Internet : le piratage n’est pas mort !

Piratage sur internet : rien qu’au mois de septembre, Google a reçu plus de 21 millions de demandes de blocage d’URLs sur ses résultats de recherche.

En vertu d’une loi anti-piratage, les ayant-droits ont la possibilité d’envoyer une « DMCA Notice » aux moteurs de recherche et principalement Google. Il s’agit d’une demande formulée par un ayant droit ou par son représentant pour que Google bloque une URL « pirate » de ses résultats de recherche.

Depuis 2011, Google a fait l’effort d’être transparent envers ses utilisateurs et partage les données concernant ces demandes. C’est grâce à cette initiative, par exemple, que nous avons appris que le numéro 1 des  moteurs de recherche n’a pas procédé au blocage de la page d’accueil de The Pirate Bay, alors que ceci avait été réclamé par une association britannique. La page en question, thepiratebay.sx, serait « clean » car elle ne contient aucun lien direct vers des téléchargements illégaux.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une « liste exhaustive » des cas de piratage, les statistiques fournies par Google nous permettent de réaliser l’ampleur du phénomène et de mieux cerner le problème. Selon le rapport de la firme de Mountain View, rien qu’au mois de Septembre, celle-ci a reçu 21.508.657 demandes de blocage d’URLs. 36.211 domaines  sont concernés par ces demandes massives. Celles-ci ont été faites par 1.881 organisations. On parle aussi de 3.449 ayants droit (personnes ou entités) qui ont réclamé avoir les droits exclusifs sur une propriété intellectuelle.

Dans le top 5 des organisations qui ont demandé la suppression d’URLs sur les résultats de recherche, nous retrouvons la BPI (British Recorded Music Industry)*, Degban, la Recording Industry Association of America Inc., MarkMonitor AntiPiracy et Remove Your Media LLC. A noter qu’il y a des entreprises qui se sont enrichies avec le temps : le service consiste à traquer les contenus piratés pour le compte d’un client et de déposer une plainte chez Google.

Les domaines les plus concernés par ces demandes sont zippyshare.com, dilandau.eu, beemp3.com et filestube.com.

Comment ça marche ?

Lorsque Google estime qu’une demande est recevable, l’URL concernée est bloqué dans les résultats de recherche. A la place, le moteur de recherche met une notification de ce type :

« En réponse à une plainte reçue dans le cadre du US Digital Millennium Copyright Act (loi de protection des droits d’auteur), nous avons retiré 1 résultat(s) de cette page. Si vous le souhaitez, vous pouvez prendre connaissance de la plainte DMCA qui a entraîné le retrait de ce(s) résultat(s) à l’adresse suivante : **************** . »

Mais comme l’un de nos lecteurs l’avait souligné dans un commentaire lors d’un précédent article, il est possible de « prendre connaissance de la plainte DMCA ». Cela signifie que vous pouvez lire un rapport qui contient le lien de téléchargement caché. Certains trouveront cela amusant.

D’autres solutions ?

L’autre solution, trouvée par la Maison Blanche et quelques entreprises US, est de priver les sites pirates de revenus publicitaires. Quelques régies ont déjà signé des accords avec l’institution pour ne plus acheter d’espace promotionnel chez ces sites-là. Mais tant que ces « bonnes pratiques » ne seront pas suivies par toutes les régies, ces mesures ne serviront à rien.

Et il ne faut pas non plus oublier que si le piratage se développe, c’est bien parce que les offres légales ne sont parfois pas compétitives. Voir à ce sujet cette lettre que l’un de nos lecteurs aurait adressée à la HADOPI.

Proposer des offres intéressantes et accessibles, c’est peut-être la clé. Par exemple, en Norvège, une étude d’IPSOS a révélé qu’entre 2008 et 2012, le nombre de téléchargements illégaux de musique est passé de 1.2 milliards à 210 millions. Pourquoi ? Grâce à des offres légales mais intéressantes.

*C’est la BPI qui a voulu faire retirer la page d’accueil de Pirate Bay

(Source)


6 commentaires

  1. 21.5 millions ça peut paraître beaucoup mais en se basant sur 6500 sources différentes, ça fait une moyenne de 3300 demande par source soit 9 demandes quotidiennes par source sur une année.

  2. […] Lorsque Google estime qu’une demande est recevable, l’URL concernée est bloqué dans les résultats de recherche. A la place, le moteur de recherche met une notification de ce type […]

    Est-ce que ce ne serait pas une méthode pour contourner ce que l’industrie du disque leur demande. Si je me mets à la place d’un pirate (que je ne suis pas…), n’ai-je pas, avec cette notice, un « label de qualité » du lien possible. N’aurais-je pas tendance à privilégier le lien qui est demandé d’être retiré, sachent que celui-ci mène réellement vers l’oeuvre piratée plutôt que vers un autre beaucoup moins certain ?

    Moi, j’appelle ça se tirer dans le pied et faire le jeu de ceux qu’ils veulent combattre…

  3. En effet il est possible de lire les plaintes dmca, j’avais déjà vu ça, mais je ne sais plus où il faut aller pour les voirs..

    Peut etre devrais-tu noter la procédure dans l’article?

    à++

  4. Setra

    Hahaha
    et pourquoi ne pas faire une tutoriel du genre : »Piratage : comment contourner la censure? » 🙂

  5. Clément on

    Ya rien de secret, il suffit de cliquer sur le lien « prendre connaissance de la plainte DMCA », il y a les URL dans la section « YOUR COPYRIGHTED WORK ».

    Je pense que la plupart des utilisateur n’y prêteront pas attention, mais ça peux aussi avoir pour effet d’attirer l’attention. En effet, les liens censurés sont probablement sont probablement ceux qui permettent le mieux de récupérer le contenu recherché…

  6. Histoire de se tirer une balle dans les 2 pieds …il manque plus qu’un petit service qui va chercher automatiquement les URL dans les plaintes …

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