Avec l’explosion du marché des netbooks et la baisse des prix des PC portables, le PC fixe vivrait-il ses dernières heures ? Les consommateurs semblent plébisciter le changements des usages induit par la révolution mobile, et le PC fixe pourrait bien en faire les frais.

netbook Les jours du PC fixe sont ils comptés ?
Le netbook va-t-il tout emporter sur son passage ?

Le PC fixe, un dinosaure réservé aux professionnels.

L’émergence des PDA, puis des smartphones et de l’informatique nomade « always connected » pousserait-elle inexorablement vers la sortie le bon vieux PC fixe de bureau ?

C’est en tout cas une tendance qui semble se confirmer dans le grand public, ou les nouveaux outils mobiles ont induit un changement progressif mais inéluctable et profond des usages. Pour la première fois, selon une étude de iSuppli reprise par de nombreux médias spécialisés, 2008 aura été l’année où les ventes de PC portables ont dépassé celles des PC fixes.

Une évolution logique et peu étonnante : à part dans certains secteurs professionnels, où l’utilisation d’un PC fixe reste incontournable en raison de sa puissance de traitement et surtout de na nécessité d’un très grand écran de haute qualité, comme chez les graphistes par exemple, ou également pour des raisons d’ergonomie, un bon PC portable de dernière génération fait parfaitement l’affaire au sein d’un foyer.

Le PC portable est un PC fixe comme les autres.

Car, contrairement à ce qui était encore le cas il y a quelques années, où il n’était qu’un produit de complément, souvent très cher et peu puissant, la donne a considérablement changé : un PC portable est aujourd’hui un ordinateur à part entière, dont la puissance, la qualité et la taillé de l’écran et la capacité de stockage n’ont rien à envier à celles des meilleurs PC fixes, le tout à des prix pratiquement équivalents, soit dans une moyenne située entre 450 et 700 euros.

Côté avantages, il n’y a pas photo : encombrement réduit, mobilité, une seule prise de courant nécessaire, connectivité innée aux réseaux sans fil (Wi Fi, Bluetooth mais également, de plus en plus 3G), font du portable le compagnon idéal d’une famille, qui pourra en outre l’emmener facilement sur son lieu de vacances.

Ajoutez à cela le fait que les comportements des consommateurs changent, et que leur expertise s’accroît avec le temps : les services en ligne sont de plus en plus nombreux et faciles à utiliser, et notre vie numérique se déplace vers le web, ou les applications hébergées remplacent progressivement le logiciel installé.

Portable, mobile, mais pas si nomade que cela en fait : il faudrait d’ailleurs davantage parler de « déplaçable », car au sein d’un foyer, la vocation d’un portable n’est pas d’être toujours prêt à sauter dans le premier avion, mais plus simplement d’être déplacé… d’une pièce à l’autre. Les migrations du salon à la chambre à coucher constitueront la plupart du temps la majeure partie des voyages de la vie d’un PC portable. C’est la raison pour laquelle la légèreté n’est pas un critère fondamental, d’où la possibilité de choisir un appareil vraiment puissant, performant, et doté d’un grand écran.

Mais alors, puisque le portable est destiné à remplacer le fixe, qui va remplacer le portable ?

C’est le nouveau jeu des chaises musicales, lancé en janvier 2008 avec l’apparition des netbooks ou ultra-portables, véritable tsunami de l’informatique provoqué par l’arrivé du premier Asus EeePC. Selon une prévision de Gartner (http://www.gartner.com), les experts s’accordent à dire qu’il se vendra 8 millions de netbooks dans le monde en 2009, et 50 millions d’ici à 2012 !
Des netbooks, dont un modèle de moyenne gamme comme le Acer Aspire One avec disque dur à 349 euros fournit des performances supérieures à mon « vieux « portable Toshiba acheté fièrement il y a 4 ans. Ca calme.

Ce sont eux, les netbooks, qui prennent progressivement mais rapidement la place laissée vacante par le PC portable, renouvelant l’histoire des usages comme dans une sorte de mise en abîme sans fin.

La théorie de l’évolution appliquée à une espèce en pleine mutation : l’homo informaticus.

(NB : j’avais rédigé cet article pour Webdesign Magazine, qui l’a publié dans son numéro de Janvier 2009)