Alors voilà, on va essayer d’être le plus clair et concis possible.

Les faits :

Un proviseur de Lycée de Mende est récemment révoqué de l’Education Nationale, ce qui signifie qu’il perd non seulement son poste, mais également son statut de fonctionnaire, et qu’il ne pourra par conséquent plus jamais exercer ni son métier ni un autre dans la fonction publique. Et que comme son statut d’ex-fonctionnaire le lui interdit, il ne pourra pas non plus prétendre à percevoir des indemnités de chômage. A 48 ans, on a connu des situations plus confortables.

Pourquoi a-t-il été révoqué ?

Selon le recteur de l’Académie de Montpellier, le proviseur révoqué a "failli à son devoir d’éducation" et, selon le Ministère de l’Education, "pour avoir animé un blog où il évoquait son homosexualité, mais à travers des écrits et photos pornographiques".

Bon et alors ?

C’est là que le débat commence. Un débat sur du vide. Car la preuve du soi-disant délit n’existe plus, vu que le blog dudit proviseur n’est plus en ligne depuis environ deux mois. La seule façon d’y accéder est de faire appel à des archives web contenues par exemple dans le cache de Google. Certains blogueurs on réussi à récupérer non pas l’intégralité mais de simples extraits du blog. Si l’on se fie à ces extraits et en tout cas pour ce que j’ai pu en lire, il n’y a certainement pas de quoi fouetter un chat, même si certains passages sont euh, un peu crûs, et pourraient effectivement, sortis de leur contexte, être considérés comme des propos pornographiques. Mais bon, pas de quoi appliquer une sanction aussi lourde de conséquences. Au pire un averto et basta. D’autres blogueurs indiquent avoir été des lecteurs (et lectrices) assidu(e)s du blog de Garfieldd (c’est le pseudo du proviseur) et n’avoir jamais trouvé une seule image, un seul texte qui puisse être sujet à caution, ou contenir de quelconques éléments pornographiques.
En celà effectivement on peut trouver matière à s’indigner et à trouver la révocation du proviseur pour le moins dispropotionnée, voire abusive.

Sauf que :

Personne n’a à ma connaissance dans les blogs posé la première question qui viendrait à l’esprit de tout individu normalement constitué : pourquoi le blog du proviseur n’est-il plus disponible ? Décision de justice ? Auto-censure ? Pressions de l’Education Nationale ? Contenu supprimé par l’hébergeur ? Si quelqu’un a la réponse, précise et vérifiable, il serait intéressant d’en faire profiter les autres. Car dans l’état actuel des choses, cette indisponibilité ne peut que susciter des interrogations qui ne vont pas dans le sens de la fameuse transparence qui est normalement l’une des règles de base du blogueur vigilant.

Ce que j’ai dit :

Comme ce type d’affaire ne m’intéresse que de très loin, je n’y aurais jusque là pas prêté davantage qu’une vague attention. Mais comme on ne se refait pas, j’ai repéré un détail qui vaut ce qu’il vaut mais qui m’a bien fait marrer sur le coup, et qui aussi me permetait de mettre mon petit grain de sel avec un angle un peu différent : le recteur de l’Académie de Montpellier, qui a prononcé ou entériné la révocation du proviseur pour pornographie s’appelle Nique. Pornographie > Nique. Vous voyez ? Je pouvais pas la rater, celle-là.
Voilà, c’est très con et ça ne fait peut-être rire que moi mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire une allusion un peu ironique à cet élément du dossier, en glosant sur le fait que celui-ci avait visiblement échappé aux plus de 200 blogs qui ont réagi sur cette affaire. Appelez ça comme vous voulez, de l’humour à deux balles, du jeu de mot con digne des Grosses Têtes. Peut-être. Mais ça n’avait pas d’autre but que de détendre l’ambiance.
Mais visiblement ça n’a pas plu à tout le monde. Donc j’ai retiré cet "effet de style" et j’ai remanié mon billet dès ce matin, quand mon smartphone a bippé dès le réveil pour m’indiquer que des commentaires peu amènes à mon égard avaient été postés dans la nuit. Juste pour un jeu de mots et un peu d’ironie.

Maintenant, ce que j’en pense :

Bien sûr je pense comme tout le monde que si le proviseur a été révoqué juste sur la foi du contenu de son blog tel qu’on y a accès, même si je n’ai pas tout lu (comme certainement la plupart des blogs qui en parlent), c’est grave et et on doit effectivement le dire. Bien sûr si on pense que le proviseur a été viré juste parce-qu’il est homosexuel et qu’il le dit dans son blog et que ce sont là les deux seuls critères, c’est de la discrimination, et que là on n’a même pas à dire si c’est bien ou mal : c’est puni par la loi, et tant mieux.
Sauf que – et c’est là que mon avis diverge quelque peu, désolé – je ne crois pas une seconde à la théorie selon laquelle quelqu’un est viré de la fonction publique à cause de son homosexualité, en France, en 2006. Non seulement je pense que ceux qui prétendent cela se trompent (de combat, aussi), mais que cette thèse est tout simplement ridicule. Où alors il va falloir s’attendre à des licenciements en masse dans les mois qui viennent (le dernier moyen qu’aurait trouvé le gouvernement pour dégraisser le mammouth ?).
J’irai même un peu plus loin : je pense que si le proviseur avait été hétéro et avait écrit les mots un peu crûs qu’on trouve dans les archives du blog de Garfieldd, ce qui s’est passé se serait certainement passé de la même manière, sauf que cela n’aurait indigné personne, et que pas un blog n’aurait repris l’information.

Pourquoi ce type de buzz m’agace (même si j’y participe à ma façon) ?

J’ai pris le temps de lire une grande partie de ce qui a été écrit sur le sujet – et Dieu sait si c’est barbant – ces dernières heures (depuis hier AM, donc pas tout car c’est quasiment chose impossible) et l’unisson absolu et qui caractérise les réactions m’interroge : pas une question sur le fond du dossier, pas une interrogation sur la disparition mystérieuse du blog incriminé, pas une invitation à venir s’exprimer pour les différents acteurs de l’affaire, pas un point de vue un tant soit peu différent.
Mais au lieu de cela des cris, des incantations, des lettres ouvertes, des pétitions, des avocats-blogueurs qui adressent publiquement des courriers à un ministre en le tutoyant (pour faire genre et épater les copains probablement).
Bref, rien de nouveau sous le soleil des blogs, si ce n’est cet espèce de conformisme qui semble être devenu la règle.

Voilà, ça c’est fait, dit-il en cochant une petite case dans son carnet à spirales. C’est un peu tout cela, livré en vrac, qui me fait réagir.
Rien de bien important au fond, mais je n’aime pas laisser traîner des malentendus.
A vous les studios.

Deux sources au hasard parmi des centaines (Pour avoir une liste des blogs et sites traitant du sujet, faites "garfieldd proviseur" dans Google, je ne doute pas du fait que vous y trouverez certainement quelques insultes et attaques personnelles – certainement très spirituelles – sur mon compte, pas la peine de me les rapporter : je m’en fous. Si ça les amuse, grand bien leur fasse) :

(Petit avertissement amical : je me réserve la possibilité de virer illico tout commentaire que je ne jugerai pas convenable)