La musique est universelle, c’est un fait.
Parce-que les émotions sont universelles, parce-que les centres nerveux de l’homme sont les mêmes, de l’Atlantique à l’Oural.
A quelque-chose près quoi, on va pas chipoter sur les détails.
Mais il y a des instruments plus universels que d’autres, et le piano, pour ne citer qu’un exemple, fait partie de ceux-là.

Guitare Martin

Pas besoin d’avoir fait de longues études de solfège ou d’avoir mis ses petites mains musclées à la torture durant d’interminables et cruelles heures d’apprentissage sous le regard sadique d’un professeur exigeant pour apprécier un bon Keith Jarrett, et encore moins un mauvais Richard Clayderman (j’ai des références, moi) : tu peux emmener ta petite amie à un concert de piano sans grand risque, même si elle ne jure que par Cindy Sander, normalement elle passera un pas trop mauvais moment.
En revanche, au concert d’un guitariste…
La guitare est un truc de spécialistes, un truc aux possibilités tellement variées que ça en deviendrait presque un hobby de mécaniciens : hammer, slide, tapping, sweeping, et autres techniques pour gonzos fadas du manche, il y autant de façons de fabriquer une note qu’il y a d’interprètes.
Du coup, comme souvent avec les passions de spécialistes c’est un vrai truc de garçons.
Des garçons qui parlent entre eux du cri de la dernière Gibson comme ils évoqueraient celui de la nouvelle Ferrari.
Avec tous les tics de trucs pour garçons, à en devenir neuneu.
Un truc de garçons que la moitié d’entre eux ont choisi d’apprendre pour tomber les filles bien sûr (je fais partie de l’autre moitié, je n’avais pas besoin d’un deuxième manche pour plaire à ces dames, hahaha).
Du coup, les notions de spécialiste et de grand public ne faisant pas bon ménage, on voit surtout des guitaristes aux concerts de guitaristes.
Comme on voit surtout des blogueurs dans les lecteurs de blogs. Ou genre.
Il y a des activités comme ça dont les seuls spectateurs sont souvent aussi les acteurs.
C’est marrant ce parallèle que je ne peux m’empêcher de faire régulièrement entre blog et musique (cf Le tempo d’un blog), comme s’il y avait une quête inconsciente d’un truc sacré et invisible qui unirait les deux sans qu’on le sache.
Et je vous jure que je n’ai rien fumé.
Des velléités à rapprocher probablement du fait que je suis blogueur et que je taquine aussi le manche à mes heures perdues (c’est-à-dire pas assez souvent à mon goût), et que j’ai pu remarquer que de nombreux geeks sont aussi musiciens entre deux twitts et trois posts.