[La Start-Up française de la Semaine] : Sharewizz

Sharewizz est la « Start-up française de la semaine » dans le cadre de notre concours Start-Up Presse-Citron. Le mois d’Octobre est consacré à la thématique « Pour un monde meilleur ».

Que fait Sharewizz ?

Sharewizz est un site où vous allez pouvoir prêter et emprunter gratuitement des objets entre particuliers.

Plus concrètement, les utilisateurs vont pouvoir proposer leurs objets inutilisés qui vont se retrouver géolocalisés. Vous pouvez donc faire une recherche pour un objet en particulier (et voir qu’un coffret Stanley Kubrick en DVD est disponible à 3km) ou regarder ce qui est proposé autour de vous (et découvrir un exemplaire du livre Business Model Generation à 0.5km de vous).

Vous pouvez ensuite envoyer un message à son propriétaire pour faire une demande de prêt gratuit. La personne peut refuser le prêt si elle n’a pas confiance en votre profil, ou vous demander une caution.

Il est également possible d’envoyer un « Wizz » pour expliciter le fait que vous êtes à la recherche d’un jeu Guitar Hero et quelqu’un pourra vous contacter pour en proposer un en prêt.

Ce système hyperlocal est également pensé pour fonctionner auprès des communautés déjà existantes (et où la confiance est déjà instaurée) pour inciter les résidents d’un immeuble ou les employés d’une société à se prêter des objets.

Qui est derrière Sharewizz ?

Fondateurs :
  • Benoît Renoul (CEO), 31 ans.
Genèse :

Benoît a décroché son Baccalauréat en 2001 avant de réaliser 3 années de droit avant de pouvoir enfin découvrir le monde de l’entreprise en suivant le parcours Communication du Celsa. En effet, il a immédiatement intégré la Junior entreprise de l’école où il a pris contact avec le monde des entrepreneurs. C’est notamment là qu’il a rencontré Gauthier Picquart (co-fondateur & ex-PDG de Rue du Commerce, qui est sorti de ce même parcours) et qu’il s’est pour la première fois fait la réflexion que la dimension entrepreneuriale était fantastique.

Benoît avait connu les boulots tout au bas de l’échelle (et notamment le travail à la chaîne en usine pendant ses études) et cette envie d’entreprendre qui naissait en lui a immédiatement été teintée d’un certain idéalisme… avec la volonté de créer une boîte avec certaines valeurs.

Et providentiellement, en 2007,  un ami est venu lui proposer de lancer une start-up qui se présentait comme le « Vélib de l’internet ». L’idée était simple : déployer des milliers de bornes depuis lesquelles l’abonné pourrait avoir accès à internet pour un prix symbolique (5€/mois & 30€/an). Il faut se rappeler que, à l’époque, le smartphone n’existait simplement pas (l’iPhone serait présenté quelques mois plus tard) et que cette solution d’accès à internet a très vite marché avec d’excellentes retombées presse.

L’idée était vouée à l’échec avec l’arrivée prochaine d’internet dans la poche de chaque consommateur, mais le projet explosa en vol avant de voir cela puisque les deux hommes avaient mal prévu leur besoin en cash alors que les bornes étaient coûteuses à mettre en place.

Benoît était conscient des erreurs qu’ils avaient commises et souhaitait se former pour acquérir des compétences qui lui permettraient d’entreprendre ensuite avec plus de chance de réussite : il rentra dans un cabinet de conseil pendant 4 ans pour réaliser du conseil en management et organisation.

Eté 2011 : Benoît souhaite partir faire de l’alpinisme et poste un message sur Facebook dans l’espoir de trouver un ami qui aurait le coûteux matériel d’alpinisme à prêter. Il trouva cet ami et partit avec son matériel.

L’idée mit des mois à germer mais il pensa beaucoup à ce genre d’objets qui n’allaient pas manquer à leurs propriétaires, qui n’allaient pas s’user sur la semaine de temps qu’il l’utiliserait… et surtout à la gratitude qu’il a ressenti face à cet ami (qui lui a fait réaliser une énorme économie).

Persuadé que, dans l’imaginaire des gens, l’entraide ne se monnaye pas, Benoît imagina un système non-marchand qui favoriserait le prêt avec des valeurs humaines comme le développement durable et la confiance.

C’est ainsi que l’idée d’un Couchsurfing hyperlocal des objets du quotidien vint naître dans son esprit en Décembre 2011.

Sharewizz était en route.

Principal défi aujourd’hui

Comme pour l’ensemble des marchés bi-face (LeBonCoin, Airbnb, …) il faut à la fois de l’offre et de la demande. Sharewizz doit donc atteindre une masse critique d’utilisateurs actifs pour que le service devienne intéressant pour tout le monde. Il faut également arriver à une certaine densité géographique.

 

Entrepreneurs qui l’a inspiré

François Michelin :  Il a découvert le parcours du fondateur de Michelin lors de sa découverte du monde de l’entreprise et a été impressionné par son souci des employés. Il s’agit d’une personne qui savait investir sur la personne  pour une construction sur le long terme.

Jeff Bezos : Il trouve fantastique qu’un homme puisse renouveler un marché. Avec la vision du e-commerce, et le sens de l’excellence du service client.

Carte d’identité

Nom : Sharewizz

Lieu des bureaux : dans les locaux de BPI France, 9ème arrondissement

Taille de l’équipe : 5

Levée de fonds : un tour de Love Money en Février dernier pendant lequel 20 investisseurs l’ont suivi en injectant la somme de 72.000€ en 3 semaines. Il cherche désormais à réaliser une « vraie » levée au début du printemps 2014.

Modèle économique : Il n’est pas encore mis en place à l’heure actuelle. Il est prévu (même si l’équipe est en phase de réflexion) de partir sur un modèle freemium à la LeBonCoin (vente de services complémentaires) ou Evernote, ce qui va autoriser la plupart des utilisateurs à continuer à l’utiliser gratuitement. Volonté également de créer une offre pour les entreprises et de proposer un système de publicités avec un filtrage pour n’accepter que des publicités correspondantes aux valeurs qu’ils veulent insuffler dans cette communauté.

Anecdotes :

  • Sharewizz est le gagnant du concours Start-up en Vitrine : l’ensemble de l’équipe était ainsi venu faire vivre la vitrine d’une boutique parisienne pendant une semaine. Une excellente opportunité pour la start-up qui souhaite être proche des gens et qui en a donc profité pour faire du street-marketing et évangéliser cette idée du prêt gratuit. Ils n’avaient jamais pensé à avoir une boutique, et il était donc amusant de mettre le partage en vitrine et de faire prendre du recul aux gens sur leur mode de consommation.

Sharewizz en 4 dates :

Décembre 2011 : L’idée émerge dans l’esprit de Benoît, et il commence à y réfléchir.

Mars 2012 : Il décide de se lancer dans l’aventure à plein temps.

Fin Avril 2013 : Ouverture du site.

15 Octobre 2013 : 3400 objets partagés


Actuellement : en recherche de son CTO (avec compétence Ruby on Rails), cherche à prendre contact avec des investisseurs potentiels pour préparer la levée du printemps prochain, ainsi que des contacts auprès des collectivités locales (et notamment mairies).

Contact : benrenoul@sharewizz.com


Un commentaire

  1. Pas mal cette idée ! Hâte de voir comment ça va évoluer mais effectivement, il faudra instaurer un climat de confiance en béton. Je pense que c’est un pari véritablement audacieux et justement, intéressant. A suivre de près alors :-).

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