facebook La gestion de lidentité numérique commence au berceau

Avec YouTube, et, dans une moindre mesure, Flickr, Facebook est certainement le site « 2.0″ qui a pénétré le plus rapidement toutes les couches de la société, pour devenir aujourd’hui, et plus encore demain, un service adopté en masse par le grand public, dont l’influence va bien au-delà de la sphère techno-geek.

Ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes, notamment liés à la confidentialité : bien malin qui, à part quelques experts, pourrait dire ce que Facebook fait exactement avec ma vie, et quel est réellement le niveau de confidentialité de ce que nous diffusons sur le premier réseau social mondial.

D’où la frilosité de certains : je rencontre régulièrement des gens qui se privent des avantages incontestables que peut apporter Facebook au prétexte qu’ils ne savent pas exactement ce qui est fait avec leurs données et au final, qui voit quoi, et qui de fait refusent pour ces raisons de s’y inscrire. Je peux difficilement leur opposer des arguements valables à part les inciter à le faire, et à effectuer tous les réglages proposés sur leur compte.

Bref, la confiance ne règne pas vraiment.

D’autres, au contraire, ne sont pas aussi précautionneux qu’il le faudrait et se retrouvent à exposer à leur insu des morceaux de vie privée qui théoriquement n’auraient rien à faire sur le web, surtout quand Google passe par là et indexe la photo de leur dernière cuite.

De fait il y a une vraie distorsion entre le haut niveau de technicité et l’étendue des fonctions d’un service comme Facebook et le faible niveau de connaissance et d’expertise qu’en a le grand public, et ceci risque de poser quelques problèmes dans les années à venir. Tant que les réseaux sociaux étaient des trucs de geeks ou de professionnels, chacun savait où il mettait les pieds et avançait en connaissance de cause. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Au fur et à mesure de la prise de conscience collective par le grand public, la gestion, et le contrôle de son image sur internet va devenir un sujet de plus brûlant, et si la messe est dite pour les plus âgés (quoique…), il m’apparaît de plus en plus comme une évidence que nous devons éduquer et préparer nos enfants à adopter les bons comportements dès qu’ils commencent à marquer le web de leur empreinte, volontairement ou pas.

J’ai déjà eu l’occasion de l’évoquer ici : le contrôle de son identité numérique devrait idéalement commencer au berceau, avec celui de l’identité réelle, en appliquant les mêmes règles qui président à organiser notre vie privée. Pour commencer, je pense qu’il n’est pas inutile – quand cela est possible – d’enregistrer sans attendre au moins un nom de domaine avec le prénom et le nom de son enfant afin de protéger déjà un peu son identité et préparer les années futures, quand il fera le vrai saut sur la toile. Il y a de grandes chances pour qu’il vous en soit reconnaissant un jour où l’autre.

D’autres bonnes pratiques sont à prendre en compte et à inculquer à nos marmots, et feront l’objet d’un billet plus détaillé prochainement.