La vente de médicaments en ligne autorisée mais fortement encadrée

Un arrêté a été publié sur le Journal Officiel pour définir un certain nombres de contraintes imposées aux pharmaciens qui voudraient ouvrir une boutique en ligne.

Un pharmacien de Caen avait eu l’idée de lancer sa propre boutique en ligne de produits d’automédication. Après s’être attiré les foudres de la profession, l’homme avait rappelé qu’il n’existait aucune législation qui lui interdisait cela. C’est pourquoi le gouvernement a décidé de légiférer la vente de médicaments en ligne notamment avec une ordonnance publiée en décembre mais aussi avec un arrêté publié ce dimanche dans le Journal Officiel.

Ce dernier arrêté va encadrer sévèrement la vente de médicaments afin de protéger au mieux le consommateur. Il prendra effet le 12 juillet prochain et apposera de nombreuses contraintes à ceux qui veulent vendre en ligne. Premièrement, seuls les médicaments pouvant être délivrés sans ordonnance seront accessibles en ligne, soit 4.000 produits que l’Agence du médicament a estimé qu’ils peuvent être utilisés sans consultation d’un médecin.

Ensuite, les boutiques de ventes de médicaments en ligne devront obligatoirement être reliées à des pharmacies physiques. Si l’établissement physique ferme, son équivalent sur Internet doit fermer aussi. Pour créer un site d’e-commerce, le gérant devra demander l’autorisation à l’Agence régionale de santé et prévenir le Conseil de l’ordre des pharmaciens.

pills

Les médicaments devront être présentés « de façon objective, claire et non trompeuse » et être accompagnés de leur ordonnance accessible pour les internautes. Les seules informations qui doivent apparaitre sont : son nom commercial, la/les indication(s) thérapeutique(s), la forme du médicament, le nombre d’unités de prise et le prix. Le pharmacien doit également être prêt à répondre à toutes les questions des patients et doit pouvoir échanger avec le client avant toute commande.

On retrouve encore d’autres contraintes comme l’impossibilité d’être accessible sur un comparateur, l’engagement du pharmacien à préparer ses médicaments dans son office physique ou encore le respect de la loi du pays dans lequel le pharmacien vend. Toutes ces précautions proviennent du fait que sur Internet 50% des médicaments vendus sont falsifiés (Organisation mondiale de la santé), des produits qui peuvent s’avérer simplement inefficaces si ce n’est dangereux.

Beaucoup de contraintes pour les pharmaciens donc mais une volonté de protéger le consommateur tout à fait louable. Mais les Français ne semblent pas complètement prêts à acheter leurs médicaments sur le Web, selon un sondage de l’IRACM en partenariat avec l’Ifop, seulement 26% des interrogés se déclarent enclins à acheter des produits sans ordonnance en ligne (17% pour avec ordonnance).

(source)

Image: ‘Biotic lensbaby
http://www.flickr.com/photos/49503155065@N01/388889060
Found on flickrcc.net


15 commentaires

  1. Moi, en tant que consommateur, j’aimerai pouvoir comparer les prix avec un comparateur !
    Sachant que déjà dans les pharmacies, les prix varient énormément pour ce genre de produits…

    Je crois surtout que cet arrêté est fait pour protéger les intérêts des pharmaciens.

    Les produits para-médicaux qu’ils vendent dans leurs commerces, pardon pharmacies, ont de très fortes marges, bien plus que les médicaments remboursés.

  2. Je ne suis pas du tout rassurée par toutes ces mesures, même si elles ont l’air très strictes. Je pense que le scandale du laboratoire Teva va mettre à mal les vélléités des consommateurs concernant l’achat des médicaments sur la toile.

  3. Sur le principe c’est bien… dans la réalité, on achète des médicaments quand on est malade ( à moins de faire des réserves ? ). Si j’attends, la livraison par la poste de certains cachets…. je pense avoir le temps de mourir 3 fois entre temps.

    « l’impossibilité d’être accessible sur un comparateur » : il faut m’expliquer comme cette contrainte est réalisable ? et puis l’interet d’internet justement est de comparer les tarifs afin de ne pas se faire avoir.

  4. Beaucoup de contrainte inutiles sur un fond discutable de corporatisme.
    Quand à l’impossibilité d’être accessible sur un comparateur, ça ne dépend pas vraiment que du pharmacien. Ok pour les flux produits, mais rien n’interdit un comparateur de crawler les sites de vente pour récupérer lui même les meilleurs prix. Ce qui irait d’ailleurs dans l’intérêt du consommateur.

  5. Beaucoup d’officine pharmaceutique connaissent des difficultés contrairement à ce que l’on peut penser. Encadré la vente sur internet freine certainement la concurrence et la baisse des prix. Mais dans ce domaine ne faut il pas mieux privilégier la qualité et les conseils des pharmaciens.

  6. Sans vouloir faire de mon cas une généralité, la seule fois ou j’ai demandé conseil à un pharmacien il a fait une erreur qui aurait pu m’envoyer aux urgences. En ce qui concernent les difficultés des officines… Hum, pourquoi ais-je 3 pharmacies juste en bas de chez moi à moins de 100 mètres à la ronde ?

    Interdisons l’eCommerce pour protéger les grandes surfaces et interdisons les grandes surfaces pour la sauvegarde des petits commerces de proximités. C’est à l’offre de s’adapter à la demande, pas l’inverse.

  7. Julien> Rien a voir avec la protection du petit commerce.
    A Leclerc, si je me trompe et que je prends du pepsi a la place du coca, ca n’aura pas grande importance. Si je suis enceinte, je ne pourrais pas prendre certains médicaments et donc si j’arrive en pharmacie et que cela se voit, le pharmacien va me dire que je ne peux pas le prendre, en ligne, personne ne me le dira. Après des cas particuliers je peux t’en raconter pour chaque métier et heureusement qu’on les condamnes pas tous pour les erreurs des autres, ou sinon plus personne pourrait pratiquer un métier.
    Et comme dit Antoine, en général on achete des medicaments dans l’urgence. Si j’ai mal a la tete, si il faut que j’attende 3 jours pour avoir mon médicament…

  8. Pour ma part, l’ouverture est une bonne chose. Elle doit rester encadrer pour éviter les problèmes avec les faux médicaments. Ce sera le cas grâce à un futur système de numérotation et d’une vérification en ligne possible en consultant les données. Il faut que la concurrence s’ouvre de toute façon.
    Pour le générique, je reste sceptique car ils ne procurent pas toujours les mêmes effets que le médicament original. Dommage qu’on nous oblige à les utiliser en ne remboursant plus les autres…

  9. Bonsoir,

    et oui, beaucoup de nouvelles contraintes pour les pharmacies et la vente de médicaments en ligne, celle obligeant l’hébergement sur des serveurs sécurisés agréés santé (http://esante.gouv.fr/services.....urs-agrees) étant très contraignante financièrement parlante.
    Quand aux autres règles, elles permettent juste d’encadrer correctement ces services pour éviter les dérives. On parle là d’e-santé, éthique et déontologie, on ne peut pas faire n’importe quoi.

  10. Merci pour cet article! Pour ma part je trouve que c’est une bonne idée pour les personnes ne pouvant pas se déplacer facilement en pharmacie ou aux heures d’ouverture, pour faire une réserve de médicaments de base. Grâce à l’encadrement de ces pharmacies virtuelles, les consommateurs bénéficient du sérieux des pharmacies physiques.

  11. Un autre sondage (sondage Groupe Pasteur Mutualité / Viavoice de mars 2013) estime quant à lui que :
    80% des Français considèrent que la vente de médicaments en ligne comporte des risques liés à la vente de contrefaçons.
    75% d’entre eux estiment que cette mesure représente une menace pour les consommateurs qui seront moins bien informés et conseillés.

  12. @JiaJo
    Si vous êtes enceinte et que l’utilisation du médicament que vous voulez est contre indiqué dans ce cas, cela sera marqué dans la notice, et si vous ne savez pas lire il y a peu de chance que vous commandiez par internet.

    Dans la grande majorité des cas, quand vous achetez un médicament, vous savez ce que vous prenez. Si vous avez un doute, mieux vaut clairement vous déplacer que chatter avec un pharmacien.

    La vente de médicaments doit bien évidement être encadré, mais dans le cas présent, les choix fait sont corporatistes avant tout.

    Concernant les génériques, c’est un autre sujet. Mais la dessus, l’état à raison. C’est la même molécule, le même principe actif… Après il y a toujours l’effet placebo et l’efficacité du marketing.

  13. L’avenir de la pharmacie en ligne ne va pas être facilité avec cet arrêté (notamment avec l’interdiction des comparateurs de prix) ! Une enquête menée auprès des 4 leaders actuels de ce marché éclaire les enjeux de la vente de médicaments sur Internet : http://www.mutuelle-zen.com/la.....e-enquete/

  14. Demain, c’est le grand jour, et demain toutes les pharmacies en ligne de France seront hors la loi sans hébergement agréé!

    Alors, comment fait-on?

Send this to friend

Lire les articles précédents :
startup-pressecitron
Start-Up Presse-Citron 2013

Après 8 mois passés à présenter une start-up française chaque semaine, l'heure de la grande finale a sonné. Focus sur...

Fermer