduira aujourd’hui. Internet compte maintenant 2 milliards d’utilisateurs, dont pratiquement 1/3 sont dĂ©jĂ  sur Facebook et 5% sur LinkedIn. De plus ils y sont trĂšs actifs et pour les en dĂ©loger, c’est pratiquement mission impossible. Sauf Ă  crĂ©er mieux, ce qui est une autre histoire. Donc comment valorise-t-on ça ?

  20. @Jean-Marie : Je suis d’accord. Ce sont de nouveaux modĂšles Ă©conomiques. Ou plutot une Ă©volution de modĂšles existant basĂ©s sur l’Ă©conomie de biens en rĂ©seau.
    Cependant certains chiffres restent rĂ©fĂ©rents : chiffres d’affaires et bĂ©nĂ©fices.

    Je pense toujours qu’il y a bulle mais je tiens Ă  prĂ©ciser que je considĂšre celle-ci comme petite. Les spĂ©culations atteignent des sommes astronomiques certes mais sont limitĂ©s Ă  qq acteurs seulement. Nous ne sommes pas dans la reproduction de la derniĂšre bulle avec des investissements tout azimut.

  21. L’esperance de bĂ©nĂ©fice futur tente les investisseurs, mais hormis le gain fait en renvente de’action dans l’immĂ©diat il ne faut pas tablĂ© sur une retour d’argent via les bĂ©nĂ©fices qui serons fait.

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