Article écrit par Virginie Lominet[1] pour Presse-citron à l’occasion de la Journée de la Femme.

virginie [Journée de la Femme] La journée de la femme :  de la salope libérée à la croqueuse dhomme mise à lhonneur dans la pub ! par Virginie Lominet Évidemment, la première question qui se pose est “ Pourquoi offrir une journée aux femmes et pas aux hommes ? »

Les journées mondiales sont la plupart du temps destinées à rappeler les ravages de maladies ou de pandémies, comme la journée mondiale de lutte contre le cancer le 16 mars ou la journée mondiale de lutte contre le Sida le 1<sup>er</sup> décembre. Et Quand elles ne concernent pas la maladie ou la recherche, ces journées évoquent des luttes en faveur des populations en difficulté, comme la journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée le 12 juin ou la journée Internationale de l’alphabétisation, le 8 septembre. Mais les journées mondiales servent également à dénoncer des problèmes liés à la liberté d’expression et les droits de l’Homme, d’où la journée mondiale des écrivains en prison le 15 novembre ou encore celle du 10 octobre, contre la peine de mort.

Alors qu’est ce que cette journée du 8 mars sous-entend ? Que le fait d’être nées femmes nous classe d’office dans une catégorie de la population souffrante ? Exploitée ? Dénigrée ? Maltraitée ? Ou tout simplement en danger ?
Il y a donc évidemment un arrière-goût un peu amer derrière cette célébration de la femme… Un arrière-goût d’excuses, de désolement, d’échec, qui nous rappelle trop bien les maltraitances qui sont affligées aux femmes ou les inégalités inacceptables dont elles sont encore victimes dans la plupart des pays.

Bien sûr, nous les françaises appartenons aux privilégiées qui évoluent dans un pays de droits. Mais il est bon de rappeler que le vote des femmes en France ne fut accordé que le 21 avril 1944, et qu’il a fallu attendre 1966 pour que les femmes puissent exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari. Un long combat féministe qui mena à la Promulgation de la « loi Veil », le 17 janvier 1974, et qui continue encore.

kookai [Journée de la Femme] La journée de la femme :  de la salope libérée à la croqueuse dhomme mise à lhonneur dans la pub ! par Virginie Lominet

Mais les femmes de ma génération, nées dans les années 80 en France ont pu jouir d’une égalité presque parfaite avec leurs homologues masculins. Souvent même, les jeunes femmes trentenaires d’aujourd’hui développent un féminisme trop exacerbé. Il n’est plus rare de voir les hommes faire les courses, avec bébé bien calé dans le caddie tandis que madame est à la gym avec ses copines. L’indépendance financière, la nouvelle tendance du toy boy mais aussi la démocratisation des sex toys donne à la femme un nouveau pouvoir dont elle ne se prive pas .
Avant la femme libérée était une « salope » tandis que l’homme à femmes était lui un « tombeur. » Aujourd’hui, on se dresse contre la nudité des femmes dans la pub alors que l’on s’amuse de l’homme objet présenté dans les campagnes d’affichage Kookai.

Mais je pense que cette phase hyper féminisme est nécessaire à la rééquilibration des sexes.


[1] Virginie Lominet, jeune femme de 28 ans, diplômée d’un master de médiation culturelle, et créatrice du site d’e-commerce les Aristocrafts, proposant aux artistes et créateurs une plateforme web pour vendre leurs créations.
Le site : http://lesaristocrafts.fr
Le blog : http://www.lesaristocrafts.fr/blog/