L’ « illectronisme », un problème national

Alors que la lutte contre l’illettrisme devient une grande cause nationale en 2013, un phénomène dû à la fracture numérique frappe toujours la France : « L’illectronisme ».

L’Illectronisme

Alors, l’illectronisme, qu’est-ce que c’est ? C’est tout simplement, à l’instar de l’illettrisme pour la lecture, l’incapacité à se servir et à exploiter des ressources numériques. Par exemple : payer ses impôts en ligne, acheter sur Internet, regarder une vidéo sur YouTube…

Bien que le phénomène semble diminuer au fil des années, la France compte encore 15% « d’illectrés » en son sein. Ce chiffre provient de Bernard Benhamou, délégué aux usages de l’Internet au ministère de la Recherche et de l’Économie Numérique, et représente environ dix millions de citoyens français.

Les victimes du phénomène

Un lien ténu existerait entre illettrisme et illectronisme pour la simple et bonne raison qu’Internet est composé à 90% d’écrit. Parmi les personnes touchées on retrouve les plus âgés qui, nés sans toute cette technologie, n’éprouvent pas le besoin de l’utiliser et sont peu enclins à fournir des efforts pour la maitriser. Cette catégorie d’illectrés devrait donc, c’est triste à dire mais vrai, diminuer avec les années.

Ce qui est plus grave, c’est que l’on constate une part non négligeable de jeunes qui se retrouvent désemparés devant les outils numériques. Ces derniers connaissent et utilisent les jeux vidéos et les réseaux sociaux mais sont perdus lorsqu’il faut utiliser les technologies dans un but autre que le simple divertissement.

Illectronisme

Le problème est que, si rien n’est fait, la technologie avançant à grands pas, la fracture numérique risque d’augmenter. Parmi les problèmes entrainés par l’illectronisme, on retrouve l’exclusion sociale, aussi bien dans la vie quotidienne que dans le travail, car les nouvelles technologies sont un moyen de communiquer très répandu (mails, discutions instantanées…) et sont souvent utilisées dans le travail. Mais on va également rencontrer des problèmes au quotidien, les services – et surtout l’administration – utilisant de plus en plus Internet.

En quête de solutions

Pour résoudre ce problème, notamment auprès des plus jeunes – les plus âgés n’ayant pas forcément envie de le résoudre – la solution envisagée est la formation. Formation tout d’abord scolaire avec le brevet informatique (b2i) à débloquer au collège, qui devrait se continuer dans les enseignements supérieurs (de la primaire à l’université). Mais également formation proposée par des opérations comme la mise en place de l’Agence des solidarités actives qui formera les travailleurs pauvres et les bénéficiaires du RSA aux usages d’Internet.

Bien que la fracture pourrait s’élargir, les années devraient normalement l’apaiser grâce à la démocratisation des nouvelles technologies comme le smartphone aujourd’hui téléphone mobile le plus utilisé en France ou encore la tablette qui trouve un public de plus en plus large. Cette démocratisation devrait s’accompagner d’une baisse des prix qui rendra les technologies accessibles à ceux qui aujourd’hui ne peuvent se les offrir.

Sources : [1], [2], [3]


13 commentaires

  1. Le souci qu’on a en France aussi, c’est qu’on a une grande proportion d’illectrés au gouvernement, du coup on se retrouve avec des trucs débiles comme Hadopi et des taxes sur les supports de stockage…

  2. Apprendre à écrire correctement pour commencer ça serait déjà pas mal, parce que c’est de pire en pire !

  3. Eric

    @Dodutils : c’est une remarque générale en écho à ce sujet ou cela vise cet article en particulier ?

  4. @Eric : remarque tout à fait générale et ce mal commence à contaminer toute la chaîne de communication où il y a encore 10 ans on ne voyait que rarement une faute apparaître.

    A l’image d’une contamination de la chaîne alimentaire pas le bas, on retrouve ce phénomène avec des « jeunes » en âge de trouver un emploi (ou qu’ils l’ont déjà trouvé puisque ce problème est apparu depuis une dizaine d’années) où ils vont être amenés à communiquer de façon écrite, et donc propager leurs fautes à une échelle de plus en plus grande.

    D’où ma remarque sur le fait que c’est dès le plus jeune âge qu’il faut traiter ce problème et ne pas accepter qu’un élève puisse entrer en 6ième sans avoir un niveau correct en orthographe/grammaire, et ce n’est pas en multipliant les matières, et donc en diminuant le temps passé à l’apprentissage de l’écriture, que l’on va s’en sortir.

    Et quand je vois qu’on accepte des élèves dans des classes scientifiques qui sont incapables d’écrire un phrase sans faute sous prétexte que ce n’est pas ce qu’on va leur demander « plus tard » c’est à mon avis une grave erreur.

    p.s : on ne peut toujours pas corriger ses propres commentaires sur ce blog pour corriger ses fautes après coup 🙁

  5. Un risque de l’illectronisme se situe également au niveau de la sécurité: à ne pas savoir ce que l’on fait avec un ordinateur (par exemple, l’installation de logiciels douteux), on ouvre grand la porte à de tous types d’intrusions!

  6. Pour que les profs puissent enseigner ces notions il faudrait déjà qu’ils les maitrisent ce qui est très loin d’être le cas.
    @Eric : Il y a quelques fautes d’ortho dans cet article notamment.

  7. Au-dela du B2i des collèges, le C2i à l’Université existe depuis une dizaine d’années et enseigne les bonnes pratiques de l’informatique et de l’Internet. A terme, il ne devrait donc plus y avoir d’illectrés.
    Puisque on en est dans le néologisme, il y a aussi le surlectré (du genre twitto-paranoïaque, le scotché du smartphone, le réalité-diminué), fortement correlatif à l’illettré.

  8. Eric

    @Dodutils : merci pour ces explications 🙂 La fonction d’édition des commentaires viendra prochainement avec la nouvelle version de Presse-citron.
    @Clem : je pars à la chasse aux fautes de ce pas et je corrige !

  9. Il n’y a pas que l’écrit qui freine les « illectrés » dans leur appréhension des univers numériques. Il y a un aspect ergonomie à ne pas négliger. Pour vous en convaincre, créez un compte sur le site de Pôle emploi, vous verrez que ce n’est pas « clair » même quand on est « surlectré ». Je passe sur tout ce qui concerne le paiement en ligne…Les usages évoluant vite (très vite même) je ne suis pas sur que l’on puisse résorber le nombre d’illettrés à terme (en tout cas pas à court terme).
    Nous avons 10 millions de personnes concernés, 5 000 espaces publics numériques en France (dont la tâche est justement depuis 10 ans de réduire la fracture numérique). Cela donne mécaniquement 2000 personnes à traiter par EPN, cela devrait prendre 10 ans à mon avis…5 au mieux avec des moyens ad hoc…

  10. « Cette catégorie d’illectrés (les personnes âgées) devrait donc, c’est triste à dire mais vrai, diminuer avec les années. »
    Euh … Et le papy boom vous en faites quoi ?

    « Ces derniers (les jeunes) connaissent et utilisent les jeux vidéos et les réseaux sociaux mais sont perdus lorsqu’il faut utiliser les technologies dans un but autre que le simple divertissement. »
    Je ne suis pas d’accord avec ce raccourci et / ou cette généralisation qui consiste à faire passer les jeux-vidéos et les réseaux sociaux uniquement pour du divertissement, y compris quand cela concerne les jeunes ! Les jeux vidéos peuvent être considérés comme un art et une forme d’apprentissage au travers desquels on peut développer des compétences (dont celui des langues étrangères comme l’américain ou le japonais par exemple). Quant aux réseaux sociaux, chacun les expérimente à sa façon et cela va bien au delà du divertissement, même pour un ado 😉

  11. L’État pond régulièrement des mesurettes du genre pour promouvoir le numérique dans l’éducation, on se souvient tous du plan « Informatique pour tous » dans les années 80, et qui a été un vrai flop à cause du manque de formation des profs pour l’utilisation de cet outil. Les écoles investissent dans du matos super couteux comme des tableaux blanc électroniques, mais les profs ne s’en servent pas sauf pour regarder leurs mails personnels car aucun cours n’est adapté à ce support.

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