Twitter a récemment mis le feu à la poudrière de son écosystème en annonçant par la voix de l’un de ses représentants, Ryan Sarver, que les clients Twitter (des applications basées sur l’API Twitter mais développées par des sociétés indépendantes de Twitter) n’étaient plus les bienvenus, et que les solutions actuelles seraient surveillées de près.

Twitter a récemment mis le feu à la poudrière de son écosystème en annonçant par la voix de l’un de ses représentants, Ryan Sarver, que les clients Twitter (des applications basées sur l’API Twitter mais développées par des sociétés indépendantes de Twitter) n’étaient plus les bienvenus, et que les solutions actuelles seraient surveillées de près.

Après avoir bâti une partie de son succès et de sa notoriété – notamment auprès des développeurs – sur son ouverture aux clients tiers, Twitter vient de réaliser, peut-être un peu tardivement, qu’il était temps de faire un peu de ménage dans la maison, pour des raisons de cohérence, mais probablement aussi pour des raisons financières. En effet, tout le trafic vers Twitter qui passe par des clients tiers coûte de l’argent mais n’en rapporte pas. En tout cas, pas à Twitter.

Power users vs. utilisateurs occasionnels

A l’occasion de cette annonce, les responsables de Twitter ont indiqué que 90% des utilisateurs du service de micro-blogging passaient par une application officielle Twitter, ce qui regroupe le site web Twitter.com et sa version mobile m.twitter.com, mais également les applications mobiles pour iPhone, Android, BlackBerry et Windows Phone. Des applications développées par Twitter, en collaboration directe avec les constructeurs (BlackBerry), ou encore améliorées après le rachat d’applications tierces (l’application iPhone Twitter provient du rachat de Tweetie).

Un chiffre immédiatement remis en question par Sysomos, une société spécialisée dans l’analyse et le business des medias sociaux, qui affirme dans une étude statistique publiée le 15 mars, que 42% des utilisateurs fréquents de Twitter passent par des applications externes.

sysomos01 Les utilisateurs fréquents de Twitter passent majoritairement par des application tierces

sysomos02 Les utilisateurs fréquents de Twitter passent majoritairement par des application tierces

En fait, la différence s’explique (comme souvent avec ce type de chiffres) par le mode de calcul : Twitter prend en compte les utilisateurs qui postent au moins une fois par mois, sur cette période. Des utilisateurs donc très occasionnels, qui naturellement se tournent vers les clients officiels (probablement en très forte majorité le site web). Les utilisateurs fréquents (« power users ») sont plus aguerris et souhaitent davantage de fonctionnalités, et c’est la raison pour laquelle ils préfèrent utiliser des applications tierces, souvent plus complètes que les applications officielles Twitter.

Quelques chiffres extraits de cette analyse de Sysomos :

  • fondée sur 25 million de tweets postés sur une journée, le 11 mars 2011
  • 58% à partir d’applications officielles
  • 42% à partir d’applications tierces
  • l’application officielle la plus utilisée : le site web Twitter.com (35.4%)
  • la deuxième application officielle la plus utilisée : l’application iPhone (8.8%)
  • l’application tierce la plus utilisée : Ubersocial (16.4%)
  • la deuxième application tierce la plus utilisée : TweetDeck (13.1%)

Une épine dans le pied…

J’ai toujours pensé que l’écosytème des applications tierces était – en même temps qu’une opportunité – une épine dans le pied de Twitter, qui de fait ne maîtrisait pas grand chose dans le développement de ses fonctionnalités et, par la même mécanique, de son image. Bref, l’ouverture, c’est bien, mais ça peut vite devenir le bordel.

chappaz twitter Les utilisateurs fréquents de Twitter passent majoritairement par des application tierces

Une épine dans le pied qui devient d’autant plus douloureuse quand elle est plantée en profondeur et qu’on a décidé, après une longue période de cohabitation, de s’en débarrasser. Ceci ne se fera pas sans quelques dégâts et récriminations, et Twitter aborde probablement une période délicate de sa courte existence.

 Les utilisateurs fréquents de Twitter passent majoritairement par des application tierces
Fondateur et rédacteur en chef de Presse-citron, Éric est blogueur, éditeur de contenus numériques. Par ailleurs il conseille et accompagne occasionnellement quelques entreprises dans leur développement sur internet.