D’abord merci pour vos nombreuses réactions, j’étais loin de penser que ce billet susciterait autant de commentaires.
Bon, même si ce sondage n’a pas vraiment de valeur scientifique, il atteint l’objectif en donnant quand même une tendance générale. On pourrait dire qu’il y a un consensus autour d’un budget se situant entre 4000 et 5000 euros (beaucoup de 3000 mais aussi beaucoup de 6000 et même un 8000, et je ne tiens bien sûr pas compte des estimations-gags à 200 icon wink Jai besoin de votre avis   Ma réponse ).
Ca nous permet à tous de voir qu’il y a quand même une sorte de prix de marché pour une réalisation web professionnelle et de qualité, et que le fait que celle-ci puisse être développée à partir d’un CMS ne change pas grand chose à l’affaire (avec un CMS le déploiement est effectivement plus rapide, mais juste le déploiement, hors la réalisation d’un site web n’est pas que ça, loin s’en faut).
Maintenant, je vous avais promis de vous dire pourquoi je vous demandais ça, alors voilà : pour la première fois en huit années que je pratique ce métier, je suis allé au clash avec un client, avec ce client.
Pourquoi ? Je vous passe les détails sur les problèmes de délais (la maquette et l’animation Flash sont faites depuis presque deux mois et j’attends encore les contenus, alors que le site doit être publié le 6 juin, date de sortie de l’album et d’un concert de lancement). Le clash est intervenu principalement justement autour de la notion du budget (d’où mon billet précédent – vous suivez ?) : le groupe est managé par un de mes bons amis, et c’est lui qui nous a mis en relation pour la réalisation du site. J’ai donc d’abord proposé un budget officiel qui correspondait en gros aux prix indiqués, à savoir une fourchette située entre 3500 et 4000 Euros, verbalement (première erreur : j’aurais dû faire un devis écrit, comme je le fais bien sûr à chaque fois). Ceci afin de ne pas dévaloriser précisément la prestation. Puis j’ai fait un deuxième tarif, le fameux prix d’ami, situé à 1500 Euros, éventuellement payable en échange marchandises.
Tout le monde était content et on a commencé le développement. Mais suite à ces problèmes de délais, des malentendus se sont installés (c’est pas moi c’est toi, tu ne t’occupes pas du site parce-que tu estimes que tu bosses au rabais, blabla… et toutes sortes d’arguments totalement déplacés). Jusque là je pouvais comprendre (sans les admettre) ces reproches en pensant avoir peut-être mal expliqué ma façon de travailler. Jusqu’à ce qu’arrivent de très désagréables insinuations sur mes tarifs, sous-entendus bien trop élevés, ce qui ressemblait surtout à un gros prétexte cousu de fil blanc.
En fait il s’est passé ce que je craignais un peu au départ dans ce type de relations mi-pro mi-amicales : le groupe évolue dans un milieu artistique dans lequel les graphistes et webdesigners auto-proclamés sont légion. Et surtout, gratuits. Et qui se battraient pour avoir un site de groupe dans leur portfolio.
Je n’ai donc pas mis longtemps à comprendre que l’un d’entre eux – prétendu compétent en création web – avait mis une pression terrible sur le groupe sur l’air de vous allez pas payer 1500 euros à une agence (sous entendu ces escrocs) alors que je peux vous faire un site qui déchire sa race gratuitement.
Quand j’ai vu ça – on peut tout me reprocher mais certainement pas la malhonnêteté – j’ai donc décidé d’envoyer tout péter, n’étant pas à 1000 euros près quand il s’agit de ma réputation (un acompte de 500 Euros m’avait été versé), plutôt que me laisser embarquer dans un débat stérile sur la valeur d’un site web et travailler dans une ambiance de souçons qui m’aurait été insupportable.
C’est un beau gâchis pour tout le monde, mais au-delà de l’affaire personnelle, je voulais en parler pour deux raisons : d’une part il était nécessaire que les gens comprennent en lisant ce blog, peut-être, qu’un bon site web vaut plus de 500 euros, et d’autre part que cette expérience était ma première mais sera aussi la dernière de création du site pour copains.
Cette histoire est en tout cas révélatrice d’un problème récurrent dont je reparlerai dans un prochain billet : la difficulté dans notre pays de la valorisation des prestations intellectuelles et/ou artistiques.