Alors que débute cette semaine le NAIAS, salon de l’automobile de Detroit, USA, une étude publiée il y a quelques jours révèle que les automobilistes sont de moins en moins satisfaits du système de navigation GPS proposé en première monte par le constructeur dans leur voiture.

Alors que débute cette semaine le NAIAS, salon de l’automobile de Detroit, USA, une étude publiée il y a quelques jours révèle que les automobilistes sont de moins en moins satisfaits du système de navigation GPS proposé en première monte par le constructeur dans leur voiture.

Le sujet nous intéresse évidemment car sur Presse-citron nous suivons de longue date les évolutions de l’intégration des technologies numériques dans l’automobile, et que les systèmes informatiques rendant les véhicules plus sûrs et plus intelligents vont probablement connaître de très fortes évolutions dans les mois et années à venir.

Système de navigation GPS embarqué installé d’origine, GPS autonome ou smartphone ?

L’étude, menée par J.D. Power and Associates en octobre et novembre 2012 auprès de 20,704 personnes possédant ou ayant conduit une voiture en 2012 équipée d’un système de navigation embarquée, n’est pas très tendre pour les constructeurs. En gros, l’indice de satisfaction baisse d’année en année (l’étude existe depuis 14 ans), et les principaux griefs concernent ce que nous connaissons tous avec notre GPS intégré : systèmes peu intuitifs, compliqués à manipuler, saisie des adresses fastidieuse, commandes vocales totalement aux fraises et inutilisables. Pire, de nombreux utilisateurs se plaignent également de la lenteur des systèmes embarqués, et de leur imprécision en termes de guidage.

mmi audi La navigation GPS embarquée, pompe à fric et talon dachille des constructeurs automobiles

Bref, il semblerait que les constructeurs aient de gros progrès à faire s’ils ne veulent pas définitivement tuer la poule aux œufs d’or et perdre ainsi les bénéfices d’un produit sur lequel ils font des marges énormes, voire indécentes. Sachez par exemple que sur une berline allemande de moyenne gamme, un système de navigation complet est une option facturée entre 2000 et 3500 euros, pour au final avoir un dispositif moins efficace qu’une application gratuite sur smartphone.

Autre gros reproche adressé aux constructeurs, qui ne figure pas dans cette étude mais qui revient de façon récurrente dans les forums automobiles : la rareté et le prix exorbitant des mises à jour, disponibles généralement exclusivement par DVD pour des tarifs de plusieurs centaines d’euros. Une pratique qui ressemble à un véritable appel au piratage, ce dont les automobilistes ne se privent d’ailleurs pas, vu le nombre de fichiers « mise à jour GPS » disponibles en téléchargement sur internet pour toutes les marques et tous les modèles. Normal.

Bien sûr, disposer d’un système embarqué procure quelques avantages, d’ordre esthétique et pratique : pas besoin de se trimballer un support immonde à coller ou ventouser ou l’on peut, des fils,  et autres recharges allume-cigare qui font vite ressembler l’habitacle de la voiture à un bureau de geek. D’autre part, le GPS embarqué est relié à une antenne extérieure, ce qui le rend plus puissant et plus fiable, et souvent plus réactif (il est opérationnel dans délai dès sa mise en route). Enfin il est également relié à des capteurs gyroscopiques qui lui permettent de continuer à fonctionner précisément par calcul lorsque le signal est perdu (tunnels notamment). Autre avantage : son intégration dans le système d’infotainment de la voiture, avec gestion du volume, coupure en cas d’appel téléphonique, etc. Il y a aussi probablement une question de standing, le GPS embarqué faisant partie des options incontournables comme l’était l’auto-radio il y a quelques décennies. Un signe intérieur de richesse, en quelque sorte. A trois mille balles, c’est sûr.

Mais c’est très cher payé quand on voit la redoutable efficacité et l’intelligence d’applications gratuites de navigation pour smartphone comme Nokia Drive (Windows Phone), Waze ou encore Google Maps Navigation.

« Manufacturers of navigation systems face a serious challenge as smartphone navigation usage continues to rise and gains preference among vehicle owners »

(les manufacturiers de systèmes de navigation font face à un sérieux défi, du fait que la navigation sur smartphone continue à se développer et remporte la préférence des possesseurs de véhicules)

Une histoire qui rappelle un peu celle de l’hôtellerie avec le téléphone : quand sont arrivés les mobiles, les hôteliers ont dû rapidement faire une croix sur un « service » avec lequel ils se sont gavés comme des porcs pendant des décennies en surfacturant les communications et la mise à disposition d’une ligne directe dans la chambre[1].

Les constructeurs ont donc intérêt à travailler sérieusement le sujet – amélioration de l’ergonomie et de la fiabilité, baisse significative des prix – s’ils souhaitent continuer à vendre leurs systèmes embarqués. Sinon ils risquent de subir le même sort que tous ceux qui n’ont pas su s’adapter aux nouveaux usages liés au numérique et qui ont considéré qu’il ne fallait surtout rien changer et continuer à assommer les utilisateurs avec des tarifs qui n’ont plus aucune justification : les consommateurs iront voir ailleurs et utiliseront les outils gratuits et agiles dont ils disposent, et ne prendront plus des options hors de prix.

[1]Cela étant certains se rattrapent encore avec le WiFi, mais cela ne durera pas éternellement non plus.

(source)