Depuis que Twitter a publié son API, les services et mashups autour du site de micro-blogging se sont multipliés à une vitesse vertigineuse.

Dans ce magma de mashups (magmashups ?) le meilleur côtoie évidemment le pire, puisque, contrairement à ce qui est le cas avec un App Store d’Apple, aucun contrôle n’est exercé par Twitter sur les applications développées à partir de son service, du moins en apparence.

twitdom1 Ces mashups qui dénaturent Twitter

Je passerai sur les autres mashups, fréquemment chroniqués et décrits ici, et qui font même l’objet de sites spécialisés, comme Twitdom ou, en français, Twittoo.

Mais qu’en est-il des pires ? Et d’abord, qu’est-ce qu’un « mauvais » mashup pour Twitter, et sur quels critères ?

Je pense qu’un mauvais mashup est celui qui dévoie ou dénature l’esprit de Twitter, en faisant une utilisation détournée des principaux critères qui ont contribué à son succès, à savoir la personnification, l’immédiateté, une certaine spontanéité, le fait de tenir informé ses amis de ses activités, et la diffusion rapide et instantanée d’informations à l’aide de messages courts.

Seront donc considérés comme nuisibles les services qui « oublient » ou utilisent ces critères à mauvais escient. Voici une liste, certainement non exhaustive, des 7 pires types de mashups pour Twitter :

1. Les services qui permettent de programmer vos tweets

Non mais n’importe-quoi. Comme si l’actu, même la vôtre, était programmable. Twitter est un outil de l’instant, pas une boule de cristal que je sache. Manquerait plus qu’un mashup pour prédire les chutes d’Airbus tiens. Quoique.

Exemple : http://twitrobot.com

2. Les services qui agrègent un flux RSS automatiquement

C’est pénible ces blogs dont chaque billet est posté automatiquement dans Twitter via un script qui agrège leur flux RSS. J’en sais quelque-chose : c’est exactement ce que je fais avec Presse-citron et Fuzz. Je sais, je suis chiant aussi parfois.

Exemple : http://twitterfeed.com/

3. Les services qui permettent de rallonger vos tweets

C’est la principale caractéristique de Twitter : des messages courts, de moins de 140 caractères. C’est contraignant, pénible, voire bête et méchant, mais c’est comme ça et il faut faire avec. Si tu veux écrire un roman sur ta dernière pizza, ouvre un blog. Ben non, il y en a qui s’obstinent à fournir des mashups à la con qui permettent d’en faire des tartines sur Twitter. Dehors les bavards, short is beautiful.

Exemple : https://twerbose.com/

4. Les services qui permettent d’augmenter artificiellement le nombre de followers

Le nombre de followers sur Twitter est le nouveau Graal, la marque de reconnaissance ultime, d’autant que celui-ci est indiqué en clair dans la fiche signalétique de chaque membre. De quoi se la péter sans avoir l’air d’y toucher. Et bien sûr des services proposent toutes sortes de ruses qui permettent d’augmenter la taille de son… lectorat sur Twitter. En gros c’est du spam, ou du Viagra pour twittos. Donc c’est mal. Mais je ne me fais aucune illusion sur le fait que certains, légèrement frustrés par un manque de visibilité, utiliseront ce genre de service pour faire grossir leur stouquette anémiée (prévoir une palette de Viagra pour zuneomachintruc)

Exemple : http://www.timothydwagner.com/Twitter.html

5. Les services de vente de pseudos Twitter

Alors là je dis halte au cybersquatting, devenu pour l’occasion Twittersquatting. On ne sait pas ce que vaut un pseudo générique sur Twitter, mais au moins ça ne coûte rien. D’où l’idée de certains d’enregistrer un maximum de pseudos pour les revendre plus tard, très chers, espèrent-ils. Impossible de prédire l’avenir (qui aurait imaginé en 1997 que business.com se revendrait 7 millions de dollars ?) mais ça sent la spéculation à plein nez. C’est pas joli joli. Regardez ce qui est arrivé à ce bon Bernie Madoff.

Exemple : Tweexchange

6. Les services de monétisation

Pour le moment, on en parle, certains se sont mis sur le coup, mais pour avoir testé l’un d’entre eux je peux affirmer que dans l’état actuel des choses, ça ne rapporte absolument que dalle, même avec plus de 7000 followers. Ce qui constitue donc une source de pollution supplémentaire, tant que Twitter lui-même n’aura pas trouvé la martingale qui permettrait de faire fortune en disant ce que l’on est en train de faire.

Exemple : http://www.twittad.com/

7. Les services de partage de fichiers sur Twitter

Je ne vois pas trop l’intérêt d’utiliser Twitter pour partager des fichiers, qui de surcroît seront stockés sur un serveur dont on ne connaît pas grand chose. Partager une photo avec TwitPics ok, voire une vidéo ou un son à la rigueur, car cela reste dans l’esprit de Twitter (tranches de vie prises sur le vif)

Exemple : http://twitfs.com/

Allez, avouez : vous avez déjà utilisé au moins un de ces services. Moi aussi.

[1]pour ceux qui ne connaissent pas, API est l’acronyme du terme anglais Application Programming Interface. Une API est un petit programme ou script fourni par un site web qui permet à des développeurs externes à ce site de créer des applications connexes en relation directe avec le site d’origine. Ces applications sont généralement appelées des mashups, concept fortement popularisé par Twitter, qui compte des centaines de mashups développés par des tiers.