Les 4 accords les plus compliqués du monde

Le saviez-vous ? La grande majorité des tubes pop des quarante dernières années repose sur la même suite de seulement quatre accords. Décryptage et explications.

Le buzz de ces derniers jours sur The Axis of Awsome, ce groupe parodique australien qui a produit une vidéo démontrant qu’une grand partie des tubes pop-rock produits depuis deux décennies utilisent les 4 mêmes accords a ému la blogosphère et les mélomanes, qui ont tôt fait de crier à l’escroquerie intellectuelle : haro sur les pop-stars, qui nous refourguent la même daube recyclée depuis des années.

Émotion compréhensible.  Si je n’avais pas quelques notions de musique et d’harmonie, et si je ne pratiquais pas moi-même régulièrement, j’aurais probablement réagi de la même façon. Mais cette émotion est infondée, et je vais essayer de vous expliquer pourquoi.

D’abord, ce truc de 4 accords.

Toutes les chansons reprises dans cette vidéo sont bâties sur les 4 mêmes accords ? Et alors ? C’est censé être une découverte ? Cela ne veut strictement rien dire. Car si on veut raisonner de la sorte, il faut alors préciser qu’il n’existe en tout et pour tout que 7 accords fondamentaux : un par note disponible dans l’alphabet musical. Oui, comme l’ensemble du langage est constitué d’un alphabet de 26 lettres, toute la musique est construite sur 7 notes et 7 accords. Bien sûr, j’extrapole. Il existe en fait des milliers d’accords, autant que vous pouvez jouer de combinaisons de notes sur un instrument, mais ils sont tous dérivés du fondamental : majeur, mineur, dièse, bémol, tierce, quinte etc etc etc

black eyed peas Les 4 accords les plus compliqués du monde

La suite harmonique, identique ? Pas vraiment…

La vidéo, très bien faite, montre donc une suite d’accords répétée à l’infini, qui sont exactement ceux-ci : Mi Majeur, Si Majeur, Do Dièse Mineur, La Majeur (je me fie à ma guitare qui normalement est bien accordée mais je n’ai pas mon diapason sous la main…). Nous parlons de suite d’accords, ce qui ne signifie absolument pas qu’il s’agit des MEMES accords dans chacune des chansons citées. Les auteurs de la vidéo manipulent un peu la réalité en transposant la suite harmonique. Un exemple pour preuve ? With or without you de U2 est en Ré La Si mineur Sol, alors que Torn de Nathalie Imbruglia est en Fa Do Mi Mineur La Dièse. Rien à voir, donc ! Nous pourrions multiplier les exemples par autant de chansons mentionnées dans la vidéo. C’est un peu technique, mais cela valait le coup de vérifier.

Il est donc erroné de prétendre que toutes ces chansons sont construites sur les 4 mêmes accords : la vérité serait plutôt de dire que « les extraits produits dans cette vidéo utilisent la même suite harmonique si on les transpose sur le même accord de base ». La notion d’extraits est importante également, car toutes les chansons n’utilisent pas la même progression sur l’ensemble de leur durée, il y a des couplets, des refrains, des ponts, des soli, etc…

Pourquoi cette progression harmonique ?

En fait la question serait plutôt de savoir pourquoi cette suite d’accords est utilisée si souvent. Contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là, ce n’est pas une question de facilité. Un musicien professionnel sait jouer n’importe-quel accord, pour lui il n’y a pas d’accords faciles ou d’accords difficiles. Je crois que c’est beaucoup plus profond que cela et que cela touche au mystère de l’âme humaine. Notre cerveau est ainsi fait que certaines harmonies nous touchent plus que d’autres, et qu’une suite d’accord parle à notre inconscient davantage qu’une autre. C’est vrai pour le public, mais c’est vrai aussi pour le compositeur. C’est d’autant plus vrai que justement, et ce cas le démontre, une même suite harmonique utilisée par plusieurs artistes – probablement sans même qu’ils s’en soient aperçus au moment où ils composaient leur chanson – sur plusieurs décennies a produit un nombre de tubes important.

Ensuite, selon sa culture, l’homme (et même parfois les animaux) est sensible à des types différents d’harmonies : une chanson de Jeff Buckley qui tirera des larmes d’émotion à un américain laissera peut-être de marbre un pakistanais.

C’est d’ailleurs tout le mystère du blues : pourquoi cette musique immuable s’est elle cristallisée pour l’éternité autour des 3 mêmes accords et 12 mesures, et surtout de la même progression harmonique ? Parce-que cette mécanique musicale qui prend ses racines an Afrique, dépouillée de toute fioriture, disait probablement à la perfection la souffrance des noirs dans le sud de l’Amérique conservatrice du début siècle dernier : l’histoire avait un début, un milieu et une fin, et les 12 mesures, dans leur symétrie et leur dissonance racontent tout, comme un livre qu’on ouvre, qu’on lit, et qu’on referme.

Finalement, la vidéo de The Axis of Awsome aura un mérite qui va probablement à l’inverse de l’effet recherché : démontrer l’incroyable et infinie richesse de la musique, qui est capable de se renouveler et produire des choses différentes avec seulement quelques accords. Comme chaque être humain est différent, chaque façon d’interpréter une note est différente.

Ce qui nous rappelle que la musique est un truc avant tout profondément humain. Ouf.

94 commentaires

  1. « des tubes pop-rock produits depuis deux décennies utilisent les 4 mêmes accords a ému la blogosphère et les mélomanes, qui ont tôt fait de crier à l’escroquerie intellectuelle »
    Parce qu’il est bien connu que les bloggeurs ne relayent pas la même infos de « buzz » , évidemment que non tout le monde a un contenu bien à lui…

  2. J’attendais que quelqu’un de sérieux donne les bons arguments musicaux à ce faux-buzz … (quand des non musiciens se font avoir)

    Merci Eric !

  3. Je suis complètement d’accord avec the axis of awesome: le fait qu’on ressort les 4 mêmes accord, même si elles sont à différentes sauces de suite d’harmonique, c’est un argument hypocrite utilisé par les majors pour nous servir les mêmes formules daubées qui marcheront en effet peut-être parce qu’il n’y aucun risque et aucune nouveauté.

    Ce n’es pas pour rien que beaucoup de professionnels ou de passionés de musique crie à la mort du pop-rock et pleure le supplice de leur oreilles qui entendent toujours les mêmes choses.

    Sans même aller dans le fait qu’il y aujourd’hui de nombreux genres qui heureusement réinvente la musique, du folk scandiave, à la techno allemande ou encore le rap de chicago.

    Mais il suffit en fait de regarde de vieille demonstration de gars vraiment talentueux dans leur domaine respectif, et qui ne se contentent absolument pas de 4 accords:

    http://youtube.com/watch?v=6mS.....re=related
    http://youtube.com/watch?v=6mS.....re=related

  4. Je croyais être en mesure de comprendre tout les articles qui paraissent sur presse-citron, mais là, c’est la première fois que je suis complètement largué. J’ai rien mais alors rien compris du tout ;-)
    Je crois que je ne suis pas fait pour jouer de la musique. L’écouter me suffit…

  5. Excellent article, mais c’est aussi un peu gros de jouer les mêmes accords mais de chanter d’autres notes. C’est « facile » de chanter n’importe qu’elle chanson sur ces 4 accords si on chante plus fort que la musique… :)

  6. Eric

    Non mais le truc à la base c’est que la musique est par essence un recyclage éternel. C’est comme l’être humain, nous avons tous deux yeux un nez et une bouche (enfin normalement) et pourtant personne ne se ressemble

  7. Merci beaucoup Eric pour cette mise au point, tout à fait d’accord avec ton analyse et surtout ta conclusion: finalement avec la même vidéo on peut percevoir un message totalement différent selon son ses compétences musicales, sa sensibilité… voir même son humeur du moment.

    Très bon rapprochement avec le blues, une video de ce type avec des standards blues serait beaucoup plus frappante.

    @Jean-Sébastien Mansart : +1 !!!

  8. Je ne connais pas le vocabulaire technique, et un jour ça me perdra. Je rejoins le commentaire de Augure, peu importe la technique, l’impression rendue sur les tympans est la même, et j’aime tout autant chacune des chansons chantées ici. Et ce n’est pas un hasard. On appelle ça effectivement « ne pas prendre de risques ».

    On peut citer des centaines de groupes qui ne se cantonnent pas aux accords « pré-acceptés » culturellement. A défaut de toucher un nombre important de personnes, ils ont au moins le mérite de chercher et d’innover, chose dont les majors sont incapables la plupart du temps (trop d’argent en jeu, sans partir dans l’anti-capitalisme extrême, il faut bien avouer que ça biaise un peu la créativité).

    Seulement voilà, tout le monde n’est pas curieux, tout le monde n’est pas passionné, et ça sera toujours comme ça, alors… inutile de jeter la pierre. Heureux sont ceux qui ont l’impression d’avoir trouvé des trésors que d’autres ne savent pas voir (entendre, en l’occurence).

  9. A l’origine (comme l’a bien dit Eric) la musique c’est juste 7 notes, que l’on décline en accords majeurs mineurs, dièses etc … et dans absolument tout les styles musicaux on retrouve des progressions d’accords similaires propre à un style (classique, rock, jazz…). Ce qui fait la différence c’est l’interprétation, les sentiments qu’on y met et tant d’autres subtilités, qui font qu’on peut avoir 500 fois les mêmes accords et ne jamais ressentir la même chose.
    C’est comme ça depuis la nuit des temps, et il est un peu facile d’aller faire un buzz sur la pop, qui a toujours été un de style musicaux les plus simple au monde (point de vue richesse de notes disons) .
    Après je peux comprendre le choc de cette « révélation » chez un non-musicien, qui va se prendre cette vidéo de démystification de la musique et crier à l’arnaque.
    Maintenant faut pas allez faire croire que « les mélomanes sont émus », parce que quand on s’y connait 3 secondes en musique la vidéo prête juste à sourire.
    C’est un peu au ras des pâquerettes.

  10. Je suis tout à fait d’accord avec Éric.

    Pour ce que celà intéresse ,on peut aller un peu plus loin en analyse musicale.

    En se basant sur la suite Ré – La – Si mineur – Sol :

    L’accord de Ré est la tonalité principale (on l’appelle la Tonique). — On le note : I

    La est l’accord de Dominante (c’est après la tonique le degré le plus important d’une gamme). « tonique et dominante sont d’ailleurs considérées comme deux pôles dont la force d’opposition/attraction constitue la « pierre angulaire de l’harmonie tonale » » (Wikipedia) — On le note : V

    Vient ensuite l’accord de Si mineur qui est le relatif mineur de Ré. « Toute tonalité majeure est en relation avec une tonalité mineure. La gamme mineure est la relative mineure de la gamme majeure qui possède la même armure qu’elle — et inversement » (Wikipedia encore). (l’armure est l’ensemble des altérations dièse ou bémole d’une gamme).
    Il est très fréquent en musique (voire même quasi systématique) de passer d’une gamme majeur à sa relative mineure au cours d’un morceau et de revenir ensuite sur la gamme majeur. — On le note : VI

    Et on finit sur l’accord de Sol qui est l’accord de sous-dominante (le troisième accord le plus important d’une gamme) — On le note : IV

    On remarque que lors de la répétition de la séquence, on obtient la suite IV-I qui correspond à une cadence plagale.
    (Une cadence est une formule harmonique qui a pour but de finir une phrase musicale).

    Que retenir de tout cela ?
    Tout simplement que c’est une construction harmonique on ne peut plus classique et qu’il serait difficile de taxer ces différents groups de musique sus-cités de plagiat sans taxer à peur près tous les compositeurs de se plagier les uns les autres depuis plusieurs siècles.
    La qualité du compositeur se retrouve plus dans la mélodie qui sera placé pardessus la ligne harmonique, dans les contre-chants …

    Je finirait par la suite harmonique du canon de Pachelbel qui n’est qu’un tout petit peu plus évolué que les quatres accords si dessus. Cette phrase harmonique, sur le même principe est répétée tout au long du morceau.
    RE – LA, SIM – fa#, sol – ré – SOL – la
    On a la quasiment la même phrase harmonique (avec juste quelques fioritures en plus).

  11. Un article de qualité, c’est pas tous les jours que je penses ça de tes articles ;) :D
    Voilà effectivement une vérité qui n’avais pas été relayée à propos de ce buzz.
    Complètement d’accord aussi avec cette phrase « la musique est un recyclage éternel ».
    Et puis, cela ne va pas forcément en contradiction avec l’idée que les « majors » jouent sur le fait de savoir qu’une gamme d’accord va forcément marcher sur un type de public (le public occidental par exemple), alors finalement tout le monde est content 8-)

  12. Disclaimer : Je « suis » guitariste et batteur.

    Certes ces éternels accords touchent et continueront de toucher l’âme humaine. Sur les mêmes accords, on aurait encore pu citer No Woman No Cry.
    (Au passage, il s’agit certainement du plus gros succès de Bob Marley, et qui pourtant s’éloigne le plus du reggae qu’il composait habituellement. Une musique occidental pour une oreille occidentale (et les ventes qui vont derrière :( ) )
    Mais à se dire qu’on cherche la facilité de toucher l’âme humaine en prenant ces 4 accords, cela ne revient pas à la facilité de choisir du pr0n quand il s’agit d’atteindre le cerveau reptilien du mâle moyen ?
    (Raccourci volontairement caricatural)

    Bref, surtout, quand on voit défiler ce panorama, n’a-t-on pas l’impression d’écouter RFM ?
    Sans être péjoratif, j’entends par là qu’il s’agit pour moi de la musique dans son côté formaté, FM, entendu et ré-entendu.
    Si les tonalités changent, la base harmonique reste la même. La raison n’en est généralement pas le parti-pris artistique mais plutôt la facilité pour le chanteur d’adapter la chanson à sa tonalité naturelle.
    Par contre, on voit qu’il s’agit grosso modo des mêmes tempi. Pour ca qu’on finit par penser à ces formatages…

    Tu dois le savoir Eric si tu grattes tes cordes de temps à autres. En plaquant ces 4 accords, les mélodies chantonnées au fil du hasard sonnent tout de suite. Flatteur.
    Pour un peu que des musiciens corrects suivent derrière, et que la voix ait aussi une belle gueule, les ingrédients sont réunis pour le « succès commercial ».
    (2e méchant raccourci qui dégrade toute la minutie du travail d’Eric, mais c’est un commentaire, pas un billet ;) )(ni un troll !)

    Bref, ce que je regrette, c’est que malgré ces bien beaux accords qui s’emboitent comme papa dans maman, les artistes « mainstream »/commerciaux se cantonnent à chantonner de joulies mélodies dessus.
    Là où d’autres rajoutent passages d’accords, richesses harmoniques, arrangements travaillés, …

    Je ne prône absolument pas la complexité comme critère de la « bonne musique », ni le fait qu’avant d’avoir passé 15 ans dans un conservatoire, la musique n’existe pas.
    Prendez Radiohead.
    Les accords ne sont pas révolutionnaires. Mais ce qu’il y a autour (arrangements, mélodie, ingénierie du son, …), oui ! C’est juste fantastique. Novateur. Créateur. Unique. Toussa toussa bla bla. Alors que ce sont les mêmes accords…

    Bref, terminons sur un dernier bon gros cliché en disant qu’heureusement, il existe encore de vrais « artistes » qui osent sortir des sentiers battus, le font avec brio et donnent à nos oreilles de quoi se tripoter le pavillon :)

  13. Ouaou, un article de Presse-Citron ou je ne comprends absolument rien.
    C’est peut être ca que ressent ma copine quand je lui parle de technologie Web ou de gadgets ….
    J’ai lu des mots contenus dans des phrases mais ca n’a rien produit au nvieau de mon cerveau. En gros il dit qu’il veut bien te croire
    :-)

  14. Dans la musique occidentale, il y a bien 7 notes dites « naturelles », mais il faut y ajouter les notes intermédiaires (demis tons) qui sont au nombre de 5, ce qui nous fait 12 intervalles dans la gamme chromatique.
    Dans d’autres cultures, on retrouves des micro-intervalles, comme des quart de tons.

  15. Excellent article !
    Un grand merci !
    Ahh, la fameuse suite magique, que Bonjovi, De Palmas, et autres, des grands, quoi ;-) ont épuisés jusqu’à la moelle…

  16. Mmmm. Je penche personnellement pour l’avis d’Eric. Je rajouterais un argument : même si les majors tentent de pousser des tubes, c’est quand même en grande partie le public qui décide du succès. Le public choisit ses styles, ses stars, ses tubes, malgré la pression des majors. Comparer une liste de succès, c’est comparer les goûts du public. Ah ? Il a souvent les mêmes goûts ? Ben on fait pareil dans notre assiette : des centaines de légumes, des milliers de variétés, mais on mange toujours les mêmes. Pas la peine de décharger (toute) la responsabilité sur les producteurs… de musique ou de légumes.

  17. Eric

    @benouse
    Je crois que l’oreille humaine n’est capable de discerner que les demi-tons, pas au-delà. Donc les quarts de tons sont probablement de l’ordre du subliminal, ce qui d’ailleurs contribue peut-être à la richesse de certaines musiques orientales

  18. Excellent article, en effet ! Même si je ne partage pas forcément la conclusion, l’angle de vue est intéressant. Je voulais quand même ajouter qu’il existe 7 notes dans une tonalité donnée ! et que rien n’empêche de se balader de l’une à l’autre, ce qui multiplie considérablement les possibilités.
    Pour moi, le choix de ces 4 accords reste quand même le choix de la facilité, qu’il ne faut pas forcément repousser, loin de là (ça nous aurait privés d’un nombre incalculable de chansons fantastique, de blues etc)
    , mais ça trahit bien souvent à mon goût un cruel manque d’imagination, (et d’amour propre, pour le compositeur) d’autant que dans la plupart des cas, les arrangements ne viennent que très peu camoufler cette redite …

    Cela dit, j’écoute autant Jack Johnson que Radiohead, mais j’ai beaucoup plus de respect pour le travail des deuxièmes qui amène vraiment quelque chose de nouveau dans le paysage musical, et c’est bien rare…

  19. « Ce qui nous rappelle que la musique est un truc avant tout profondément humain. Ouf. »

    Tout à fait d’accord, la musique est avant tout une affaire de sensations. Un article très intéressant à ce sujet dans le Télérama de cette semaine sur les travaux du Docteur Sacks et les effets de la musique sur notre cerveau.

    Bref, oublions un peu la technique et laissons place à nos émotions !

  20. Ce qui m’a touchée le plus dans ces commentaires ? La phrase de « Charles » : « des artistes qui donnent à nos oreilles de quoi se tripoter le pavillon » !
    Parce que pour le reste, j’ai pas tout compris… je fais partie des ignorants en la matière, qui écoutent, ça plaît ou ça plaît pas, on ré-écoute ou pas, sans trop savoir ce qu’on a écouté, mais émus quand même ;)
    Article intéressant, qui permet d’entreprendre une (petite ? je parle pour moi…)réflexion sur la musique.

  21. Chapeau pour le billet, faire un cours théorique sur une suite harmonique sans parler de notre pote anatole, c’est fortiche!

    D’ailleurs, c’est certainement à cause d’anatole que Satriani attaque en plagiat Coldplay et que ce n’est que le début d’une longue série…

    Tu peux être moyen en musique, mais prends une rythmique feu de camp, avec un II V I et ceux qui ne jouent pas d’un instrument te prendront pour un dieu…

    Non, c’est pas humain, c’est anatole!

  22. @Eric:
    Si ton oreille est seulement capable de discerner les demi-tons et pas au delà, j’espère que tu n’accordes pas toi-même ta guitare…

  23. Rob Paravonian s’était attaqué à cette thématique de façon un peu plus drôlatique… A mon humble avis…
    http://www.youtube.com/watch?v=JdxkVQy7QLM

    Je vois vraiment ce qui a ému la blogosphère… Car la MuZicoSphère elle reste de marbre et continuera à pogoter/headbanger/Giguer/Squaredanser et autre mouvements (des)ordonnés sur ces 4 accords :)

  24. En ce qui concerne le blues, je ne suis pas d’accord avec toi Eric puisque le blues n’a été formaté qu’au début du siècle par des pianistes … Avant cela on pouvait avoir des blues en 13 ou 14 mesures selon l’envie du moment des musiciens.
    Je ne pense pas que les futurs esclaves chantaient les 12 mesures dans la savane ;-)

    Cela dit, ce battage autour de l’usage généralisé de progressions harmoniques revient souvent sur le tapis.
    Toutes les musiques y sont sujettes (pop, blues avec le I IV V, Jazz avec le II V I, rock, …)
    Je pense qu’une personne calée en musicologie et en harmonie pourra trouver les mêmes progressions chez tous les compositeurs classiques.
    Ce qu’il faut se dire c’est qu’il y a des progressions qui sonnent et d’autres pas. Le problème c’est que ça change effectivement avec le background des personnes qui les écoutent. La musique dite occidentale et la musique indienne sont à des années lumières sur tous les plans (rythmique, harmonique, …) par exemple.

    Bref, pour moi, c’est beaucoup de bruit pour rien, on réinvente l’eau chaude et on fait du buzz.

  25. @ Eric:

    Ah non ton oreille va bien au-delà du demi-ton… Tu peux discerner les microtonalités… Ce qui permet de déterminer ce qui est faux de ce qui est juste…
    Les musiques orientales (au sens très très large) utilisent beaucoup les 1/4 de ton là où par contre la musique occidentale en est beaucoup moins friande…

  26. Mwesh … effectivement, y’a de quoi être partagé. Le recyclage musical n’a absolument rien de choquant. Pour ma part je dois disposer d’une bonne trentaine de versions de « Sun is shining » (sans être sur que ça ait été composé par Marley, d’ailleurs). Autant je ne parviens pas à me lasser de cette mélodie, autant je trouve par contre que l’enchaînement d’accords sus-cités est indigent. Any version of this tune sucks ! Ce qui n’est le cas d’aucune des 30 versions de « Sun is shining »… Quant à expliquer pourquoi :/
    (j’ai l’oreille mais pas la partoche !)

  27. Eric

    @petit-singe
    J’ai tjs accordé ma guitare à l’oreille et elle se porte très bien ;-)
    Sinon, pour être un peu plus constructif, si tu peux me donner quelques éléments qui démontrent que l’oreille humaine perçoit – ou identifie, ce qui est un peu différent – au-delà du demi-ton, ça m’intéresse.

  28. Je n’ai pas lu ton explication puisque je connaissais déjà cela mais, là je trouve que l’exemple est encore très gentil. Il prend 4 accord, or rien qu’avec 3 on fait des morceaux par milliers (2,5,1) sans le 4° par exemple.

    On fait des morceaux très facilement, et la musique ne se résume pas aux notes mais aussi aux paroles.

    Ainsi, je crée une chanson sans l’avoir joué:

    Dm, G, Csus4, C, Dm, G, F, C, G, C, Am, D, Am, G, C.

    Ce qui fera la différence sera les paroles.

    Pourtant j’ai utilisé des accords simples, je n’ai pas cherchés. Ai-je réutilisé quelque chose? Je ne crois pas non.

    Il faut maintenant que les artistes sur penchent sur ce problème et savoir passer d’une gamme à une autre (utilisant le 5° degré).

    Le maître incontesté est Goldman! Si on écoute ses chansons, les accords ne sont pas loin des miens. La différence? Il finit par changer de tonalité, parfois même à des endroits improbables.

  29. Il me semble que l’oreille humaine est capable de détecter le ‘comma de Holder’ qui représente 1/9 de ton.
    Les meilleures oreilles seraient capable de détecter le ‘savart’ (environ 1/50 de ton)

  30. @eric:

    Dans les chansons indiennes et asiatiques c’est le cas. Dans certaines régions l’homme et la femme doivent être différents sur tous les points. Or, ils ont pour tradition de chanter les deux sexes réunis. Comment faire dans ce cas là pour que l’homme et la femme n’aient pas la même mélodie? Et bien il chante la même chose, mais avec un écard bien inférieur à un demi-ton. Vraiment inférieur. Et on le perçoit, européen aussi puisque l’on a l’impression qu’ils chantent faux.

  31. Toujours sur le sujet de la sensibilité de l’oreille.

    Dans l’échelle chromatique un ton n’est pas divisible par deux au sens mathématique du terme.
    En fait, une notte augmentée d’un demi-ton n’est pas égale à la note suivante diminuée d’un demi-ton.

    Ainsi Do# n’est pas égal à Réb (pour les informatitciens : Do# != Réb )

    En fait, un demi-ton vaut 5/9 de ton.

    Ce qui fait que:
    Do# = Do + 5/9 de ton
    et
    Réb = Ré – 5/9 de ton

    Soit le shéma suivant (une ligne représentant 1/9 de ton)


    |
    |
    |
    |Do #(Do + 5/9 de ton)
    |Réb (Ré – 5/9 de ton)
    |
    |
    |
    Do

    Un bon musicien doit donc être capable de faire la différence entre les deux : 1/9 de ton.

    Enfin, ça c’est la théorie, parceque en pratique il n’y a que très peu d’instruments sur lesquels il est possible de jouer différamment un Do# d’un Réb.

    Plus d’info : http://fr.wikipedia.org/wiki/Échelle_chromatique

  32. Bizarre, tout le monde oublie le e dans The axis of the awE (Korben l’a égéalement oublié), mais bon c’est pas très important ;)

    Sinon sympa cette explication surtout pour les gens comme moi qui n’y connaissent rien musicalement parlant… J’avais aussi beaucoup apprécié cette « explication » de Damien le Yéti > ici.

  33. Le scandale: on apprend aujourd’hui-même que la plupart des blogs sont réutilisent les même 26 lettres, dont une grande majorité de « E »!

  34. Un article fort intéressant comme toujours.

    Seulement à moins d’avoir mal lu les commentaires, il me semble que l’explication est ailleurs.

    C’est beau de montrer votre science musicale (et je ne parle pas d’Eric) mais vous passez à côté de la bonne explication.

    Les fameux accords sont ceux ci :

    C G Am F, les fondamentaux …

    Or ceux ci :
    C# G# A#m F# (Db Ab Bbm Gb)

    Auront la même incidence sur votre oreille, puisqu’il s’agit de la même suite d’accord augmenter d’un demi ton.

    Et on peut varier à l’infini.

    Ce groupe a juste NEUTRALISÉ tous les morceaux pour les mettre à la même tonalité, et donc au même accord et c’est pourquoi toutes les chansons peuvent se chanter sur ces 4 accords.

    Et à dire vrai ils ont normalisé ces chansons sur ces accords il me semble :

    D A Bm G qui ne sont pas fondamentaux.

    Voiloo pour ma modeste contrib.

  35. Shakira (whenever whatever), Khaled (Aicha), Avril Lavigne Complicated), Pascal Obispo (Tombé pour elle), Tryo (je sais plus laquelle, on peut en rajouter un max dans le clip ! C’est le truc qu’on joue à la plage pour rigoler et montrer à tout le monde que la musique c’est partout pareil. Mais déjà à l’époque, à 18 ans, je savais que l’on trichait un peu en voulant en trouver un max avec ces accords. Personnellement je compose souvent des trucs que je trouve géniaux (dans le sens mainstream du terme), et me rends compte que ca ressemble de près ou de loin à quelque chose d’existant. En fait pour moi dans la musique tout à déjà été pondu, tout n’est qu’une question d’arrangement (en gros c’est ça)…

  36. à tous vous lire intellectualisant les sons … j’ai l’impression d’être le seul à « ressentir » la musique. Au dela des accords ou des notes qui sont joué c’est surtout l’énergie qui s’en dégage qui me touche.

    Mais c’est cool j’ai fais le pleins de confiture à étaler lors des soirées « j’me la raconte » ;)

  37. Personnellement, dans l’exemple, il y a des musiques qui, je trouve, ne se ressemblent pas du tout.

    With or without you, ça n’a rien à voir avec Take on me, ou avec Let it be, ou avec Down under. Ca ne sonne pas du tout pareil.

    Beaucoup de musiques (pas toutes) se ressemblent effectivement dans l’exemple cité. Mais, justement, je trouve que ce sont plutot les daubes qui se ressemblent.

    Cela dit, vu que je ne connais pas ces chansons (celles que je trouve nulles), peut-être qu’en fait, il y a des différences quand on les écoutes chantées par le groupe d’origine. A voir.

    Ou alors, c’est la musique qu’on entend dans le fond qui est pareille ? Si c’est ça, je m’en fout un peu. C’est la mélodie du chant qui est importante.

  38. Pingback: Le web et moi... le blog d'Arnaud Valliere | Perception

  39. Hello. J’ai bien pris soin de lire tous les com pour ne pas faire de redondance. En fait, un exemple qui montre que les professionnels et specialistes de ce métier ne se trompent pas eux, est le nombre de proces pour plagiat qu’il existe. Tres peu!! Le dernier en date, et probablement un de ceux qui a fait le plus de bruit, est bein celui de Santana contre Coldplay. Et Santana ne se bat pas sur le fait que Cold play ait joue les meme notes que lui, mais bien avoir tout simplement joue les meme mesures (j’entends par la, note, rythmique, voire arrangement).

    Cequi me fait venir a ma reelle contribution pour ce post: Ce qui différencie les suites d’accords ne serait pas justement la rythmique? Et donc a partir de la on augmente encore plus les possibilites pour faire des musiques qui ne se ressemblent pas, mais qui sont si similaires…

    A bon ecouteur… ;)

  40. Je vois pas l’utilité du débat, si on virait le pop rock à 4 accords comme il est dit, on critiquerait autre chose, l’humain est une machine à critique. Laissons les gens s’exprimer avec 4 accords s’ils le souhaite, et même si la volonté est de vendre vu qu’au final des gens veulent cette musique.

    |m|

  41. Excellent. Merci pour la vidéo et surtout merci pour l’explication. Les sites de news sont nombreux mais les explications/interprétations vont rarement avec. Bravo !

  42. Pingback: Liens du matin 01/18/2009 « Le Journal de Ray Dacteur

  43. Bravo pour l’article, très intéressant. Je ne suis pas trop d’accord sur la partie « suite harmonique identique: pas vraiment ». Pour ma part, contrairement à ce que dit Eric, je considère que ce sont les mêmes accords, qui sont finalement simplement transposés par rapport à leur tonalité originale; ça ne change finalement pas grand chose.
    La vidéo est justement très parlante sur ce point… Oui, ce sont les suites d’accords les plus utilisés… Ca ne veut dire que c’est grave (docteur), et que les chansons étaient dénués d’intérêt…
    On peut transposer une chanson pour qu’elle soit plus simple à chanter (c’est notamment ce qu’on fait pour les ensembles vocaux par exemple, ou quand quelqu’un n’arrive pas à chanter une chanson dans sa tessiture par exemple), ça n’en reste pas moins la même chanson. Reste que néanmoins, certaines transpositions apporteront parfois une autre couleur, un autre éclairage… qui est parfois lié au fait que notre oreille est tellement habituée à entendre cette chanson dans telle tonalité… qu’on trouve qu’il y a quelque chose de différent.

    Donc, pour moi, la vidéo décrit bien ce qu’elle a voulu dire (et non l’inverse). Mais je suis d’accord avec Eric sur le fait que ce sont des extraits, et que la globalité de chaque chanson fait qu’on s’attardera sûrement moins sur cette particularité.
    Sauf peut être, pour ne citer qu’un exemple, sur le « with or without you » de U2 qui s’entête à répéter la série du début à la fin…
    Un humble internaute, également prof de musique en collège.
    J’en profite pour saluer Eric pour son blog dont je ne rate jamais une miette! Longue vie à Presse Citron.

  44. Ca c’est la merveille de ce genre de posts:

    1. Une petite perle de découverte
    2. Un post intéressant
    3. Des commentaires enrichissants et pertinents.
    4. Pas de polémique.

    …bon 1/2H de boulot de tué, mais c’est vraiment agréable de lire toutes les contri

  45. Bravo. ça me rappelle les medleys que je m’amusais à faire quand je chantais l’été sur la côté d’Azur autour des accords suivants :
    C-G-Am-G (il s’agit de la même progression).

    The Beatles – Let it be
    Police – So lonely
    Bob Marley – No woman no cry
    Téléphone – Cendrillon
    entre autres…

    Mister Jukebox

  46. Pingback: Les bonnes idées de la semaine « le journal de Fanette

  47. Ouais, pis combien de morceaux de musique faits à partir des trois accords blues degré I, IV, V ? Faut-il pour autant crier à l’imposture ? Heck no.
    (d’ailleurs on peut faire la même remarque sur la dramaturgie, de très très très nombreux scénarios possédant la même structure ; pour autant, y a des daubes et des pépites, et anyway des milliers d’histoires très différentes.)

  48. Pingback: Jeannot

  49. La vielle mechante bete pécunière n’est pas partout, je pense. Pour beaucoup de gens la montagne ou la Mer c’est beau, c’est comme çà. Avec ces suites d’accords identiques c’est un peu pareil, pour notre époque ca sonne bien…Enfin je suis persuadé que ca aura beaucoup moins d’impact pour les oreilles des gens dans 100 ans. En attendant j’apprécie la philosophie musicale de d’Eric…

  50. @huberdine :
    La suite des accords du canon de Pachelbel a d’ailleurs été récupérée dans la chanson « Go West » des Pet shop boys (ou village people, au choix). C’est assez marrant de superposer les deux musiques :)

  51. « la musique ne se résume pas aux notes mais aussi aux paroles. »

    Un livre ne se resume pas aux lettres, mais aussi aux images (lol)

  52. C’est pour ça que je n’achète pas ce genre de musique. A la radio, ça passe un moment, mais on s’en lasse trop vite. C’est pour ça que j’achète plutôt du jazz, de la salsa, de la bossa… Une certaine complexité harmonique ou rythmique me touche plus et plus durablement. Mais il m’a fallu du temps pour passer à ça (adolescence à mi-course). Avant c’était inécoutable pour moi. Il n’est pas évident d’habituer l’oreille aux dissonances du jazz, mais quand on s’y est fait, la radio c’est d’un ennui (j’y zappe sans fin ;-). Ce morceau, c’est le pied pour moi:
    http://www.youtube.com/watch?v=yajFQ-vzTIg
    L’original est mieux (chercher la version de wayne shorter sur deezer), mais c’est pas mal. La grille d’accords est à des années-lumière des 4 accords.
    Et pourtant du bon AC/DC, ZZtop, bien basique j’adore, quand l’ambiance le demande. Un bon rock primaire, c’est une énergie. Du jazz répondra à un autre besoin. Et complexité n’est pas synonyme de qualité non plus. J’adore ce morceau qui est simple mais dégage une belle ambiance :
    http://www.youtube.com/watch?v=RvCVKKEXu7U
    Voir aussi « walking on the wild side » ; essentiellement 2 accords en boucle.

  53. Pingback: Les 4 mêmes accords partout ? sur Le Blablatouar

  54. Petite précision :
    Il y a 12 notes dans la musique occidentale si on compte tous les demi-tons.

    Dans une octave, ça fait : 12 touches sur un clavier ou 12 cases sur une guitares

    Il pourrait y en avoir encore plus, car sur un violon, Do dièse et Ré bémol sont en théorie différents.

  55. Pour moi, il est évident que si ces 4 accords touchent notre âme, il est évident aussi que la musique « populaire » s’est considérablement appauvrie ses 30 dernières années. la dernière fois j’ai visité des sites retraçant les Hit parade des chartes dans les années 70, j’étais impressionné par des titres hyper complexes et long musicalement qui faisaient plusieurs semaines dans le top 5. La preuve que la musique s’est considéralement standardisé, nos oreilles d’occidentaux ne supportent plus des chansons allant au dela de 4min avec plus de 5 accords, et je trouve ça dommage, parceque la musique c’est tellement plus que ça…

  56. Pingback: Le principe des 4 accords | Panier de letchis

  57. De toute façon, tout a déjà été inventé en musique. Les artistes ne font que refaire à leur sauce les artistes qu’ils ont écouté plus tôt. Ainsi toute groupe se voit souvent qualifié de style « tel groupe mêlé à tel autre groupe »…

    Comme si bien dit dans ce billet, la simplicité fait la bonne musique. Plus un morceau est épuré, plus il est agréable à entendre. On comprend mieux pourquoi certains artistes capables de prouesses se contentent de quelques accords.

    Très bon blog ;)

  58. Bel article, mais un peu faux tout de même !!

    Il n’y a pas 7 notes dans la gamme, mais 11 mon ami ! (il ne faut pas oublier les 1/2 tons !!).

    Ensuite, il n’y a pas 12 accords correspondants mais beaucoup plus, car un accord peu être Majeur, mineur, diminué, augmenté, 7ème, 6ème, ect…. et plus encore, tout cela mélangé !

    Ensuite transposé un morceau, ce n’est pas le « manipuler », c’est le mettre à sa tonalité. Ce n’est pas facile pour un homme de chanter du Céline Dion, c’est pour ça que tous les morceaux sont dans la même tonalité, c’est plus facile pour l’interprète.

    Ce que cette vidéo montre, c’est que l’on a fait de ces chansons des succès parce que nous sommes de façon générale très inculte face à la richesse de la musique. Contrairement à ce que j’ai lu dans les commentaires, vous ne trouverez pas de cas similaires dans la musique classique. Utiliser ces 4 accords, c’est s’assurer une mélodie qui rentrera facilement dans nos têtes, car nous sommes formatés depuis très très longtemps à cette suite d’accord.

    Maintenant dire que l’on a pas le choix, c’est également faux, car c’est oublié un peu rapidement tous les bons morceaux qui ont des enchainements quasi uniques, et originaux… et il y en a beaucoup.

    Dans le langage des musiciens, nous appelons ce genre de musique de la « soupe ».

    Fred

  59. Pingback: Au hasard des archives : Les quatre accords les plus compliqués du monde

  60. Un peu léger quand même cet article !… mais bon, pour un blog de gadget, pourquoi pas! ;-)
    Et puis certains commentaires sont très intéressants.

    Au passage: bonne idée, les posts « au hasard des archives ».

  61. L’argument d’universalité pour justifier le succès de cette suite harmonique me semble être basé sur rien. Il me semble plus pertinent de justifier ce succès par un syndrome malheureusement très répandu qui est que l’on aime plus facilement et plus rapidement quelque chose qui nous rappelle une autre chose que l’on a déjà aimé.
    En d’autres termes, ils utilisent cette suite harmoniques pour refaire des « tubes » puisqu’ils savent que le public ayant déjà « aimé » des tubes produit sur le même mode vont par la ressemblance tout de suite aimer le nouveau.
    Bref c’est de la soupe que l’on nous ressort à chaque fois pour faire de l’argent…

    C’est d’ailleurs pour cela que beaucoup de bons albums d’artistes moins connus demandent parfois plusieurs écoutes pour être apprécié car il faut s’habituer et rentrer dans l’univers harmonique.

    Évidemment cela demande beaucoup plus d’efforts de l’artiste pour produire quelque chose d’original pour un résultat commercial souvent moins assuré et moins grand.

    Sinon pour la parti technique l’oreille humaine peut entendre jusqu’au centième de ton…Après c’est une question d’apprendre au cerveau à analyser ce qu’il entend et à le comprendre ce que nos cerveaux occidentaux formatés au diatonique ne sont plus capables de faire pour ce qui est en dessous du quart de ton. Mais c’est vraiment une question d’habitude et ça se travaille.
    Par exemple en travaillant avec des accordeurs très précis (genre Peterson) on finit par bien entendre la différence sur des 100ème de ton de différence dans l’accordage d’une guitare.
    Bel article, intéressant à redécouvrir avec tous ses commentaires.

  62. Parmi ces morceaux, il y a des vrais tubes (let it be, no woman no cry, take on me, etc…) et des demi-tubes, voir de la soupe.

    Donc, il y a bien une différence entre les musiques en question. Ce qui veut dire que les 4 accords en question sont bien loin d’être suffisants pour faire un tube. Sinon, toutes ces musiques serait des super tubes.

    Et puis, laisser entendre que no woman no cry, c’est quasiment la même chose que take on me, ou barby girl, ça me fait quand même légèrement rigoler.

    D’ailleurs, il suffit de prendre les 3 mots « let it be » et de les chanter avec l’air de « take on me », ça n’a déjà rien à voir. N’importe qui sera capable de reconnaitre que c’est l’air de « take on me » et pas celui de « let it be ».

    Rien que sur 3 mots, et donc sur les tout petits bouts de mélodie qui sont sensés se ressembler complètement, ça n’a rien à voir. Donc bon.

  63. L’article est pas mal en effet.
    Je rejoins l’idée qu’il s’agisse bien d’une suite harmonique équivalente entre les morceaux.
    Mais je partage l’idée de fond qui est de démontrer que depuis des lustres on mange « à peu près » la même chose à toute les sauces.
    Certes, la base est différente entre les morceaux mais la succession est la même (aux substitutions d’accords près) et il serait à mon sens (et à mon goût) vraiment dommage de ne perdurer que dans ce sens ; mais je suis persuadé que ça ne sera pas le cas tant qu’il existera musiques marginales !
    Et tant mieux ;)

    Je suis quand même surpris que tu ne parles pas ce qui se cache derrière ces « 4 accords »… un morceau très connu en musique classique… qui constitue peut être le premier tube « pop » de l’histoire…

  64. Super article, merci à l’auteur!
    L’argument de Eric sur le côté transcendant des accords est difficilement « justifiable » mais est bien réel à mon avis : ces deux artistes se sont fait « connaître » avec ces deux chansons (toutes proportions marketing gardées bien entendu). Aucun plagiat mais lles deux riffs sont très proches…

    The Rasmus – In the shadows
    http://www.youtube.com/watch?v=cxL0QLvauBU
    Allure – Dandy
    http://www.youtube.com/watch?v=h2sbD_oGLK4

  65. « Un exemple pour preuve ? With or without you de U2 est en Ré La Si mineur Sol » l’importance ce sont les intervalles entre les accords, donc les degrés I V VI IV il n’y a donc aucune différence harmonique entre With or without you et la quantité de chansons de la vidéo, je n’y vois aucune manipulation.

    Christophe Maé, Goldman, Cabrel, Souchon… en France on en a aussi.

    Je pousserai même jusqu’à dire qu’il y a une version mineure de cette suite comme Bm G D A (en mineur éolien : I VI III VII).

    Dans les années 1960, on a pressé le citron de cette suite d’accord I VI IV V (C Am F G) appelée l’Anatole. Quand une chanson sort de nos jours avec ces accords j’ai le poil qui se hérisse. Et quand on me dit que « I believe I can fly » est une belle chanson, ça m’énerve… c’est d’une facilité !

    Mais pour conclure, je dirai que ce qui fait la chanson est sa mélodie non sa suite d’accord. Cependant, il y a des millions de chansons avec des harmonies plus belles et plus complexes que celle-ci. Seulement ce sont ces accords là qui reviennent. La sensation d’être pris pour des cons est légitime.

  66. Je voudrait ajouter ma pierre à l’édifice. Il faut se rendre compte que quasiment toutes les suites d’accords pour ne pas dire toutes ont été utilisées. Celle-ci ne fait pas exception il y a d’autres suites d’accord sur lesquelles ont peut coller 500 tubes. Ce qui en fait un tube ou pas c’est la mélodie et les arrangements.

    N’oublions pas que plus la musique deviens complexe plus l’auditeur doit être éduqué. J’en veux pour exemple le fameux accord 7 si cher au blues et à la musique moderne qui sonnait faux aux oreilles de nos ancêtres. C’est comme ça que les musiciens ou mélomans sont plus difficile à satisfaire que celui qui se contente d’écouter la musique qu’on lui passe à la radio sans chercher à en savoir ou écouter plus. (Je ne jette pas la pierre à la deuxième catégorie, comprenons nous bien.)

    Pour parler de l’oreille une oreille bien entrainée peut aller jusqu’au coma (1/9 de ton). Pour ce qui est du quart de ton on l’entend plus souvent que l’on ne le pense, par exemple les violonistes jouent au quart de ton. Pour eux un DO# est différent d’un REb.

  67. Balivernes ce commentaires. Il n’existe pas 7 notes mais 12 notes sur la gamme, avec une infinité d’accords possibles. Les tubes chantés dans la prouesse de « The Axis of Awsome » possèdent pour la plupart 4 accords SIMPLES (pas d’altérations, ni même de 7ème). Ce sont justes les tonalités qui changent, afin de s’accorder à la hauteur de voix des chanteuses et chanteurs. Au final, le schéma des tonalités est toujours identique, et c’est cela qui fait la chanson.
    Cependant il est vrai que, depuis la naissance, nous développons une écoute qui se familiarise avec notre culture musicale (rythme binaire et ce genre de suite d’accord). Et nous devenons plus sensible à ce que nous connaissons.
    Merci à ce groupe australien de me faire si souvent rire.

  68. ahah, qu’est ce que je rigole en lisant cet article !
    La musique construite sur seulement 7 notes ? si je comprends bien pour vous les dièses sont dérivés du fondamental ? Et bien c’est un peu facile en effet de dire cela, dans ces cas le le ré est un dérivé du do pluisque c’est do + 1 ton ! Bah voyons ^^

    Mais vous l’avez dit, la musique est composée de milliers d’accords ! Alors certes, ce sont des extraits , bien souvent la chanson entière ne repose pas que sur ces quatre accords, mais le fait est que plus l’on avance vers notre époque dans la musique de ces 70 dernières années, plus les musiques les plus populaires sont composées de ces accords : Mr Blunt, et Mr Maé ne sont ils pas des maitres incontesté de ces accords?
    Bien sur, trenet l’avait découvert, de même pour pachelbel, les suites d’accords comme l’anatole, restent dans la tête, s’adaptent bien, mais appelez ça comme vous le voulez, mais chez moi c’est un manque cruel d’originalité et un manque de prise de risque.

    De la soupe, oui, comme il est dit plus haut, et de la soupe qui enferme la musique en l’empêchant d’évoluer. En effet, à quoi bon changer la recette, on prends ces 4 accords, on change de tps à autre, et hop, on reste un artiste renommé ! C’est cela qui est remué dans les moeurs par cette vidéo ; et qu’on soit en do majeur, ou sol majeur, cela reste les mêmes accords ! Car un accord est avant tout défini par sont degrés, qu’importe la tonalité !

    Les axis ont fait cela, et m’on ouvert les yeux sur de nombreuses chose, mais il la même chose pourrait être fait auprès de nos « grands » compositeurs de musique de film : prenez du zimmer, jablonsky, desplat, tous se conforment à la nouvelle mode des croches données au violon pour faire un fond rythmique censé donner de la profondeur à leur musique.

    Enfin, toujours est il que ça n’empêche pas d’aimer ces musiques, mais s’en contenter serait une erreur : il y a bien mieux ailleurs !

  69. En regardant la vidéo, j’étais amusé; en lisant ton article, je suis sidéré!
    Je suis obligé d’en écrire une critique « non gratuite et argumentée ».

    « Si je n’avais pas quelques notions de musique et d’harmonie… »
    En effet tu n’en as que quelques notions.
    Tu affirmes: « il n’existe en tout et pour tout que 7 accords fondamentaux » (en gras!), c’est complètement absurde (tout comme le fait de dire qu’il n’existe que 7 notes).

    « Il existe en fait des milliers d’accords [...] tous dérivés du fondamental : majeur, mineur, dièse, bémol, tierce, quinte etc etc etc »
    Ici tu balances pleins de termes musicaux dont certains n’ont pas leur place dans ce contexte. J’ai plus l’impression que tu cherches à noyer le lecteur qu’à éclaircir le sujet.

    Tout ça pour dire que tes arguments liés à la théorie musicale ne tiennent pas la route. Ce clip de « the axis of awesome » est pour moi très révélateur de la composition des musiques populaires.
    Pour ce qui est du reste de ton article je suis assez d’accord. Je pense aussi qu’un morceau de musique ne se résume pas à son accompagnement.

    Pour finir, merci de m’avoir fait découvrir the axis of awesome.

  70. En fait, tu démontres également à quel point cette vidéo a raison.

    certes ils ont tout transposé, mais la mélodie marche toujours. Un peu plus haut, un peu plus bas, c’est la même chose. Prends la mélodie d’un groupe de musique indépendante, transpose là autant que tu veux, jamais elle ne rentrera là dedans.

    certes l’oreille humaine est plus sensible à certaines suites d’accords que d’autres. mais on parle ici de l’oreille non initiée à la musique. Le vrai amateur de musique (et par conséquent le vrai compositeur ;)) va en vouloir bcp plus que ça. Il veut être surpris, il veut de l’innovation. Il ne se laisse pas longtemps prendre par une mélodie pop comme celle ci.

    je trouve qu’au contraire cette vidéo démontre à quel point la musique pop est formatée et à quel point elle s’éloigne de la définition de l’art qu’est censé être la musique! ça démontre le manque de sincérité de la musique pop.

  71. Pingback: la suite d’accords la plus connu au monde !? « It's A Flying GonZo !!

  72. rémilebeau on

    Tout cela pose le problème de l’uniformisation et du formatage imposés par les marchands du temple : l’anatole (surtout majeur) serait-il donc la seule cadence commercialement viable ? où sont toutes les subtilités harmoniques développées depuis cette formidable machine à inventer qu’est le jazz ? Notre cerveau est-il si conditionné à la base qu’il ne puisse apprécier d’utiliser pleinement le système dodécaphonique voire d’utiliser d’autres systèmes comme dans certaines musiques modales ? Soyons curieux, ouvrons nos oreilles car les alternatives à la « soupe musicale populaire » existent bel et bien et sont à la portée de tous .

  73. La hauteur d’une note correspond à une fréquence.
    L’oreille humaine normale capte en gros toutes les fréquences entre 20 Hertz (Hz) et 20.000 Hz.

    Sur une base d’un La à 440 Hz (le standard le plus absolu) le La# se trouve à 466,2 Hz, donc un demi ton d’écart :P

    Tout ça juste pour dire que dans un 1/2 ton d’intervalle entre deux notes, y’a bien plus que 9 commas et que bien sûr l’oreille peut entendre la différence.
    Il est donc tout à fait possible de jouer des 1/15e de tons sans problèmes, bon maintenant je vous garantis pas que vous allez trouver ça beau :P Question de conditionnement xD

  74. alors là …. moi qui ne suis pas du tout musicienne… j’en suis écoeurer!!! j’aime bcp certaines des chansons citer, et savoir que je me suis fait berner, ça m’agaçe… comment ne peux t’on pas s »en rendre compte (changement de rythme, tonalité des couplets différentes) seules les oreilles averties peuvent dénoncé la calomnie…. moi perso j’étais passer à coter et désolé si j’en froisse plus d’un mais je vais rester sur la musique électronique o moins on sait que c’est de l’artificielle.

  75. Diable… En y réfléchissant je me dis que TOUTE la littérature occidentale a été écrite avec seulement 26 lettres et quelques signes de ponctuation. Et en réfléchissant encore plus fort je me dis que TOUTE l’informatique n’est batie sur des 0 et des 1. De même que ce texte, la vidéo dont il est question ici, les mp3 que vous écoutons tous, les films que nous regardons sur nos télé plasma ou LCD, nos mails, SMS, j’en passe et des meilleures.
    N’est-ce pas un grand mystère que cela ?
    A quand une vidéo de « The Axis of Awesome » sur ce sujet ô combien brûlant ?

    Bien à vous… Et n’oubliez pas de garder vos neurones en éveil, c’est vital pour ne pas « avaler » n’importe quoi !

  76. Eric

    Je reviens ici 3 ans après, je n’avais pas suivi toute la discussion et raté de nombreux commentaires :-)
    Petite rectification : concernant le nombre de notes, désolé mais généralement quand on dit ça on ne compte que les notes fondamentales, pas les demi-tons, et donc il y en a bien 7, pas 12.
    Si on compte les demi-tons alors dans ce cas pourquoi ne pas aussi compter les quarts de ton etc puisque selon certains ils sont audibles…

Lire les articles précédents :
Obama d’accord, mais Bush alors ?

"George W Bush could ... learn how to hold a book" George W. Bush a prononcé hier son discours d'adieu...

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