Pour certains, le rock mène à tout à condition d’en sortir.
C’est ce qu’ont dû se dire un jour quelques rock-critics (en français "journalistes spécialisés dans la musique et la culture rock qui ont contribué à leur façon à façonner la légende en n’hésitant pas parfois à payer de leur personne par l’utilisation de substances illicites"), qui ont compris que malgré leur talent ou leur plume ils n’atteindraient jamais le dixième de la gloire des stars qu’ils côtoyaient quotidiennement.
Frustrant, forcément.

Rock n Folk


C’est ainsi que les plus ambitieux (ou talentueux) d’entre eux ont vite lâché l’affaire, partiellement ou totalement, pour se consacrer à des carrières plus rémunératrices et davantage en accord avec leur standing et leur soif de reconnaissance par le grand public.
Des iconoclastes chez qui on retrouve toujours ce petit grain de folie rock’n'roll, quelque soit leur statut et leur activité actuels, parfois très éloignés de leurs premières amours.
Petit florilège en forme de le saviez-vous ?

Saviez-vous qu’avant d’être le génial animateur de Rapido, puis le bouffon de Philippe Gildas avec José Garcia sur Canal +, puis acteur au look de jeune premier et enfin réalisateur de films ennuyeux, Antoine de Caunes a commencé sa carrière comme rock-critic à Rock’n'Folk ? Détail croustillant, il tenait la rubrique spécialisée sur le… Jazz-rock et la musique progressive ! Et oui, ne riez pas, Magma et Fairport Convention n’avaient aucun secret pour lui. Pour nous, si, je vous rassure : Magma reste toujours un mystère.

Saviez-vous qu’avant d’écrire des bouquins (l’énorme Fuck, entre autres) des scénarii, des dialogues et des paroles de chansons pour les autres (et parfois les pires, comme Sardou), Laurent Chalumeau fut aussi rock-critic à Rock’n'Folk, où il sévissait plutôt dans le hard-rock et le métal US ? Ca fait drôle non ?

Saviez-vous que, avant de se lancer éphémèrement dans une carrière de chanteur beau gosse qui hurlait J’aime regarder les filles de sa voix travaillée au Jack Daniels, Patrick Coutin fut également critique musical. Ou ça ? A Rock’n'Folk bien sûr ! Une pépinière, vous dis-je.

Saviez-vous qu’avant d’être la pseudo-méchante de service dans Le maillon faible, Laurence Boccolini officiait en duo avec l’un des plus vénérés des journalistes-rock Bernard Lenoir, mythique animateur de Feedback sur France-Inter pendant presque deux décennies, dans Les Inrockuptibles sur Europe 1 ? Et oui, Laurence Boccolini est aussi une enfant du rock et sa culture musicale est absolument impressionnante.
Vous ne saviez pas, vous êtes le maillon faible, au revoir.

Enfin à tout seigneur tout honneur : saviez-vous qu’avant d’être celui que maintenant tout le monde connait, et même bien avant d’avoir créé Les enfants du Rock à la télé, Philippe Manoeuvre fut dès ses vingt ans journaliste à Rock’n'Folk ? Rock’n'Folk qu’il secoua de son énergie délirante et communicative à tel point qu’il finit par en prendre les commandes et devenir le boss du vénérable mensuel quelques années après son arrivée fracassante dans la rock-critique française. L’arrivée de Manoeuvre fut dans le petit monde de la critique musicale tricolore un électro-choc qui n’eut jamais d’égal. Souvent imité, jamais égalé le Phil.
Vous vous en foutez sûrement mais je le dis quand même : si je blogue aujourd’hui, je le dois certainement en partie à Manoeuvre.

La liste serait encore longue des stars du PAF qui ont fait leurs premières armes dans la presse rock :  Thierry Ardisson, Olivier Assayas, Patrice Blanc-Francard (l’oncle de Sinclair) entre autres ont tous commencé leur parcours médiatique en usant leurs fonds de culotte chez Rock’n'Folk.
Ne cherchez plus, la vraie Starac, c’est la presse rock !