La fiabilité des disques durs passée au crible

Outre ses performances et sa capacité, le taux de panne reste un des arguments incontournables lors de l’achat d’un disque dur. La société BackBlaze, spécialisée dans la sauvegarde de données en ligne, a décidé de nous en dire plus sur la fiabilité du composant le plus fragile de nos machines.

Si le SSD se démocratise de plus en plus, apportant au passage une hausse importante des performances et une meilleure fiabilité que les disques durs mécaniques, son prix reste toujours bien plus élevé que celui d’un disque dur.

Résultat, c’est bien le disque mécanique qui conserve sa couronne dès qu’il s’agit de parler de stockage, que ce soit pour un particulier via son PC traditionnel ou NAS mais aussi du côté des professionnels tels que BackBlaze.

Cette société américaine s’est spécialisée dans la sauvegarde de données en ligne, mieux connue sous le nom de Cloud ou nuage, une activité qui nécessite donc un grand nombre de disques durs et qui a poussé la firme a analyser son parc composé de plus de 27 000 disques. Un bon moyen pour BackBlaze de mettre en avant les services proposées mais aussi de nous donner une idée de la fiabilité des disques durs selon la marque utilisée.

Trois marques sont à l’honneur, Western Digital, Seagate et Hitachi. Les deux premiers sont incontournables et se partagent depuis quelques années la quasi totalité du marché des disques durs. En 2011, Seagate avait d’ailleurs racheté la division disque dur de Samsung, un rachat qui avait poussé Western Digital a faire de même avec Hitachi provoquant alors une forte concentration du marché. Une situation qui n’a pas échappé aux autorités de concurrence et en particulier à la Commission européenne qui a donné son aval pour ce rachat sous certaines conditions dont la revente par Western Digital d’une partie de l’appareil productif à un troisième concurrent.

Une décision qui a profité à Toshiba qui reste par la même occasion le troisième acteur du marché des disques durs.

Hitachi au top, Seagate en difficulté !

La première surprise dans ce compte rendu vient du faible nombre de disques durs Western Digital (2 838) alors que la marque californienne s’est installé depuis quelques années à la première place mondiale. Seagate et Hitachi sont quand à eux bien représentés avec respectivement 12 765 et 12 956 disques durs.

Notons également que certains disques durs comme le Western Digital 3 To et le Seagate LP 2 To ont été volontairement exclus de cette analyse en raison de leurs vibrations importantes qui empêchent BackBlaze de les utiliser dans son environnement. La société insiste sur le fait que ces disques durs ne sont pas considérés comme mauvais mais simplement pas adaptés aux Storage Pods qui sont utilisés. Une donnée qui nous permet de préciser qu’on a bien ici affaire à une analyse dans les conditions d’utilisation de BackBlaze et non un test à proprement parler qui placerait les disques durs dans des conditions optimales.

Des conditions qui ne sont pas bénéfiques aux disques durs Seagate comme nous le montre ce graphique qui évalue le taux d’échec annuel selon le modèle.

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Avec un taux d’échec de près de 14%, les disques durs 1,5 To de chez Seagate remportent haut la main la palme des disques les moins fiables suivi de près par les modèles 3 To. En face, Hitachi s’en sort honorablement avec des taux d’échec qui ne dépassent pas 2%.

Dans le détail, deux modèles retiennent notre attention : le Seagate Barracuda Green et le Seagate Barracuda 7200 avec son taux d’échec de 25,4% pour un disque de 4 ans. Un taux important qu’il faut toutefois relativiser comme nous l’explique BackBlaze, estimant que ce modèle a toujours été fiable et obtient un taux d’échec élevé en raison de son age.

Même constat avec le Seagate Barracuda LP (1,5 To) qui affiche un taux d’échec qualifié de correct.

En revanche, on ne peut pas en dire autant du modèle Green et de son inquiétant taux d’échec de 120% ! C’est bien simple, ces disques sont « tombés comme des mouches » explique BackBlaze puisqu’ils affichent une durée de vie de moins d’un an. Une situation qui serait due au programme de garantie de Seagate qui remplace les disques durs les plus âgés par des nouveaux disques probablement reconditionnés.

BackBlaze ne lâche pas Seagate

Autre analyse intéressante, celle effectuée sur 36 mois qui permet de voir mois après mois combien de disques durs restent fonctionnels. Là encore, Hitachi se distingue avec quasiment 97% de disques durs encore fonctionnels après 36 mois d’utilisation et Seagate fait une nouvelle fois figure de mauvais élève avec seulement 73,5% de disques durs qui fonctionnent après 36 mois d’utilisation.

Après des débuts honorables, Seagate fait mieux que Western Digital sur les premiers mois, la firme de Scotts Valley perd rapidement du terrain sur ses deux concurrents et connaît une baisse vertigineuse après environ 20 mois d’utilisation.

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Avant de vous lancer dans une analyse des données S.M.A.R.T de votre disque et d’écouter d’éventuelles cliquetis, il convient de rappeler que ces disques durs sont sollicités de façon intensive, on est ici bien loin d’une utilisation grand public.

Par ailleurs, BackBlaze rappelle que malgré l’analyse, les disques durs Seagate ne doivent pas être pour autant évités et nous explique qu’après cette analyse, le Seagate Desktop HDD.15 fait figure de favori avec le Western Digital 3TB Red pour équiper ses nouveaux Storage Pods.

En effet, outre la fiabilité, le rapport qualité-prix est un argument de taille pour ce genre de société et de ce côté là Seagate gagne des points par rapport à ses concurrents.

(Source)


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