Le casse-tête de la charte graphique dans le design de site web
Par Eric,
14 mai 2007 à 19:34 :: Webdesign
et faites-le connaître
Dans la famille des métiers du web, je voudrais le graphiste (ou le designer ?)…
S’il est à mon sens une phase délicate à gérer dans le processus de création d’un site web pour un client, c’est bien la première étape : celle de la définition et de la création du design du futur site.
Car de quoi parle-t-on ?
On parle d’un pur processus créatif qui démarre à partir du brief du client, quand il y en a un.
On parle d’un brief plus ou moins précis, plus ou moins fantaisiste ou argumenté, duquel le graphiste va devoir s’imprégner, avec lequel il va composer (au propre comme au figuré) pour produire une première maquette.
On parle en fait de la réalisation à partir de la proverbiale feuille blanche d’une interface qui devra être le point de rencontre idéal entre le désir du client, la vision du graphiste et l’utilisateur final.
Pas facile facile…
Au fil de mon expérience, j’ai été régulièrement confronté aux deux cas de figure somme toute assez classiques :
- le brief du client est clair, il sait ce qu’il veut et sait l’exprimer (ou nous avons posé les bonnes questions), et en général la première maquette proposée est la bonne, à quelques aménagements près. Je vous rassure tout de suite : ce n’est pas le cas le plus fréquent…
- le brief du client n’est pas très clair, ou alors le client attend de nous des préconisations créatives (ce qui est souvent une mauvaise chose), on n’a pas saisi son univers, tout ça, et crraaaacc on va droit dans le mur (en béton armé et tapissé de tessons de bouteille) avec notre ch’tite maquette à la con.
Je le disais précédemment : le graphiste doit savoir comprendre, interpréter, s’approprier le désir du client pour coller au plus près de ses attentes. A ce titre j’en arrive à me demander si un bon webdesigner n’est pas en premier lieu un très fin… psychologue.
Car il y a du psy dans la relation qu’on peut avoir avec un client : il réfléchit interface et business, et on lui répond "art" et design.
A moins que ce soit l’inverse.
Bref, toi le barbu au fond de la salle, si t’es pas doué un minimum pour savoir comprendre, reformuler, recadrer et enfin créer, mieux vaut éviter de t’improviser graphiste.
On est là dans le subjectif, l’irrationnel, l’humain : pour un brief donné il y aura autant de maquettes différentes qu’il y aura de graphistes.
Comme il y a autant de façon d’interpréter un classique des Beatles qu’il existe de musiciens qui l’ont repris (et encore là on ne parle que de reprise, pas de création)…
Vous voyez un peu la prise de chou, et les dégâts que peut causer un brief mal compris en termes de productivité et de délai…
A tel point qu’il m’est arrivé récemment d’envoyer paître un client pour qui nous en étions à la quatrième proposition de charte graphique tellement l’incompréhension entre nous était grande et ne faisait qu’augmenter au fil de nos nouvelles propositions : j’ai tout arrêté et je lui ai gentiment suggéré de trouver un autre prestataire. Bon ok, je suis un peu caractériel, mais là de toute façon nous étions dans une impasse.
Et faut pas me chercher, des fois, surtout dans les impasses.
Tout cela m’a conduit à engager une réflexion sur la façon d’organiser un minimum le processus créatif, en essayant de mettre en place un certain nombre de normes qui évitent de rater complètement une maquette pour être passé à côté de la vision du client.
L’objectif étant de "matérialiser l’immatériel", à savoir baliser préalablement la création.
Appelez ça de la gestion de projet si vous voulez, moi j’appelle ça gagner du temps, ou éviter d’en perdre…
1. Exiger un brief clair du client, qui réponde à minima aux questions généralistes suivantes :
- un site pourquoi ?
- pour qui ?
- comment ?
- comme qui (important ça, de situer l’environnement concurrentiel avec un petit benchmark) ?
- qui va dire quoi ?
2. Rentrer dans le détail (technique de l’entonnoir, aller des généralités et élaguer jusqu’aux points les plus précis)
- y a-t-il déjà une charte graphique dans l’entreprise (plaquettes, logo…)
- y a-t-il un ou des graphistes en interne (pour situer le degré d’awareness du client
) ? - le client est-il en attente de propositions créatives, est-il ouvert à vos délires, bref vous donne-t-il carte blanche (attention, ça c’est le genre casse-gueule) ?
- ou au contraire sait-il précisément ce qu’il veut (ce qui ne garantit aucunement que sa vision soit pertinente) ?
- a-t-il des sites de références qui le font kiffer grave (au point de se lever la nuit pour les visiter) ?
- ou au contraire n’a-t-il qu’une culture internet proche de zéro virgule deux ?
3. Définir les balises "techniques" qui vont limiter les risques de crash (là on est dans le concret)
- le client souhaite-t-il gérer son site de façon autonome ? (ce n’est pas neutre : si oui, installation d’un CMS donc travail sur des templates, sorte de figure imposée qui a aussi ses contraintes)
- menu horizontal ou menu vertical ?
- format de page paysage ou portrait ?
- largeur fixe (et laquelle ?) ou design élastique ?
- combien de colonnes ?
- menu à gauche ou à droite ?
- Flash ou pas Flash (ou pas, SVP !)
4. Définir les balises "financières" qui vous protégeront d’une éventuelle faillite
- séparer la tarification du design et celle du développement ? (c’est juste une question/suggestion)
- déterminer précisément le nombre de maquettes ("pistes") que vous acceptez de proposer dans le budget défini. Concrètement, une clause disant en substance qu’au delà de x maquettes refusées par le client, le contrat sera caduque et une sorte d’avenant sera conclu pour la facturation de nouvelles maquettes.
- déterminer si vous proposez une seule piste à la fois ou si vous proposez par exemple 3 différents styles de design dès le début.
- il serait plutôt recommandé de faire signer un bon-à-tirer au client une fois la maquette définitive acceptée et validée, cela vous évitera peut-être beaucoup de soucis par la suite…
Bien sûr je ne propose ici que quelques pistes qui méritent probablement d’être complétées, et je dois avouer que je ne les exploite encore pas complètement.
Mais je sais à la lumière de quelques cas récents (et pas forcément négatifs) que je vais m’y tenir de plus en plus scrupuleusement.
Encore dix ans d’efforts et on sera des vrais pros, je vous dis.
Et chez vous ça se passe comment la gestion de la phase design ? Vous avez une méthode différente à nous faire partager ?



Commentaires
1. Le 15 mai 2007 à 1:20, par Miho :: site
2. Le 15 mai 2007 à 2:06, par stéphane :: site
3. Le 15 mai 2007 à 2:15, par Frédo :: site
4. Le 15 mai 2007 à 7:44, par Pom&K6 :: site
5. Le 15 mai 2007 à 8:34, par Cisco :: site
6. Le 15 mai 2007 à 8:45, par Xu :: site
7. Le 15 mai 2007 à 9:35, par Boris :: site
8. Le 15 mai 2007 à 9:52, par rouge :: site
9. Le 15 mai 2007 à 10:59, par footrix :: site
10. Le 15 mai 2007 à 11:23, par thibaut :: site
11. Le 15 mai 2007 à 11:25, par Xu :: site
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