A la fois un éditeur de livres numériques et une agence de création littéraire numérique, Storylab veut être le premier label numérique de séries littéraires, qui va éditer des textes de création littéraire spécialement pensés pour les téléphones et tablettes.

Chaque jeudi à 11h, une nouvelle start-up française vous sera présentée dans le cadre du concours Start-Up Presse-Citron 2013.

Thème du mois d’Octobre : L’édition et le livre numérique

Que fait Storylab ?

Storylab est à la fois un éditeur de livres numériques et une agence de création littéraire numérique.

En effet, Storylab veut être le premier label numérique de séries littéraires (et par label, elle entend signe reconnaissable de qualité) qui va éditer des textes de création littéraire spécialement pensés pour les téléphones et tablettes.

La start-up part du principe que de nouveaux usages de lecture découle la demande pour de nouveaux formats littéraires plus adaptés.

En 2 ans, ce sont déjà 80 auteurs pour plus de 100 livres qui ont été publiés.

Mais Storylab a aussi une activité de studios de design éditorial. En effet, la société va accompagner des éditeurs traditionnels, des agences de communication et des marques pour réorganiser leurs contenus sous la forme de livres multimédia.

Ils ont notamment travaillé pour les éditions du Chêne, XO, et les éditions First (avec notamment «l’anglais pour les nuls»).

storylab [La Start Up française de la Semaine] : Storylab

Qui est derrière Storylab ?

La littérature n’était qu’un hobby pour Nicolas Francannet, du moins au début.

Il avait fait ses débuts dans le monde de la musique, passant du marketing à la direction artistique pour Sony ou Naïve, suivant des groupes comme Muse lors de leurs tournées.

Puis le voilà bifurquant vers la distribution de divertissement sur mobiles et tablettes pour Microsoft, e-TF1 ou une division de Lagardère.

Ce développement d’offres de contenus pour le monde mobile l’a amené à toucher la musique, les jeux vidéos, le cinéma. L’évolution logique aurait été de se positionner sur la lecture numérique.

Mais Nicolas et ses associés décidèrent de s’y attaquer ensemble : Storylab était né.

Les associés en question sont Renaud Leblond qui est à la fois auteur aux éditions Anne-Carrière et directeur de collection chez Hachette & Pierre-Yves Policella qui est docteur en informatique et a travaillé pour de grands groupes médias.

Lorsque les trois hommes se sont rencontrés, c’était avec une idée commune : il y a quelque chose à faire sur l’écrit.

A l’époque, les maisons d’éditions ne faisaient que numériser leurs livres pour en faire des ebooks. Il n’y avait aucune création.

La proposition de valeur de Storylab était la suivante : il y a de nouveaux supports, il y a de nouveaux usages… il faut créer de nouveaux contenus adaptés à ces nouveaux usages pour accompagner une consommation différente de la lecture.

Les voilà donc sélectionnés pour intégrer le Labo de l’Edition où ils ont travaillé pendant 1 an sur le développement de nouveaux formats pour cette lecture nomade.

Ayant conscience de la fragilité du projet si elle restait uniquement sur son activité de maison d’édition, la start-up décida très tôt de mettre à profit son expertise pour aider les marques et éditeurs à passer au numérique. Cela représente aujourd’hui 80% des revenus même si l’équipe refuse d’y consacrer plus de 50% de son temps : en effet, Storylab veut s’illustrer avant tout pour sa qualité d’éditeur.

 Et force est de constater qu’ils arrivent à se tailler une place au soleil, se retrouvant régulièrement 1er sur les différents stores de lecture numérique (ayant déjà été 1er pendant 6 semaines d’affilées devant Amélie Nothomb ou la biographie de Steve Jobs).

Ils annoncent aujourd’hui que pour la première fois en France, un livre numérique va être édité au format papier, inversant le processus de l’édition classique.

Ce sont donc les titres de leur collection «One-Shot» qui vont être co-édités avec les éditions «Intervalles» avec disponibilité à partir du 22 Octobre (et les acheteurs de la version papier pourront télécharger un autre livre gratuitement depuis leur smartphone).

nicolas francannet [La Start Up française de la Semaine] : Storylab

Carte d’identité

Nom : Storylab

Date de lancement : Novembre 2010

Lieu des bureaux : Paris, 18ème (Incubateur Paris Région Innovation nord Express)

Nombre d’employés : 9

Modèle économique : environ 80% des revenus sont issus de l’activité BtoB de studio.

L’activité d’éditeur ne représente donc que 20% actuellement, mais avec le marché du livre numérique sur le point d’exploser en France, il s’agit d’un gros investissement pour l’avenir.

Et dans ce cadre, il s’agit de téléchargement à l’acte sur de petits prix (donc avec  le besoin de réaliser de gros volumes).

Anecdotes : 

  • La start-up se nomme StoryLab pour deux raisons. En effet, «Lab» fait à la fois référence au «Laboratoire» puisque l’équipe souhaite expérimenter pour être toujours plus innovante et à «Label», puisque StoryLab veut être une marque forte, reconnaissable de part ses formats et sa qualité. Ce terme de «Label», tout comme de nombreux mots utilisés par Nicolas Francannet ne cessent de rappeler l’origine du jeune homme enraciné dans le marché de la musique.
  • StoryLab a organisé une exposition nommée «Pickpocket». L’idée ? Organiser un concours mettant au défi de raconter une histoire par l’image au travers de 5 ou 6 photos prises depuis un téléphone. Les 20 séries de photos sélectionnées (et notamment par le célèbre photographe et graphiste Peter Knapp) sont ensuite assignées à des écrivains qui doivent écrire une courte histoire à partir de celles-ci. L’exposition physique montrait de très grands tirages des photographies avec un flash code en dessous de chacune pour lire l’histoire correspondante. L’idée était d’expérimenter une distribution innovante des histoires, en dehors des modèles de distribution classiques.

Points forts :

  • La mission d’amener de nouveaux formats de lecture pour mieux coller aux usages
  • Une activité de studio qui assure la pérennité du projet
  • La très grande volonté d’expérimenter pour innover

Points faibles :

  • La possibilité d’innovation de la start-up est limitée à cause des différentes boutiques en ligne (iBookStore, Amazon, Google Play, etc.) qui ne sont pas pensées pour permettre de nouveaux formats et nouveaux usages. Ils sont donc tributaires de ces plateformes et de leurs lentes évolutions.