« Tu peux être couturier ou PDG de Twitter, mais pas les deux »

Alors que Twitter prépare son introduction en bourse, un bouquin retraçant la saga du site de micro-blogging va bientôt arriver dans les kiosques, avec quelques révélations croustillantes.

Twitter prépare son introduction en bourse, et ses trois co-fondateurs, Jack Dorsey, Evan Williams et Noah Glass, devraient empocher à cette occasion une somme rondelette, même s’ils ne président plus aux destinées du célèbre site de micro-blogging.

Mais l’introduction en bourse n’est pas le seul vecteur de buzz autour de Twitter en ce moment : un bouquin sera publié le 5 novembre prochain sur la déjà mythique histoire de Twitter. Écrit par Nick Bilton, journaliste au New York Times, l’ouvrage, intitulé sobrement « Hatching Twitter: A True Story of Money, Power, Friendship, and Betrayal. »[1] retrace la saga d’une startup née en 2006 et devenue en quelques années un phénomène unique dans l’histoire des médias.

Le New York Times a publié hier quelques bonnes feuilles du livre, dans lesquelles on découvre déjà quelques révélations croustillantes. Ainsi apprend-on que dès 2009, Twitter fut l’objet d’une convoitise pressante de la part de géants du Net et de la high-tech, mais pas seulement. En première ligne, Steve Ballmer, PDG de Microsoft, qui aurait fait des avances à Evan Williams pour le rachat de Twitter par Microsoft. Rappelons que Microsoft a depuis acquis Yammer, un réseau social souvent qualifié de « Twitter des entreprises ». Faute de grive on mange des merles… Plus étonnant : le politicien, militant écologiste et ex-candidat à la Maison Blanche Al Gore aurait aussi approché les responsables du site.

Entre startup et couture

Mais, selon Nick Bilton, le plus insistant fut Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, qui alla jusqu’à tenter d’engager – sans succès – Jack Dorsey lorsque celui-ci quitta Twitter. Pour mémoire, Dorsey a ensuite fondé Square, un module et système de paiement mobile entre smartphones. Une société déjà valorisée à 4 milliards de dollars… Entretemps, le gars ne s’en faisait pas trop puisqu’il prenait des cours dans une école de mode à temps perdu alors qu’il était encore boss de Twitter. C’est Evan Williams qui l’aurait un peu recadré en ces termes : « Tu peux être couturier ou PDG de Twitter, mais pas les deux ».

Mais peu importe, les gars de Twitter ont peut-être eu le nez assez creux finalement : il faut quelques corones pour refuser de telles propositions quand on gère un site qui ne rapporte encore pas un kopek et dont l’avenir est tout sauf assuré (je parle du contexte de 2009) si l’on considère la vitesse avec laquelle se font et se défont les « réussites » de la Silicon Valley, sur laquelle plane toujours, quoiqu’on en dise, l’ombre gênante et quelque peu anxiogène d’une bulle prête à exploser.

Et Dorsey, le couturier, devrait encaisser aux alentours de 500 millions de dollars lors de la prochaine introduction en bourse. De quoi se faire tailler quelques costumes. Sur mesure.

[1] « L’éclosion de Twitter : une histoire vraie d’argent, de pouvoir, d’amitié et de trahison ».


2 commentaires

  1. Plus que de l’intuition pure, il me semble surtout que Twitter à ses débuts était une excellente idée qui devait au plus vite atteindre sa « masse critique ». Céder à toute offre avant cette étape c’était aussi prendre le risque de de voir profiter le pactole à d’autres, et sans exagérer le concept même des tweets est assez révolutionnaire en soi. C’était à la portée de n’importe quel développeur sachant un peu manipuler les bases de données, et le fait d’y croire fut primordial.

    On observe un peu le même chemin avec Pinterest qui est un concept pas innovant du tout (il existe des tonnes d’ancêtres et de clones aux US) mais qui tiens son cap pour s’imposer !

  2. Merci pour cet article et je confirme bien qu’il faut forcement choisir entre par exemple costume sur mesure et autre chose. On ne s improvise pas couturier

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